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Organisations des soins

L'année 2012 des kinésithérapeutes français sera t-elle la 1976 des Australiens?

Rédigé par le Dimanche 1 Janvier 2012

30 ans d'accès direct en physiothérapie. Et la France?



resistanceinventerre.wordpress.com
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En décembre 2010, l'Australian Journal of Physiotherapy a fait le point sur 30 ans d'accès direct du patient en physiothérapie.

Jonathon Kruger explique que l'histoire commença durant l'année 1976 où un physiothérapeute visionnaire du nom de Prue Galley écrivit:

"Avons nous, en tant que physiothérapeute, le savoir, le courage, la volonté et la vision, pour franchir cette étape, en sachant pertinemment que cela impliquera une responsabilité accrue, un plus grand dévouement, et une auto-discipline de nous tous?"

Le sujet fit débat en Australie mais dans les mois qui suivirent, la profession, par le biais de son association savante, fut la première à franchir le pas.

Selon Kruger, devenir des professionnels de première intention fut peut être le changement le plus important sur plus de cent ans d'histoire de la profession.

Le sujet a continué à être débattu mais cette fois dans le monde entier de la physiothérapie.
Mais encore une fois, en 1978, au congrès de la WCPT, le mouvement continua et il fut établi que chaque pays pourrait établir ses propres standards d'accès direct.
En 1995, la WCPT adopta la Déclaration des Principes d'Autonomie qui stipula que "les patients devrait avoir un accès direct à la physiothérapie".

Au fil du temps, ce statut de praticien en première intention est passé d'un sujet controversé à un sujet de rassemblement de la profession.

En 2009, un congrès à Washington a permis à de nouveaux pays d'appréhender ce passage et de partager avec les pionniers de cette avancée.

L'auteur fait cependant remarquer que pour certains pays ce changement se heurte parfois à des problèmes législatifs (comme par exemple aux USA où 5 états sont encore soumis à la prescription médicale).
Ces barrières ne sont pas insurmontables et des pays ont réussi à obtenir l'accès direct (comme par exemple l'Afrique du Sud ou nos voisins néerlandais, et d'autres y travaillent.

Et la France?

Il y a clairement un mouvement international vers cet accès direct, mais l'auteur fait remarquer qu'outre les barrières législatives, il peut exister des barrières culturelles (relation avec le corps médical…) ou structurelles (financières…) en fonction des pays.
Avec le partage et l'établissement de réseaux, ce n'est qu'une question de temps avant que ces barrières tombent et nous offrent ce droit.

Les kinésithérapeutes français peuvent aussi réussir ce changement.
Souhaitons-nous promouvoir une autre profession qui nous isolera encore plus du reste du monde?
Ou souhaitons nous développer notre propre profession?
En 2012, des formations vont avoir lieu en France sur l'accès direct et la notion de "triage" du patient. Elles nous permettront de tendre vers ce mouvement international.

Lien vers l'édito

lien vers l'article de Prue Galley de 1976



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1.Posté par Francois GAUME le 02/01/2012 08:12 | Alerter
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L'espoir fait vivre...

2.Posté par François-Régis SARHAN le 02/01/2012 10:15 | Alerter
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Je me demande toujours, si l'accès direct n'est pas plutôt dépendant, avant des volonté et des savoir, du modèle de santé du pays. Et a fortiori, nécessaire dans une économie libérale, et compliqué dans une économie socialisé?
Ce n'est qu'une question...

3.Posté par François-Régis SARHAN le 02/01/2012 10:25 | Alerter
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Je me demande toujours, si l'accès direct n'est pas plutôt dépendant, avant des volontés et des savoirs, du modèle de santé du pays. Et a fortiori, serait nécessaire dans une économie libérale, et compliqué dans une économie socialisé?
Ce n'est qu'une question...

4.Posté par René COURATIER le 03/01/2012 13:16 | Alerter
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L'accès direct se fera irrémédiablement un jour en France, mais, des barrières culturelles spécifiques à notre pays, freinent considérablement cette évolution. Le pouvoir médical est considérable en France, il n'y a qu'à voir le nombre d'élus médecins dans nos deux assemblées nationales. A tous niveaux de la société, les médecins occupent des postes importants et participent ainsi à cette chasse gardée corporatiste. Et puis, il y a cette symbolique forte de la prescription, celle qui par définition s'impose, ou de l'ordonnance qui ordonne. Les mots transportent une image forte de pouvoir et de puissance qui obligatoirement agit sur l'inconscient collectif. Il n'y a qu'a voir ce qui se passe dans les médias, quand on parle santé: quel que soit le sujet abordé, ce sont les médecins que l'on voit et que l'on entend ! En France quand on dit Docteur, c'est forcément un médecin dont il s'agit. Dans les autres pays ce mot n'évoque pas en première intention et systématiquement le titre de médecin. Il nous faudra donc de la patience et du courage.

5.Posté par Jean MOUGEL le 04/01/2012 13:17 | Alerter
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Entièrement d'accord avec la remarque de François- Régis SARHAN et celle de René COURATIER.
Notre statut de kinésithérapeute conventionné peut-être considéré comme une reconnaissance sociale pour l'utilité publique de nos actes, mais aussi comme un boulet dans les négociations professionnelles (politiques, parcours de soins, tarifaires).

Personnellement je préfère la patience et le courage dont parle René COURATIER pour une première intention reconnue par les instances et les financeurs de la collectivité plutôt que le chant des sirènes qui résonnent actuellement: soins de bien être, ostéopathie...
Le mot "prévention" est aussi souvent galvaudé et utilisé en ce moment pour promouvoir une sorte d'accès direct autoproclamé.

L'argument selon lequel "il serait temps que la profession devienne adulte" sort souvent du chapeau, présentant le conventionnement comme un cordon ombilical qu'il faudrait rompre pour devenir (enfin!) une profession majeure.
Je ne comprends pas cela.

A vaincre sans péril on triomphe sans gloire...

6.Posté par Kinéblog le 04/01/2012 14:44 | Alerter
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Barrières culturelles ou simples habitudes, des représentations véhiculées par ce qui est marqué dessus et en premier chef "MASSEUR-kinésithérapeute " ?
Le masseur masse, un acte perçu comme simple et parfaitement autorisé dans un cadre privé (à la portée de tous), faisable pour le plaisir.
Kinésithérapeute c'est immédiatement plus complexe, plus réflexif... non, vous connaissez beaucoup de kinésithérapeutes justes amateurs, pour le fun ?
Actumasseurkiné, SFK/SFP, mais un collège de la masso-kinésithérapie ?
Hiatus, dénomination ambiguë, communication illisible, représentations erronées...

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