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Musculo-squelettique

Dry needling : pas si vite ? (8/7)

Rédigé par le Mercredi 30 Mars 2016

La « déferlante Dry Needling » est en marche ! Les formations sont complètes et les publications exponentielles : à ce rythme, les abeilles ne vont pas tarder à faire grève ! Pourtant quelques auteurs commencent à s’insurger contre cette approche. Cette note s’inspire largement du travail d’auteurs comme Venere, Ridgeway, Cohen ou encore Quintner. Son but n’est pas de « démonter » cette approche thérapeutique mais plutôt de tempérer les ardeurs des physiothérapeutes souhaitant s’y former en les obligeant à se poser des questions de fond.
C’était la semaine du dry needling sur Actukiné !



JOUR 8 : quand y en a plus... !

© jeremie78 - Fotolia.com
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Répétons-le, l’idée de ces notes n’était pas de s’en prendre à une technique particulière pour le plaisir. Ce qui a été écrit dans cette série pourrait tout à fait s’appliquer à d’autres techniques de thérapie manuelle (la rubrique commentaires peut vous aider à vous défouler sur ce point).


Alors que les physiothérapeutes français commencent doucettement à se réveiller vis-à-vis de l’EBP, certains auteurs d’articles ont bien compris qu’ils avaient un temps d’avance et produisent une littérature biaisée par intérêt financier : en clair, ils testent des produits à vendre en soignant le design de leurs études (voir notre note précédente). Les compétences d'analyse critique des praticiens vont être mises à rude épreuve car le simple fait qu'une littérature impliquant une technique soit disponible ne constitue plus un gage de sérieux...


Cette série a été décidée après avoir passé de longues heures à observer les comportements de thérapeutes sur les réseaux sociaux (souriez, vous êtes screenés !) : à titre d’exemple, nous retranscrivons une discussion plus ou moins fictive entre praticiens :
- "Je voudrais faire un formation mais j'hésite entre dry needling et acupuncture : vous en pensez quoi ?"
- "Fonce sur le dry needling, c'est bien plus scientifique !"
- "Vous avez des études à m’envoyer sur le dry needling ?"
- "Bien sûr, regarde tout ce qu’il existe par ici" (références)
- "Ouah merci ! C'est du sérieux le dry needling : mon choix est fait !"


Apportons maintenant quelques corrections à cette discussion :
- "Vous en pensez quoi du XXX" : cette question est plus à poser à des moteurs de recherche qu'à des praticiens sur des réseaux sociaux sinon vous allez vous retrouver avec des avis positifs de gens qui ont des liens et conflits d’intérêts (les formés/formateurs en XXX).
- "Fonce sur le dry needling bien plus scientifique" : si l’idée des répondants à la question est de dire qu’il existe une littérature plus abondante en DN qu’en acupuncture, ils se trompent (l’acupuncture, qui est un pur placebo, a généré plusieurs milliers d’essais cliniques). Si l’idée des répondants à la question est de dire que la qualité des preuves est supérieure… ils devraient relire notre série depuis le début.
- "Regarde tout ce qui existe" : nous voici au cœur du problème : le praticien demandeur de conseils va-t-il parcourir cette littérature de manière impartiale et studieuse ? En a-t-il le temps ? La volonté ? Les moyens d’analyse ?
- "Allons-y pour le dry needling !" : non merci, pas pour le moment en tout cas...


Yannick Barde-Cabusson
Conflit d’intérêt vis-à-vis du dry needling : aucun

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26.Posté par Azencot le 15/01/2017 15:41 | Alerter
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Bonjour.
J'ai 57 ans. J'habite Bordeaux.
À l'âge de 14 ans j'ai eu une paralysie suite à un plongeon dans une piscine et fracture des cervicales.
J'ai pu pendant de très nombreuses années marcher, ce qui devient beaucoup plus difficile pour moi actuellement.
Je suis entre autres gêné par une spasticité importante au niveau du membre inférieur gauche, du dos et de la main gauche.
Nous avons fait un essai d'injection de toxines botuliques à faible dose sur les abducteurs jambe gauche.
J'ai eu quasi immédiatement et pendant quelques jours une détente sur ces muscles qui n'était pas dûe à la toxine botulique dont l'action aurait dû se révéler 10 jours après.
J'impute cette détente aux différents points de piqûre qui ont été faits directement sur les muscles pour l'injection.

Voici donc mes questions :
Avez-vous déjà l'expérience de Dry Needling sur des patients ayant une pathologie proche de la mienne ?
Pensez vous qu'un essai serait souhaitable ?
Pensez-vous que cela puisse avoir une efficacité pour diminuer la spasticité ?
Bien cordialement
Daniel

25.Posté par Thomas O le 06/04/2016 01:22 | Alerter
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@YBC je crois que tu parles de moi ;) heureuse coïncidence que je vois ton commentaire.

je me permets par conséquent de déposer un commentaire, qui sera peut être pas totalement à propos n'ayant pas lu tout le fil de discussion.

L'étude de Legrain et al est je pense très bien pour temporiser ce qu'on peut dire sur le cerveau est la douleur avec une pain matrix qui signerait la présence de la douleur et qui se déréglerait avec des zones plus actives et du floutage de la représentation du corps. C'est pas encore totalement acté je crois (Makin et al 2014-2015).

@Abel il se pourrait que la modalité joue ou pas un effet (Hoogvliet et al 2013; Tal-Akabi et al 2000... toutes études comparatives de qualité modérée) mais de ce que je crois comprendre les exercices sont ce qu'il y a de mieux (Gebremariam et 2014; Maund et al 2010...et toutes les revues systématiques sur l'efficacité de la physiothérapie orthopédique)

ce qui semblerait intéressant c'est la conscience et comment le cerveau fabrique cette illusion (livres : Frith 2007, Naccahe 2009, Dehaene 2014). je pense pour partie qu'on dit les choses multifactorielles car c'est plus simple, ça laisse une porte de sortie à tout le monde. l'attente des patients pourrait ou ne pourrait pas avoir d'effet (Riley et al 2015; Donaldson et al 2013; Bishop et al 2013; Puentedura et al 2012). en tout cas les traits psychologiques semblent devoir être de bonnes cibles de traitement (Parr et al 2012; Smeets et al 2006; Pavlin et 2005; Carroll et al 2004)

les problèmes physiologique ou biomécanique devraient peut être envisager comme des facteurs de risques comme les autres, ce que nous pourrions appliquer à ces zones musculaires aux propriétés mécaniques un peu différente du reste du corps (cf biblio de Benajmin Bolla et de JLE).

désolé de ne pas pouvoir prendre le temps de faire une biblio propre.
en espérant apporter de l'eau au moulin pour qu'il tourne
confraternellement

24.Posté par Yannick Barde-Cabusson le 31/03/2016 18:58 | Alerter
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@ Benjamin & Abel : eh ben, ça en fait des questions et ce n'est sans doute pas à moi qu'il faut les poser mais à des gens compétents en neurophysio. L'idée générale, si je comprends bien les questions, est de s'intéresser davantage à la manière dont le SNC va traiter les inputs plutôt que la nature même des inputs (mais cette phrase est déjà un peu fausse). La notion de "salience system/stimulus", c'est à dire de système qui priorise car les stimuli sont saillants pour lui (saillance perceptive) peut répondre à certaines de vos questions. Les papiers de Legrain, Iannetti, Mouraux, etc. sont passionnants. Ils concernent beaucoup la nociception chez des sujets asymptomatiques en condition labo (attention donc car le fonctionnement d'un cerveau "sain" est sans doute différent d'un cerveau de "chronique" mais il faut bien commencer quelque part). Le papier qui est très souvent cité dans les congrès (merci l'ami Thomas O.;)) est celui-ci :

Legrain V, Iannetti GD, Plaghki L, Mouraux A. The pain matrix reloaded: a salience detection system for the body. Prog Neurobiol. 2011 Jan;93(1):111-24.

Les facteurs de priorisation y sont évoqués (nouveauté, intensité, etc.) mais tous ne sont certainement pas encore repérés/étudiés.

@JLE : vas-y doucement avec l'élastographie car comme dit Mr Bösch "C'est bien de donner son avis si on sait de quoi on parle." ;)

23.Posté par JL E le 31/03/2016 14:34 | Alerter
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Sur les points-gâchettes (trapèze supérieur), la dernière étude retrouvée (en accès libre en 2016) semble montrer une absence totale de concordance entre une élastométrie IRM et des praticiens de 20 ans d'expérience dans cette pratique.

A tel point que dans la discussion, les auteurs nous resservent comme hypothèse que l'IRM est peut être moins sensible que les doigts experts des examinateurs... un argument ayant servi des années durant aux partisans de l'ostéopathie crânienne !


Chen Q et al. Quantification of Myofascial Taut Bands. Archives of Physical Medicine and Rehabilitation. Volume 97, Issue 1, Pages 67-73 (January 2016)

22.Posté par Benjamin BOLLA le 31/03/2016 14:29 | Alerter
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@Abel

Pour savoir ce que je choisis comme technique de traitement et ce qui m'oriente vers du dry ou des techniques myofasciales, c'est l'ensemble des S+S du patients.
S'il y a des composantes articulaires + myofasciales + neurales, je m'intéresse à celle que je trouve la plus pertinente avec le patient , cad celle qui reproduit le plus les douleurs du patient et que je pense la meilleure dans ce cas là.
De l'evidence-based pour de bon : attentes du patient + expérience clinicien + connaissances scientifiques
Et puis après le traitement ou la technique, une réévaluation systématique des S+S.


Pour ta question 2, je ne sais pas s'il y a de bons ou mauvais inputs. et si la quantité est variable en fonction du tissu qui produit l'input. Il faut voir çà avec Yannick.
Mais étant donné que la réponse finale (la douleur) est un output multifactoriel qui dépend, non seulement de l'input mais également de nombreux autres facteurs, est-ce que çà vaut la peine de le savoir d'un point de vue purement clinique ?

Ben

21.Posté par Abel le 31/03/2016 12:38 | Alerter
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Salut Benjamin et merci pour ces infos.

Tu peux en dire plus là dessus ?

Tu dis : Pour ton analogie avec la hernie discale asymptomatique… c’est très intéressant ! Je suis assez d’accord avec toi et je pense qu’on ne doit pas systématiquement traiter un point trigger latent… mais seulement lorsque nous avons suffisamment d’information de notre examen subjectif et objectif qui pourraient nous amener à le traiter.

Quels seraient les éléments de l'examen subjectif et objectif qui t'amèneraient à orienter ton traitement spécifiquement vers un trP (latent ou actif) et plutôt en priorité par rapport à d'autres traitements ?

Et je pense que ta réponse va bien se lier avec ma deuxième question :

Tu dis : Que l’on fasse : des mobilisations en rotation C1-C2 / du dry sur un trapèze sup ou un splénius / une manipulation C0C1 / un massage cervical / une session d’éducation à la douleur sur la sensibilisation centrale, on va stimuler ce noyau et provoquer une désensibilisation chez le patient.

La quantité et la "qualité" d'informations reçues ne te paraissent-elles pas justement important et va conditionner le choix de ta technique. Et la question pour Yannick : la "profondeur" ( dans l'ordre peau, myofasciale, articulaire, neuroméningée) d'une technique fait-elle l'objet de recherches quand à l'efficacité de la désensibilisation ?

Une bonne journée à tous

20.Posté par Yannick Barde-Cabusson le 31/03/2016 11:35 | Alerter
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Salut Benjamin et merci pour ton commentaire argumenté qui permet de contre-balancer ma note (très-trop?) négative en apportant des informations aux praticiens désireux d'en savoir plus sur tout cela !

19.Posté par Benjamin BOLLA le 31/03/2016 10:35 | Alerter
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Bonjour Yannick et merci pour ta série de note !
Comme tu l’a dit, elle avait pour intérêt d’éveiller la curiosité critique des praticiens qui souhaitent faire du dry needling mais elle est également valable pour n’importe quelle autre technique de traitement manuel…
Elle est tout de même un peu orientée négativement et j’espère que tu l’admettras.

Sans vouloir défendre quelconque chapelle, voilà quelques infos qui permettront de faire avancer le débat :

- on peut raisonnablement penser que les trigger points existent... comme tu l’as mentionné. Il semblerait qu’on puisse les repérer avec des imageries particulières : échographies avec elastographie, IRM et plusieurs études décrivent cela (voir ta note 3/7).
Les trigger points présentent un environnement biochimique et hypoxique particulier en comparaison du muscle normal (article de Cagnie déjà cité, Shah et al. (1) et il y en a d’autres…).

- on sait que la pression sur certains points trigger produit des douleurs référées et documentées, non seulement par Simons qui les a décrit au départ en utilisant des injections salines dans les muscles mais aussi par des études plus récentes de reproduction de symptômes par compression ischémique (2)(3).
En clinique...
Je suis toujours étonné de provoquer des douleurs antérieures d’épaule en palpant un trigger point sur l’infra-épineux. Ou des douleurs au niveau de la face latérale de la jambe lorsque l’on fait une pression sur le moyen fessier… C’est du quotidien clinique et thérapeutique !

- concernant le diagnostic, on est d’accord sur les études que tu cites qui mentionnent une faible reproductibilité de l’examen manuel. Jusque là, j’aurais tendance à dire que c’est comme la plupart des techniques de thérapie manuelle de « ressenti de jeu articulaire ». Même les plus célèbres mobilisations de Maitland, les pressions postéro-antérieures au rachis (5)(6).
Mais peut-être que les personnes plus expérimentées sont meilleures que les autres (4). C’est de l’hypothétique, je te l’accorde (mais c’est souvent comme cela en thérapie manuelle).

- concernant les TrP actifs et latents, la différence est assez simple.
Si le patient se présente avec des douleurs spontanées ou reproductibles lors d’un mouvement. On fait notre examen puis on arrive à la palpation d’un trigger point qui reproduit la douleur connue du patient —> c’est un point actif.
Là encore, en pratique quotidienne, on en rencontre très souvent dans les muscles de la nuque notamment avec des patients qui présentent des céphalées reproduites par des pressions sur le trapèze supérieur ou le SCOM.
Pour les points latents, c’est le plus fréquent et nous en avons tous… Si on fait une pression dans certains muscles de notre corps, on va pouvoir se faire mal localement (jusque là, çà va) et même déclencher twitch ou des douleurs référées). Mais comme nous n’avons pas de problème et que nous ne reproduisons aucune douleur connue, on qualifie ce point de latent.
En pratique clinique, des techniques sur des points latents permettent souvent des gains de mobilité articulaire comme si « le muscle ne voulait pas s’étirer » mais c’est du niveau 12 dans la hiérarchie des évidences, on est d’accord.

Il y aurait tout de même une différence biochimique entre les points latents et actifs (7).

- Pour ton analogie avec la hernie discale asymptomatique… c’est très intéressant ! Je suis assez d’accord avec toi et je pense qu’on ne doit pas systématiquement traiter un point trigger latent… mais seulement lorsque nous avons suffisamment d’information de notre examen subjectif et objectif qui pourraient nous amener à le traiter.

- Concernant le "Acupuncture = DN " Je ne pense pas…
La différence principale, on pique un muscle et non la peau ou le méridien sur un point précis diagnostiqué au préalable et on provoque des « Local Twitch Response » qui sont des secousses musculaires locales de la fibre piquée ou compressée.
Je pense que cet effet est important pour plusieurs raisons :
- mécanique car il se produit une contraction réflexe avec reproduction des douleurs de consultation du patient (souvent)
- neurophysiologique comme toujours
- le patient, qui ressent les twitch, est impressionné et se dit qu’on a trouvé le problème...
- le praticien, qui est convaincu d’être au bon endroit et de faire la bonne chose et on sait combien c’est important également.
Désolé mais je n’ai pas d’article à apporter là-dessus.

Je suppose que l’acupuncture et le dry-needling ont le même effet lorsque l’aiguille reste au niveau cutané (effets neurophysiologiques et contextuels associés) mais je me pense que le dry est supérieur car il cible un muscle et provoque un twich.
Dans tous les cas, l’acupuncture et le dry-needling n’ont pas la même justification théorique et ne sont pas les mêmes techniques.

Cela me fait penser au thrust de la manipulation vertébrale.
Il y a la manipulation vertébrale du praticien « qui remet en place « la vertèbre T4 déplacée par une dog-technic très spécifique.
Et la manipulation par le praticien qui connaît un peu la neurophysio. Il fait une manipulation thoracique en dog-technic moins spécifique (car il sait que çà n’importe pas tellement) mais il s’attend à un effet neurophysiologique d’inhibition de la douleur par le SNC, un effet au niveau de la moelle épinière et pourquoi pas un effet au niveau de la capsule articulaire du segment manipulé...
Même technique, mais une justification différente et le raisonnement n’est pas le même non plus.

- Concernant les dangers et les risques du dry needling
Comme tu l’as justement rappelé : pneumothorax, neurites, légers saignements… L’étude de Brady et al. (8) l’a étudié. Les risques sont faibles mais présents et cela nécessite une formation solide sur l’hygiène et les précautions à prendre et un encadrement de la pratique par les instances professionnelles.

Lorsque tu dis, ne peut-on pas faire autre chose ayant un meilleur bénéfice / risque pour le patient ? Je te répondrais que nous ne savons pas exactement… On pourrait utiliser une technique manuelle de compression, ou des ondes de choc sur le point trigger (15) ou pourquoi pas des techniques d’énergies musculaires.
Si çà marche chez ton patient et qu’il y croit dur comme fer, de toute façon c’est positif ;)
Il y a des effets indésirables au massage, aux ondes de chocs, aux compressions ischémique, et ne parlons pas des manipulations et des mobilisations.
Le moins dangereux ? Une session d’éducation thérapeutique à la douleur certainement (quoique).

- le dry needling : une action centrale ? (je m’attendais à une note là-dessus moi…)
On va peut-être pouvoir se mettre d’accord si je dis qu’une bonne partie de l’effet de cette technique est neurophysiologique (et une partie de mécanique), et que cet input contribue à désensibiliser le SNC par différents mécanismes complexes que tu pourrais bien mieux expliquer que moi.

Si l’on prend l’exemple des céphalées cervicogéniques ou céphalées de tension, on sait qu’il existe une « irritation » du noyau trigémino-cervical et possiblement des phénomènes de sensibilisation centrale chez les patients chroniques.
Que l’on fasse : des mobilisations en rotation C1-C2 / du dry sur un trapèze sup ou un splénius / une manipulation C0C1 / un massage cervical / une session d’éducation à la douleur sur la sensibilisation centrale, on va stimuler ce noyau et provoquer une désensibilisation chez le patient.
Dans la mesure où il adhère à ce que l’on dit, qu’il est convaincu que la thérapeutique utilisée est la bonne, et que nous aussi… c’est à peu près gagné !
(je sens que Yannick et Jean-Louis vont être ravis de ce dernier paragraphe).

Et pour çà, il y a même des auteurs avec des conflits d’intérêt qui en parlent : Dommerholt et al. 2011 (9) / Fernandez-Las-Penas, Dommerholt 2014 (10)
Ou d’autres études sans conflit d’intérêt sur des rats (11) ou d’autres plus cliniques (12)(13)(14).

- Concernant les conflits d’intérêts, et les travaux de recherche, c’est certain qu’il faut améliorer la qualité des revues et des travaux de recherche, mieux identifier les liens d’intérêts et les déclarer… mais c’est un débat de longue date et pas que dans la kinésithérapie. Mais il faut y être éduqué.


Merci pour ce débat et au plaisir d’y participer de nouveau.
Benjamin



1- Shah JP1, Gilliams EA. "Uncovering the biochemical milieu of myofascial trigger points using in vivo microdialysis: an application of muscle pain concepts to myofascial pain syndrome. « J Bodyw Mov Ther. 2008 Oct;12(4):371-84

2- Fernández-de-las-Peñas C et al. « Referred pain from myofascial trigger points in head and neck-shoulder muscles reproduces head pain features in children with chronic tension type headache. » J Headache Pain. 2011 Feb;12(1):35-43

3- Choi TW1, Park HJ, Lee AR, Kang YK. Referred pain patterns of the third and fourth dorsal interosseous muscles. Pain Physician. 2015 May-Jun;18(3):299-304.

4- Mora-Relucio R et al. Experienced versus Inexperienced Interexaminer Reliability on Location and Classification of Myofascial Trigger Point Palpation to Diagnose Lateral Epicondylalgia: An Observational Cross-Sectional Study. Evid Based Complement Alternat Med. 2016;2016:6059719

5- Björnsdóttir SV1, Kumar S. Posteroanterior spinal mobilization: state of the art review and discussion.Disabil Rehabil. 1997 Feb;19(2):39-46.

6- Harms MC1, Bader DL. Variability of forces applied by experienced therapists during spinal mobilization. Clin Biomech (Bristol, Avon). 1997 Sep;12(6):393-399.

7- Shah JP et al. Biochemicals associated with pain and inflammation are elevated in sites near to and remote from active myofascial trigger points. Arch Phys Med Rehabil. 2008 Jan;89(1):16-23.

8- Brady S1, McEvoy J2, Dommerholt J3, Doody C1. Adverse events following trigger point dry needling: a prospective survey of chartered physiotherapists. J Man Manip Ther. 2014 Aug;22(3):134-40
9- Jan Dommerholt. Dry needling — peripheral and central considerations J Man Manip Ther. 2011 Nov; 19(4): 223–227.
10 - Fernández-de-las-Peñas C, Dommerholt J. Myofascial trigger points: peripheral or central phenomenon? Curr Rheumatol Rep. 2014; 16(1):395

11- Meng F, Ge HY, Wang YH, Yue SW. A afferent fibers are involved in the
pathology of central changes in the spinal dorsal horn associated with myofascial trigger spots in rats. Exp Brain Res. 2015 Nov;233(11):3133-43

12- Fernández-Lao C, Cantarero-Villanueva I, Fernández-de-Las-Peñas C, Del-Moral-Ávila R, Arendt-Nielsen L, Arroyo-Morales M. Myofascial trigger points in neck and shoulder muscles and widespread pressure pain hypersensitivtiy in patients with postmastectomy pain: evidence of peripheral and central sensitization. Clin J Pain. 2010 Nov-Dec; 26(9):798-806

13- Hocking MJ. Exploring the central modulation hypothesis: do ancient memory mechanisms underlie the pathophysiology of trigger points? Curr Pain Headache Rep 2013; 17: 347

14- Xu YM, Ge HY, Arendt-Nielsen L. Sustained nociceptive mechanical stimulation of latent myofascial trigger point induces central sensitization in healthy subjects. J Pain 2010; 11: 1348-55

15- Hye Min Ji, M.D., Ho Jeong Kim, M.D., and Soo Jeong Han, M.D.
Extracorporeal Shock Wave Therapy in Myofascial Pain Syndrome of Upper Trapezius. Ann Rehabil Med. 2012 Oct; 36(5): 675–680.

18.Posté par Yannick Barde-Cabusson le 31/03/2016 08:14 | Alerter
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Jo,

Désolé, ne voyez ni condescendance ni ironie dans mes propos. J'essaie (mais n'y arrive pas toujours) de ne pas viser la personne mais ses idées. J'aimerais moi aussi que les commentaires ne tournent pas en "attaque-défense" mais c'est difficile car les gens se sentent critiqué dans le mauvais sens du terme. Je respecte les thérapeutes qui décident de se former ; ce sont des confrères et nous bataillons ensemble pour nos patients et notre profession : c'est un peu "gentillet" mais je souhaitais quand même que cela apparaisse dans mes commentaires.

Vous avez eu raison de me faire reformuler ma conclusion envers l'acupuncture car elle était incorrecte. Je me rends compte également qu'il faut modifier la phrase "vous avez dû noter les biais du travail de Cagnie" ; ce n'est pas la qualité du travail du groupe de Gent le réel problème (même si, par exemple, les critères d'inclusion du "neck pain" me chagrinent), ce sont les conclusions que l'on peut tirer de leur travail.

Cette série de notes se nomment "pas si vite" et pas "c'est de la m..." Les publications autour du DN vont croitre ; observons et voyons si la qualité des preuves s'améliore car pour l'instant, désolé, mais c'est très rikiki ;)

Bonne journée !

17.Posté par Jo le 30/03/2016 22:18 | Alerter
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"Hey Yann"

Tu dois être un reviewer dans plusieurs peer-review!

Si ce n'est pas encore le cas, tu devrais te proposer car objectivement tu serais un reviewer critique et redouté.

Maintenant, je ne reste pas convaincu du fond et de la forme de cette série en 7 épisodes et 1 bonus.

Mais je n'ai plus envie de lire des réponses condescendantes ou ironiques .

"I'm goin down to shoot my old...patient with my dry needling"


16.Posté par Jo le 30/03/2016 22:18 | Alerter
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"Hey Yann"

Tu dois être un reviewer dans plusieurs peer-review!

Si ce n'est pas encore le cas, tu devrais te proposer car objectivement tu serais un reviewer critique et redouté.

Maintenant, je ne reste pas convaincu du fond et de la forme de cette série en 7 épisodes et 1 bonus.

Mais je n'ai plus envie de lire des réponses condescendantes ou ironiques .

"I'm goin down to shoot my old...patient with my dry needling"


15.Posté par Daniel Bösch le 30/03/2016 22:11 | Alerter
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Bonjour Yannick
J'interviens un peu tard dans la discussion, mais il faut faire attention à certains points:
1. C'est bien de donner son avis si on sait de quoi on parle.
2. C'est bien de donner son avis, mais il faut connaître la littérature scientifique, avant de dire que c'est tout nul.
3. C'est bien de donner son avis, mais s'il vous plaît avec des arguments et non des dogmes.
4. Réchauffer des très vieux débats extrèmement dogmatique (Quintner, qui défend ses propres intérêts depuis des années toujours avec les mêmes arguments, mais sans fond scientifique...) et prendre cela pour de la vérité est un peu dangereux.
5. Est-ce que le but du blog c'est d'informer? Si c'est le cas il vaudrait mieux d'être objectif!

Pour tous ceux, qui ne trouvent pas d'articles par rapport au Dry Needling: c'est peut-être votre problème...
Voici une liste de résumés d'articles... http://www.dgs.eu.com/fr/recherche/resumes.html

14.Posté par Yannick Barde-Cabusson le 30/03/2016 21:26 | Alerter
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"Hey Jo...", comme vous avez l'expérience d'une revue systématique, vous avez dû noter les biais du travail de Cagnie ; en l'ayant lu avec attention, je me garderais bien de conclure en faveur en l'efficacité du DN sur la douleur cervicale... et je me suis souvenu de cela


"Hey Jo", Actukiné c'est rock n roll. Non, nous ne faisons pas des revues systématiques (d'ailleurs, en saurions nous capable?) sinon... ben sinon on ne pourrait pas animer un webzine qui propose presque une moyenne de 2 notes par jour toutes l'année. L'idée est de titiller le lecteur/praticien pour provoquer le débat, informer, le pousser à se remettre en question et à nous remettre en question, etc.


"Hey Jo", justement vous avez raison sur mon raccourci incorrect lorsque je dis "acupuncture = pur placebo" ! J'aurais du le formuler plus prudemment comme ça : "il y a une insuffisance de preuves montrant que l'acupuncture possède un quelconque effet spécifique (= l'acupuncture ne fait pas mieux cliniquement qu'un placebo)."


"Hey Jo", l'épilogue 8/7 était justement là pour étendre les QUESTIONNEMENTS du DN à d'autres sphères techniques mais qui ont toutes un sacré point commun : la prise en charge de la douleur. Donc je vous répète quand vous me répétez : "Ce qui a été écrit dans cette série pourrait tout à fait s’appliquer à d’autres techniques de thérapie manuelle". On est d'accord !


"Hey Jo", "ils sont tous pourris car ils ont des conflits d'intérêts en tant que formateurs" : euh là vous extrapolez car ce qui est dit dans la note c'est : "CERTAINS auteurs d’articles" donc là, c'est vous qui chercher à généraliser..."


"Hey Jo", ne pas oublier non plus de répondre à la question : en l'état des connaissances, qu'est-ce qui a (sans doute) le même effet clinique mais qui présente moins de risque pour mon patient ?


"Hey Jo, où vas-tu avec cette aiguille de dry needling dans ta main..."

13.Posté par greivmeuh le 30/03/2016 19:26 | Alerter
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Quid des revues de littérature sur les spins d'épaule ?


Il faudra déjà trouver des articles dessus. Petit test tantôt sur Pubmed, sans résultat. Bon, j'ai pas dépassé 5 pages.


Toute technique se base sur un raisonnement clinique .


Il y a tout un tas de cabinets pour servir de contre exemple à cette affirmation.

12.Posté par Jo le 30/03/2016 18:30 | Alerter
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Toute technique se base sur un raisonnement clinique .

Y a t il une préférence directionnelle ? Une mobilisation avec mouvement améliore elle les symptômes ? Est ce une douleur myofaciale? Neurogène?

Cela ne change rien à ce qui est dit ici ...

11.Posté par Jo le 30/03/2016 18:27 | Alerter
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Discuter = râler ??


10.Posté par JL E le 30/03/2016 17:54 | Alerter
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Tu vois Yannick, il est probable que ta prochaine série portant sur "peu importe dans quel sens traiter le patient du moment où le cerveau est d'accord" peut être utilement différée dans sa publication ;-)

9.Posté par Abel le 30/03/2016 17:47 | Alerter
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Faut pas oublier que le DN reste une technique Jo.
Tu parles de TMO et de MacKenzie qui sont des concepts de raisonnement clinique. Après un raisonnement type maitland ou mackenzie (qui ont le point commun de rechercher des directions de mouvements à traiter), le choix de la technique est libre s'il reste cohérent avec :

- ton raisonnement
- les données actuelles de la littérature
- s'il ne force pas à raconter n'importe quoi au patient


Yannick t'avais quand même moins de raleurs quand tu faisais des séries sur la douleur !

8.Posté par Jo le 30/03/2016 15:42 | Alerter
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Oui... Sauf que le France n'est pas le centre du monde et que ce qui est à la mode en France aujourd'hui existe depuis 20 ans au moins dans les pays anglo-saxons. Et comme les publications viennent rarement de France dans ce domaine, des publications ont été réalisées depuis 20 ans également. Est-on encore dans un effet de mode?
Sur les spins d'épaule , à ma connaissance , c'est resté franco-français . Les US ne sont plus recommandés dans pas mal de situations cliniques suite à de nombreuses études et revues.
Pour les manip, vaste débat...effectivement. Mais alors il faut attendre pour se former en Mckenzie, thérapie manuelle, Mulligan, ... Car les revues de littérature ne semblent plus assez pertinentes pour s'y fier.
Quid des revues de littérature sur les spins d'épaule ?

7.Posté par greivmeuh le 30/03/2016 15:03 | Alerter
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L'intérêt du Dry Needeling comme exemple c'est que c'est le truc à la mode en ce moment. Il y a quelques années, on aurait parlé du spin rotatoire de l'épaule, de la manipulation vertébrale, de l'ultrason, du laser...

Ou alors on peut interpréter que c'est juste le défouloir de gens jaloux du "succès" d'autres personnes ?

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