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Douleur

Exercice physique et douleur : faire le point (1/2)

Rédigé par le Lundi 24 Avril 2017

Une revue narrative récente, co-écrite par Kathleen Sluka, fait le point sur l’implication des mécanismes centraux dans les phénomènes de modulation de la douleur lors de l’exercice physique (EP). Comme cet article est parfois technique et qu’il mélange des informations tirées de travaux réalisés chez l’animal et chez l’homme, nous vous en résumons les points clés en deux parties.



PARTIE 1 : exercice physique et douleur chez l’animal

© Ivelin Radkov - Fotolia.com
© Ivelin Radkov - Fotolia.com
L’effet analgésique de l’EP dépend, chez l’animal, des modalités de l’exercice utilisées dans les protocoles (natation, tapis de course, roue, etc.) mais surtout de sa durée (il semble que l’article parle ici de durée totale de l’entrainement physique et pas uniquement de la durée des séances) ; plus la durée d’EP augmente et plus l’effet semble significatif.

Les protocoles utilisant l’EP après lésions provoquées montrent que l’EP peut renverser les phénomènes d’hyperalgésie.

Un EP mis en place préalablement à des lésions provoquées prévient le développement de l’hyperalgésie à la fois dans les modèles de douleurs neuropathiques et de douleurs induites au niveau des muscles.

La fatigue lors de l’EP peut augmenter l’hyperalgésie chez les souris mâles et femelles et cette hausse semble plus forte chez les femelles.

L’EP régulière réduit les phénomènes de facilitation au niveau de la partie caudale du tronc cérébral en modulant le fonctionnement des récepteurs NMDA.

Comme chez l’humain, il existe un fort niveau de preuves montrant que des mécanismes opioïdes jouent un rôle de médiateur dans l’analgésie induite par l’exercice (AIE).

La sérotonine (5-HT) est également impliquée dans l’AIE (vraisemblablement par augmentation d’un relâchement de sérotonine au niveau supra-spinal parallèlement à des réductions de son transport).

Tout porte à croire que les mécanismes opioïdes et sérotoninergiques ne fonctionnent pas indépendamment pendant l’EP mais interagissent pour promouvoir l’analgésie. Ainsi, les neurones sérotoninergiques reçoivent des inputs des peptides opioïdes endogènes et ces deux entités coexistent au sein des neurones de la RVM (Rostral ventromedial medulla).

Chez les animaux sains, après des exercices aérobies tout comme après des exercices en résistance, on constate une hausse de l’expression de certains récepteurs cannabinoïdes dans le cerveau et au niveau de la PAG (PeriAqueductal Gray) ; il est spéculé la possibilité d’interaction du système cannabinoïde avec celui des opioïdes dans l’AIE.



Références

Lima LV, Abner TS, Sluka KA. Does exercise increase or decrease pain? Central mechanisms underlying these two phenomena. J Physiol. 2017 Mar 29.
Abstract ici

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