ActuKine.com - Actualité de la Kinésithérapie et de la Physiothérapie
              
Musculo-squelettique

Glissement antérieur vs. glissement postérieur pour récupérer la rotation externe dans la capsulite rétractile

Rédigé par JL N le Vendredi 1 Octobre 2010

Les « règles » de Kaltenborn du roulement-glissement ne semblent pas marcher à tous les coups…



Glissement antérieur vs. glissement postérieur  pour récupérer la rotation externe dans la capsulite rétractile
En toute logique, et selon le concept de Kaltenborn, lors d’une mobilisation en rotation externe, le roulement postérieur de la tête humérale sur la glène devrait être accompagné d’un glissement antérieur, pour obéir au principe du roulement avec glissement d’une surface convexe sur une surface concave.

Les choses n’étant apparemment pas si simples que ça dans la vraie vie, l’objectif de cet essai randomisé était de comparer les effets d’un glissement postérieur par rapport à un glissement antérieur de la tête humérale sur la récupération de la rotation externe chez des sujets présentant une capsulite rétractile.

Vingt patients, présentant une capsulite avec un déficit marqué de la rotation externe, ont été répartis en 2 groupes. Tous les sujets ont bénéficié de 6 séances de rééducation comprenant application d’ultrasons, mobilisation articulaire, et exercices des membres supérieurs au cycloergromètre. Pour l’un des groupes (PM) la mobilisation était effectuée en glissement postérieur de la tête humérale, alors que pour l’autre groupe (AM), la mobilisation se faisait en glissement antérieur. En fin d'amplitude de translation, chaque position était maintenue au moins une minute, pour un total de 15 minutes d'étirement à chaque séance.

Les évaluations ont porté sur la douleur, la fonction et sur la mesure de la rotation externe, le bras étant positionné dans l’amplitude maximale possible d’abduction (mesures initiales et après chaque séance).

Les résultats ont montré, à l'issue des 6 séances réparties sur une moyenne de 18 jours, dans le groupe PM, une amélioration moyenne de la rotation externe de 31.3° (écart type 7.4° ; p<0.001), alors que l'amélioration moyenne dans le groupe AM était de 3.0° (écart type 10.8° ; p=0.40). Les deux techniques ont eu un effet sur la diminution de la douleur.

La mobilisation en glissement postérieur de la tête humérale paraît donc être plus efficace que le glissement antérieur pour récupérer la rotation externe dans les capsulites. Les auteurs soulignent les limites de leur étude, en particulier le petit échantillon étudié et le faible nombre de séances pratiquées (6).

Article disponible en ligne
(c'est pas tout récent, mais bon...)

Grenith J. Zimmerman, Andrea J. Johnson, Leroy L. Ounanian, Joseph J. Godges
The Effect of Anterior Versus Posterior Glide Joint Mobilization on External Rotation Range of Motion in Patients With Shoulder Adhesive Capsulitis
J Orthop Sports Phys Ther. 2007;37(3):88-99.


A lire aussi sur le sujet :
Abstract seulement

Brandt C, Sole G, Krause MW, Nel M.An evidence-based review on the validity of the Kaltenborn rule as applied to the glenohumeral joint. Man Ther. 2007 Feb;12(1):3-11



Notez
Cette information a été ouverte par un clic sur son titre 4426 fois


1.Posté par Fred S le 02/10/2010 00:15 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Merci pour l'article JLN une étude clinique très intéressante.
A mon sens l'étirement en glissement antérieur est moins efficace et parfois plus douloureux que celui en glissement postérieur.

A relire l'abstract de l'article qui n'est plus en ligne proposé par JLE il y a presque 2 ans et qui comparait la capsulotomie postérieure et antérieure : cliquer ici
A titre personnel je ne fais que des étirements en glissements postérieurs (voir postero-inférieurs) qui permettent de récupérer l'élévation antérieure elle même corrélée au gain en rotation latérale.

2.Posté par raslesp le 04/10/2010 11:33 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Si le gain pour le glissement postérieur est réellement de 31.3° et pour le glissement antérieur de 3°....il y a pas photo!
N'y aurait il pas une petite erreur dans la virgule?

3.Posté par patrick le 04/10/2010 12:28 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Pour ceux que celà intéresse j'ai l'article entier sous PDF de Manual Therapy 2007

4.Posté par JL N le 04/10/2010 14:59 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Bonjour ralesp

il ne doit pas y avoir d'erreur... on peut le vérifier sur la figure 5 de l'article qui représente la comparaison des rotations externes au début du traitement et après chaque séance pour chaque groupe.

5.Posté par raslesp le 04/10/2010 20:29 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Oui j'ai jeté un œil à l'article.Mais bon un gain de 30° en rotation latérale en 6 séance sur 18 jours sur une capsulite,cela me laisse rêveur!
Si c'est vraiment le cas,j'ai plus qu'à retourner dare dare en formation. ;-)

6.Posté par Alain LEROY le 05/10/2010 15:37 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Juste une idée en passant : si la tête humérale est antériorisée par rapport à la glène, son recul détend les éléments antérieurs et donne mécaniquement de la liberté en rotation latérale.
Je crois me souvenir également que le placement scapulaire et le centrage de la tête humérale faisaient partie des préalables à la récupération d'amplitude de l'épaule. Mais c'était avant....et on ne récupérait pas 30° en 6 séances.

7.Posté par ROSTAGNO Stephan le 14/11/2010 11:09 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Plusieurs biais de validité interne peuvent expliquer une difference inter groupe aussi importante au niveau de la rotation laterale:
1.biais de selection: contrairement a ce qui est dit les groupes ne sont pas similaires en debut d'etude, en tout cas pour ce qui est du critere de jugement principal qu'est la rotation externe (11,1° pour le groupe AM contre 1,3° pour le groupe PM), ce qui a pour consequence de ne pas controler la regression a la moyenne
2. biais de suivi: 2 sujets du groupe PM sortent de l'etude apres la 3eme et la 4eme sceance, ce qui correspond tout de meme a 10% du nombre total de sujets inclus dans l'etude, les mesures sur ces 2 sujets du meme groupe desequilibre les moyennes finales qui auraient pu etre bien differentes du fait du petit nombre de sujets inclus dans cette etude.
3. Multiplicité des criteres de jugements: le critere de jugement principal (primary outcome) n'est pas clairement defini au debut de l'etude, ce qui laisse planer le doute quant a la possibilité que les resultats aient ete analysés en post-hoc, entrainant ainsi une inflation du risque alpha, et rendant les resultats inexploitables.
4. biais de suivi et de mesure: l'absence de precision sur la presence ou non de double insu laissent planer le doute quant a la subjectivité des mesures realisees.

8.Posté par JLN le 14/11/2010 17:34 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Oula… ça c’est du commentaire !... Jean-Louis, au secours !...

Bonjour Stephan,

Sans vouloir me faire l’avocat des auteurs, je vais reprendre vos remarques point par point :

1. Biais de sélection : concernant la rotation latérale à l’inclusion, le tableau 2 indique, que la différence entre les deux groupes était statistiquement non significative (p=0.21), même si intuitivement ça peut surprendre.
2. Biais de suivi : en effet... au final ça ne fait plus que 10 sujets dans le groupe AM et 8 dans le groupe PM. La faiblesse de l’échantillon est une des limites de l’étude que les auteurs signalent volontiers, en émettant des réserves quant à la généralisation de leurs résultats.
3. Critère de jugement principal (primary outcome) non clairement défini : en tous cas, vous, vous l’avez clairement identifié, je vous cite : "… en tout cas pour ce qui est du critere de jugement principal qu'est la rotation externe…". Il est, en effet, défini, bien à sa place il me semble, au chapitre "Methods – Tests and Measures" ("Gleno humeral external rotation ROM was chosen for primary outcome measure and was assessed using…").
4. Absence de précision sur le double insu : double insu, certes, mais vous savez que c’est pratiquement pas réalisable en kinésithérapie et en thérapie manuelle (voir à ce propos le document de Michel Cucherat, en particulier le Tableau 2 – Liste des situations où l’absence de double insu est "acceptable" http://www.spc.univ-lyon1.fr/lecture-critique/textelong/frame1.htm
En revanche, il est bien précisé que l’évaluateur était "aveuglé" ("blinded"), i.e. il a effectué les mesures d’amplitudes sans savoir à quel groupe étaient affectés les sujets… en tous cas pour 14/20 d’entre eux, car, et c’est une autre limite de l’étude, l’évaluateur a dû quitter le protocole, si bien que c’est le "manipulateur" (j’écris "LE", mais en fait je crois que c’est une fille et "manipulatrice" ça aurait pas fait joli…) qui a aussi effectué les mesures pour les 6 derniers sujets.

Merci encore, Stephan, pour votre commentaire constructif qui nous change des réactions épidermiques de ceux qui n’ont pas envie d’être chahutés dans leurs certitudes et leurs théories ultimes de la kinésithérapie supérieure…



9.Posté par bernard delalande le 15/11/2010 07:53 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
"in 4 subjects a sudden “giving way,” accompanied by an audible “pop,” occurred. These were painless and associated with an immediate increase in external rotation ROM, as well as more shoulder comfort reported by the subject. This did not occur with any anterior glide mobilizations."
Un relâchement immédiat et sans douleur... Un SN à l'ouvrage qui explique une différence entre les deux groupes.

Nouveau commentaire :

Merci d'apporter des commentaires constructifs et adaptés et de ne pas porter de propos diffamatoires ou portant atteinte à l'honneur à la profession

Exercice professionnel | Musculo-squelettique | Cardio-respiratoire | Neurologie & Neurosciences | Douleur | Posture et Equilibre | Evidence Based Practice | Domaines Spécifiques | A propos | Vidéos | Technologie de base







accès direct acide hyaluronique acromio-claviculaire acte individuel acupuncture AINS anti-inflammatoires antétorsion fémorale assurance maladie biostatistiques calcanéus camptocormie canal carpien canal lombaire étroit capsulite retractile Cervical. Abord préliminaire Cervical. Bilan actif Cervical. Bilan passif Cervical. Généralités Cervical. Neurodynamique Cervical. Traitement actif Cervical. Traitement passif chicago technique chiropractique chirurgie coiffe des rotateurs conflit sous-acromial contrôle moteur contrôle postural course à pied coxalgie coxarthrose coxo-fémorale Diagnostic différence de longueur des membres inférieurs disque inter-vertébral douleur chronique drainage lymphatique manuel drapeaux jaunes droit femoral Dry needling dégénérescence discale entorse de cheville entorse du genou essai controle randomise etirements EVA evidence based practice Examen du sujet exercices thérapeutiques fasciathérapie fasciite plantaire Fibromyalgie fléau cervical fuseau neuro-musculaire gainage Genou gonarthrose goniométrie GROC hallux valgus hernie discale IFMK inclinométrie incontinence urinaire IRM kappa kinesiotaping kinesitherapie ligamentoplastie Lombaire. Abord préliminaire Lombaire. Généralités Lombaire. Traitement passif Lombalgie lombo-sciatique Maitland manipulation vertébrale massage McKenzie MDT Membre inférieur. Abord préliminaire Membre inférieur. Généralités MRP Mulligan multifide nerf médian nerf radial nerf sciatique nerf tibial nerf ulnaire neuro-sciences neurodynamique nociception oedème Oldies but goldies ondes de choc ostéopathie ostéoporose palpation pelvis Physiotherapie pied piriforme Placebo plagiocéphalie podalgie podologie podomètre poignet points-gâchettes posture posturographie posturologie professions de santé proprioception psoas PSR PTG PTH quadriceps questionnaire rebouteux recommandations de pratique clinique red-flags regle de prediction clinique renforcement musculaire rythme crânio-sacré réflexothérapie rééducation posturale globale sacro-iliaques sacrum scapulalgie sciences de l'éducation scoliose semelles orthopédiques SFP SLR slump-test stabilométrie Start Back Screening Tool strain et counterstrain stretching symphyse pubienne syndrome des jambes sans repos syndrome douloureux regional complexe syndrome du canal carpien syndrome du canal tarsien talagie tapis roulant Temporo-mandibulaire. Bilan actif tendon achilléen tenségrité Test testing therapie manuelle therapie miroir Thoracique. Généralités Thoracique. Traitement passif thrust torticolis Traitement Épaule. Traitement passif épicondylalgie équilibre