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Intérêt du thrust sacro-iliaque dans la répartition des appuis podaux

Rédigé par le Samedi 9 Juillet 2011



Intérêt du thrust sacro-iliaque dans la répartition des appuis podaux
Il est souvent considéré que les perturbations biomécaniques sacro-iliaques sont responsables d’une modification de la répartition des appuis podaux ; nous vous avions fait part récemment d’une première étude sur le sujet.
En voici une seconde qui utilise la baropodométrie pour tenter d’objectiver l’impact des techniques sacro-iliaques sur le membre inférieur.

Objectif

Analyser les réponses barométriques à la suite de thrusts sacro-iliaques chez des sujets asymptomatiques.

Procédure

20 sujets sains ont bénéficié d’une analyse baropodométrique avant, immédiatement après et une semaine après manipulation sacro-iliaque. Les surfaces de contact et les pressions maximales ont été recueillies. Il s’agissait de la moyenne des valeurs absolues recueillies entre le pied droit et le pied gauche lors de trois prises de mesures.

Le long sitting test

Il a servi d’évaluation du côté limité ainsi que dans quel sens l’os coxal est limité. Le patient est en décubitus et le peraticien observe la dénivellation éventuelle entre la malléole médiale et la malléole latérale. Le patient s'assoit ensuite et cette dénivellation est à nouveau notée. Une jambe se raccourcissant apparemment lors de la manoeuvre est considérée comme le signe d’un iliaque antérieur homolatéral, le rallongement apparent étant l’indication d’un iliaque postérieur homolatéral, selon les écrits de Potter & Rothstein, 1985).
Une absence de modification lors du test indique une absence de restriction sacro-iliaque.
Les auteurs discutent à propos de la validité du test selon les différents écrits sur le sujet.

Les techniques

Pour un iliaque antérieur, l’articulation sacro-iliaque supralatérale est traitée sur un sujet en latéro-cubitus. Après placements sus- et sous-jacents des membres inférieurs et du rachis, le praticien réalise, par un appui anté-brachial sur la région ischiatique, une manipulation HVLA, sur un temps expiratoire.

Pour un iliaque postérieur, la position et la mise en place sont identiques, à ceci près que l’appui de l’avant-bras du patient se fait sur la partie postérieure de l’os coxal supra-latéral.

Tous les sujets sont avertis de la possibilité d’un craquement articulaire, qui est souhaité. En l’absence de bruit articulaire la technique est répétée deux fois et l’articulation est considérée comme manipulée. Après manipulation les tests sont répétés. L’analyse des données est faite par un examinateur en aveugle.

La baropodométrie

À la fin de l’évaluation, tous les sujets ont bénéficié d’une évaluation baropodométrique sur plateforme (MatScan-TecScan®), avant et après manipulation, puis 7 jours après.
Le sujet était debout, dans sa position relâchée, yeux ouverts. Trois lectures de 6 secondes ont été enregistrées. Entre chaque prise de donnée, le sujet descendait de la plateforme et y remontait. Le pic de pression et la surface ont été notés, pour chaque pied.

Résultats

Les données recueillies indiquent une réduction de la pression maximale immédiatement après et à une semaine comparativement aux valeurs pré-manipulatives (p < 0.05).
Les auteurs se risquent à des corrélations sur 20 sujets, avançant que le membre dominant apparait être celui qui présente la plus grande surface de contact (r = 0.978), que le côté de moins grande mobilité (fiabilité de cette estimation ?) se situe du côté de la plus grande surface de pression (r = 0.884).
Ils concluent que la manipulation sacro-iliaque peut influencer les pressions podales, sans modifier les surfaces.

Décryptage ActuKiné


Je suis étonné de voir une telle étude dans Manual Therapy : les possibilités de biais sont énormes.

L’étude est non randomisée, non contrôlée, le test sacro-iliaque n’est pas d’une fiabilité avérée, la plateforme de baropodométrie est loin d’être un gold-standard de l’évaluation de la posture.

On a l’impression que l’auteur a fait tout çà tout seul dans sa cuisine (seules les données ont été traitées «en aveugle»), ce qui signifie que l’expérimentateur pouvait infléchir sa pratique dans le sens qu’il désirait donner à l’étude.

Est-ce que l'auteur a voulu faire une étude préliminaire et s'est laissé tenter à la publier puisqu'elle corroborait ses convictions ?

Y a t'il un intérêt à manipuler les sacro-iliaques pour modifier les appuis podaux au moins chez le sujet sain ?


A la lecture de cette étude, je n'en sais pas plus.

Référence bibliographique

Grassi DD, Zanelli de Souza M, Ferrareto SB, Imaculada de Lima Montebelo M, Caldeira de Oliveira Guirro E. Immediate and lasting improvements in weight distribution seen in baropodometry following a high-velocity, low-amplitude thrust manipulation of the sacroiliac joint. Man Ther. 2011 May 12.

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1.Posté par Chimel Fudour le 12/07/2011 15:43 | Alerter
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Bien d'accord avec JLE, dont je n'ai pas le savoir expérimenté(tal)… Peut-être même pourrait-on penser que l'activation fonctionnelle de ces micromobilités aurait le même mérite s'il le résultat était avéré…

2.Posté par Nicolas S le 12/07/2011 21:40 | Alerter
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Oui c'est bizarre...je ne vois pas trop l'interet de la revue de publier un article avec une méthodologie passable(?)

3.Posté par Nicolas S le 12/07/2011 21:56 | Alerter
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Apparement c'est un publication uniquement en ligne je me trompe?

4.Posté par Sankao le 12/07/2011 22:00 | Alerter
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Bien sûr que c'est une étude préliminaire. Aucun cherchzur ne peut affirmer avec 20 sujets que c'est définitivement prouvé, mais il y a un début a tout. Et la démarche de rechercher en thérapie est un très bon point

5.Posté par Jean-Louis ESTRADE le 13/07/2011 22:52 | Alerter
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Je n'ai retrouvé mentionné "pilot study" ou "preliminary study" nulle part dans l'article. Ce n'est donc pas une étude préliminaire.
Il s'agit d'un article sous presse, mais il doit déjà avoir été vu par le comité de lecture.

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