Les progrès des webcams et téléphones portables permettent aujourd’hui de sortir de sa poche un calepin numérique pour une réalisation immédiate en haute qualité vidéo du bilan précédant ou ponctuant la prise en charge du kinésithérapeute.
Pour qu’une telle acquisition iconographique soit réalisable, il faut qu’elle puisse être contenue dans le temps imparti d’une séance, être consultable immédiatement par le patient et le praticien, puisse être reproductible dans les mêmes conditions.
Seulement, le diable est dans les détails...
Filmer en mode portrait
Les caméras vidéos filment usuellement en mode paysage ; or le patient est à analyser debout, en mode portrait... Les iPhone et iPod Touch permettent ce type de prises de vue et sont reconnus ainsi dans Quicktime. Certaines webcams (
Hercules DualPix for Notebook par exemple) permettent une rotation de l’image lors de son acquisition (ne rien espérer sous XP avec un vieux PC).
Les autres filmeront en mode paysage et vous devrez les faire pivoter lors de la lecture ; le logiciel freeware
IRotate (Windows) permet de faire pivoter instantanément l’image à l’aide d’une combinaison de touches.
Comparer les examens avant-après prise en charge
Celà nécessite une fixation de l’appareil de prise de vue, qui doit être idéalement commandé à distance et ne pas bouger entre les deux prises de vues. Ce ne sera pas le cas de l’IPhone ou de l’IPod Touch sauf installation sur un
Dock (incliné) et pour lesquels la commande à partir de l’ordinateur passe par un logiciel dédié type
Mobiola (moins de 2 € sur l’Apple Store) mais une transmission lente et hâchée des images (wifi). Pas gagné et déconseillé...
Peaufiner l’installation
Les webcams sur PC sont multiples ; celles sur Mac sont peu nombreuses (actuellement, à part la
Logitech QuickCam Pro ?). Ce sont les seuls dispositifs permettant pour un coût modique de ne pas toucher l’appareil lors de la prise de vue (risque de bougés). Ils sont prévus pour se fixer sur l’écran d’un ordinateur et non nécessairement sur un mur...
Ils doivent être installés, en fonction de leur focale, à 3 ou 4 mètres du sujet (imaginez la nécessité de filmer l’élévation active des épaules d’un patient de 180 cm...).
Le sujet doit être baigné dans une lumière neutre, non orientée, pour ne pas créer des dysymétries artificielles.
Des rallonges USB peuvent pailler les insuffisances de longueur des fils originels, mais l’alimentation de la caméra via le port USB peut souffrir d’une trop grande longueur de rallonge...
Traiter l’image
Une fois n’est pas coutume, l’avantage revient à Windows pour son logiciel gratuit
Windows Live Media Player (7 et Vista uniquement).
L’image peut être pivotée dans le logiciel d’un simple clic et son emploi est simplissime (quasiment Apple-issime). Les fichiers seront un peu lourds, mais avec des disques durs communément d’un téraoctet, quelle importance ?
Il existe dans ce logiciel un filtre génial ("détection des bords" dans "effets visuels") qui permet de faire apparaitre uniquement les contours d’un sujet de façon suffisamment précise pour l’examen tout en permettant une anonymisation relative (voir vidéo jointe). La lecture ralentie fait partie des options immédiatement disponibles.
Le logiciel
VLC, lui aussi gratuit mais ouvert et multiplateformes (Linux notamment), apparaît a contrario comme une usine à gaz dont les commandes changent au gré des mises à jour.
Faire reconnaître la caméra d’acquisition nécessite plusieurs manipulations voire être impossible (pas de reconnaissance d’autre webcams que la Eyesight sur Mac) ; la rotation de l’image, appelée transformation dans VLC à partir du menu filtre vidéo, nécessite de cocher / décocher / recocher la commande «rotation à 270°» (va comprendre, Charles...).
Il peut passer en boucle des plans à des vitesses de lecture programmables, au bout de quelques heures de manips. L’anonymisation relative est elle aussi possible (
gradient video filter dans le menu vidéo étendu des préférences), mais après moults tâtonnements.
Sur Mac, iPhoto comme Quicktime Player permettent l’acquisition vidéo (sur les rares ordinateurs qui ne sont pas dotés originellement d’une webcam, qui est alors la seule reconnue par Quicktime...).
Il ne faut par contre pas espérer se servir de iMovie pour la capture. Il faut filmer en mode paysage et risquer le torticolis lors de l’acquisition, basculer sur iMovie (qui n’est pas un modèle de rapidité) pour transformer le film en mode portrait, ou acheter la version Pro de Quicktime (30 € d’arnaque) pour trouver au fin fond du logiciel la commande de rotation de la vidéo.
L’anonymisation du patient est réalisable à l’aide du filtre «bande dessinée» d’IPhoto, au prix d’une perte d’information (jolis gros grains PopArt façon Roy Lichtenstein), moins précise que le filtre Windows.
Le meilleur «plan» reste donc jusqu'à plus ample informé un PC sous Windows 7, avec un bon gros disque dur (400 €), une webcam HD (30 €) facile à plaquer au mur (éviter si possible les boules ovales, préférer les formats orthogonaux), pas trop loin du PC, pas trop près du patient, au signal traité par Windows Live Media Player (gratoche).
Bon, maintenant, si vous préférez encore l’oeil du maquignon, la main de ma sœur et les doigts qui sentent, je ne peux plus rien pour vous.