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Lombales

La classification de Sarhmann

Rédigé par le Vendredi 21 Novembre 2014



Syndromes d’extension ou de flexion lombaire

La méthode de diagnostic et traitement des syndromes de perturbation du mouvement (traduction personnelle hasardeuse de Movement System Impairment soit MSI) a été mise au point par le Dr Shirley A. Sahrmann, physiothérapeute titulaire d’un PhD. de neurologie.

Les syndromes sont dénommés en fonction de la direction dans laquelle survient la douleur. Par exemple, un syndrome en extension lombaire indique que le patient présente une extension lombaire douloureuse. Ils sont plus souvent sensibles que spécifiques. Le mouvement contraire doit les diminuer dans les douleurs bien établies.

Les tests vérifient la concordance de la présence d’une perturbation directionnelle, avec ses phénomènes accompagnants (raideurs et défauts de coordination musculaires, mouvements compensateurs d’autres articulations).

Mouvement répétés et postures prolongées

Sahrmann pense que ce sont les mouvements des activités de la vie quotidienne qui induisent les déficits et les pathologies en découlant.
Ce peut être une contrainte importante appliquée durant une courte période comme une contrainte mineure maintenue ou une contrainte mineure répétée.

La piste d’une moindre résistance au mouvement

Le mouvement aisé, sans contrainte, sera choisi préférentiellement par le patient. Une raideur musculaire relative (ou une trop grande souplesse) induira un comportement différent d’autres secteurs placés en série.

Le segment le plus compliant sera le plus sollicité, comme par exemple une augmentation de mobilité lombaire en flexion compensatrice d’une raideur des ischio-jambiers qui finira par induire un syndrome lombaire douloureux en flexion. Cela peut, à terme, induire une hypermobilité douloureuse lombaire résultant de contraintes tissulaires travaillant en dehors de leur plage optimale de mouvement.

La posture vertébrale : le normal comparé au pathologique

Sahrmann réhabilite les analyses posturales, en position debout, assise, flexion extension.
'The majority of spinal dysfunction is the result of cumulative microtrauma caused by impairments in alignment, in stabilization, and in movement patterns of the spine'. (Sahrmann, 2001)

Les catégories de syndromes lombaires

On retrouve, du plus fréquent au moins fréquent :
 
  • Extension / rotation
  • Extension
  • Rotation
  • Flexion / rotation
  • Flexion
 
Le tableau ci-dessous, provenant de l'article de Zafereo [1], schématise les deux principaux syndromes lombaires.
Des évidences constatées de façon éparses par chacun d'entre nous, non ?

La classification de Sarhmann
Quelles preuves en faveur de ce concept ?

Une étude [2] considère que ce syndrome en extension et rotation douloureuse est retrouvé en gros dans 40% des cas (un syndrome en rotation douloureuse dans 40% des cas, un syndrome en rotation et flexion douloureuse dans 20% des cas). Les syndromes en flexion ou extension pure n’ont jamais été retrouvé par les examinateurs (kappa à 0,61, soit un agrément modéré entre eux). Les auteurs considèrent qu’il faudrait peu de formation pour être un kinésithérapeute compétent dans cette classification.

Sarhmann évoque une asymétrie paraspinale fréquemment retrouvée dans les syndrome en rotation, sorte de postériorité de plus d’un inch (2,54 cm) d’une masse paravertébrale. Cela suffit à faire dresser les oreilles des ostéopathes Fryette-friendly...

Une étude [3] porte sur l’intérêt du traitement actif proposé après classification de Sarhmann sur la diminution des symptômes.

Hannu Luomajoki, intervenant aux JFK 2015, avait considéré des tests approchants [4,5] évaluant le comportement moteur du lombalgique, bien fiables (articles en accès libre).

Références bibliographiques :

[1] Zafereo J, Devanna R, Mulligan E, Wang-Price S. Hip Stiffness Patterns in Lumbar Flexion or Extension-Based Movement Syndromes. Arch Phys Med Rehabil. 2014 Oct 10. pii: S0003-9993(14)01130-7. doi: 10.1016/j.apmr.2014.09.023. Article sous presse.

Résumé de l’article disponible en ligne

Articles en rapport avec le sujet

[2] Trudelle-Jackson, E., Sarvaiya-Shah, S. and Wang, S (2009) Interrater reliability of a movement impairment-based classification system for lumbar spine syndromes in patients with low back pain. The Journal of Orthopaedic and Sports Physical Therapy. 38(6):371-376.

Article disponible en ligne

[3] Maluf, k., Van Dillen, L. And Sahrmann, S. (2009) Further examination of modyfying patient preferred movement and alignment strategies in patients with low back pain during symptomatic tests. Manual Therapy 14(1): 52-60.

Article disponible en ligne

[4] Luomajoki H, Kool J, de Bruin ED, Airaksinen O. Reliability of movement control tests in the lumbar spine. BMC Musculoskelet Disord. 2007 Sep 12;8:90.

[5] Luomajoki H, Kool J, de Bruin ED, Airaksinen O. Movement control tests of the low back; evaluation of the difference between patients with low back pain and healthy controls. BMC Musculoskelet Disord. 2008 Dec 24;9:170.

Cette note a été produite à l’aide de celle de Physiopedia, ainsi qu’à l’aide de l’article analysé dans cette note ActuKiné , et qui a un peu tendance à simplifier le message et les tests, mais moi j’aime bien ;-)

 

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1.Posté par Nicolas S le 20/11/2014 13:34 | Alerter
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La référence [3] est aussi en accès libre ici

2.Posté par Jean-Louis ESTRADE le 21/11/2014 21:25 | Alerter
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Merci ! C'est corrigé !

3.Posté par Jacky OTERO le 22/11/2014 08:18 | Alerter
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Les noms utilisés dans cette classification peuvent entrainer des confusions avec ceux utilisés dans la classification MDT.

Une partie des tests pourraient même donner à penser à une classification inverse, puisque la douleur provoquée dans une direction pourrait être une réponse paradoxale qui ne soit révélée qu'à l'utilisation des tests des mouvements répétés = à la répétition les symptômes s'améliorent.

Il convient donc de réaliser des tests des mouvements répétés avant de classifier selon cette méthode?

Évoqué dans la référence (3)

La classification devient alors très intéressante lorsque le patient ne répond pas au MDT = classification "autre"

Je garde donc en mémoire et sous le coude pour les 15% non classifiables.

Merci

4.Posté par Nicolas S le 23/11/2014 12:26 | Alerter
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2 autres références potentiellement intéressantes:

Pour ceux qui aiment la biomécanique, une étude qui montre comment différentier 2 patterns cliniques à partir du test de rotation de hanche
Symmetry of Timing of Hip and Lumbopelvic Rotation Motion in 2 Different Subgroups of People With Low Back Pain

Et encore pour les fans de bioméca, cette étude qui montre les différences entre lombalgiques et non-lombalgiques toujours sur le test de rotation de hanche:
Differences in lumbopelvic motion between people with and people without low back pain during two lower limb movement tests

5.Posté par Jean-Louis ESTRADE le 23/11/2014 12:31 | Alerter
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Oui, elles montrent l'absence d'indépendance du pelvis lors de mouvements de rotation de hanche ou de flexion du genou en procubitus chez le lombalgique. Je ne sais pas si la simple prise de conscience de ces mouvements parasites par le lombalgique suffit à l'améliorer, mais ce sont les piste proposées par les adeptes du contrôle moteur, non ?

6.Posté par Nicolas S le 23/11/2014 17:31 | Alerter
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Oui et on pourrait dire qu'il y a 2 grands courants.
Les Australiens qui se focalisent sur l'activation des muscles profonds et de l'unité interne (Hides, Richardson, Hodges and co) et ceux qui pensent que corriger uniquement l'alignement et les mouvements parasites tend à corriger de lui-même le déséquilibre musculaire. C'est les Nord-Américain avec Sarhmann et McGill (dont tu nous a pas mal parlé sur AK).
Pour aller plus loin, il y a ce bouquin (frais de l'an dernier) où les pontes du contrôle moteur sont réunis.

7.Posté par Jerome RIERA le 24/11/2014 09:49 | Alerter
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Tu l'as acheté Nicolas?

8.Posté par Nicolas S le 24/11/2014 12:35 | Alerter
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Oui, mais pour l'instant c'est plus un objet de déco dans ma bibliothèque...

9.Posté par Jean-Louis ESTRADE le 24/11/2014 12:38 | Alerter
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Il ne me reste que deux centimètres de libres dans la mienne. Il tient ?

10.Posté par Nicolas S le 24/11/2014 13:35 | Alerter
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Il faut que tu vires les bouquins de Still... :-)))

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