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Musculo-squelettique

Le rapport coût-efficacité de la kinésithérapie (1)

Rédigé par le Mardi 27 Septembre 2016

Une revue systématique avec synthèse d'analyses économiques



D'un point de vue économique, il est évident que la kinésithérapie seule ou effectuée en complément de soins usuels (usual care) augmentent les coûts, mais son but final est de réduire les coûts totaux liés à l'absentéisme au travail, la consommation de médicaments, ou des traitements avec des professionnels de santé comme des médecins spécialistes.
Par soins usuels, on entend tout ce qui concerne la médication, l'utilisation d'examens complémentaires diagnostic, et les visites chez le médecin.

Le but de cette revue systématique effectuée par une équipe de suisses a été de faire le point sur les études (entre 1998 et 2014) traitant du rapport coût-efficacité (cost-effectiveness) de la kinésithérapie. Est ce rentable d'avoir recours à de la kinésithérapie ?

Les études sélectionnées ne se limitaient pas à l'anglais mais concernaient aussi les écrits en français, allemand et italien (c'est ça d'être multilingue).

Les articles traitant d'interventions données de manière pluridisciplinaire ont été exclus. Si il existent des preuves que la kinésithérapie est économique utilisée seule, cela soutiendrait son utilisation dans une prise en charge pluridisciplinaire.

Les auteurs ont fait une synthèse des analyses économiques en prenant en compte la comparaison de la kinésithérapie VS soins usuels seuls et la comparaison de la kinésithérapie + soins usuels VS soins usuels seuls.
Par la suite, ils ont synthétisé les résultats en fonction des domaines concernés (musculosquelettique, médecine interne, neurologie) puis des pathologies concernées.

Après l'écrémage des études identifiées, les auteurs ont retenus 18 références. Dix-sept des 18 études avait une qualité méthodologique bonne à excellente. La plupart des études ont été conduites en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas et les mesures de suivi étaient la plupart du temps la qualité de vie et l'incapacité/handicap.

La kinésithérapie seule ou en plus d'un traitement usuel améliore la santé dans quasiment toutes les études.
Le rapport coût-efficacité de la kinésithérapie est démontré dans la moitié des études. Les auteurs ont de plus pris un critères plus "dur" pour juger de l'analyse économique, car si on se tenait strictement à l'analyse dans les études elles-mêmes, le rapport coût-efficacité est en faveur de la kinésithérapie dans plus de la grande majorité des études.

Qu'en retenir ?
La rentabilité de la kinésithérapie est ainsi avéré pour plusieurs pathologies d'ordre musculosquelettique tel que la cervicalgie, la lombalgie chronique, l'arthrose du genou, l'arthrose de hanche, et le syndrome femoro-patellaire (ainsi que la maladie de Parkinson et la claudication intermittente).
Et il s'agit d'un point importants car le domaine musculosquelettique est un des champs de la santé les plus couteux.

La suite bientôt...

Référence
Bürge E, Monnin D, Berchtold A, Allet L. Cost-Effectiveness of Physical Therapy Only and of Usual Care for Various Health Conditions: Systematic Review. Phys Ther. 2016 Jun;96(6):774-86. doi: 10.2522/ptj.20140333. Epub 2015 Dec 17.

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1.Posté par Jacky OTERO le 28/09/2016 07:28 (depuis mobile) | Alerter
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Ouahhhhhhh
C'est une cartouche en or cet étude.
Ils faut que nos représentants soient informés au plus vite en ces temps de négociation.
Merci.

2.Posté par Greivmeuh le 28/09/2016 09:09 | Alerter
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J'attends la suite avant de m'emballer !

3.Posté par Jacky OTERO le 28/09/2016 13:29 (depuis mobile) | Alerter
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J'aimerai plutôt lire l'article pour pouvoir m'emballer... Mais pas en accès libre. Si vous avez je suis preneur

4.Posté par Nicolas Savouroux le 28/09/2016 14:44 | Alerter
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Reste aussi à montrer que le contenu de nos séances et que nos compétences se rapprochent des traitements prodigués dans ces études.

5.Posté par Jacky OTERO le 29/09/2016 06:52 (depuis mobile) | Alerter
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Restera à vérifier que le contenu de nos séances correspond à ce qui est utilisé dans les études retenues.
Ou faire en sorte que cela se rapproche.
Pour autant si nos patients prennent moins de médoc et reprennent le travail, alors on est bon.

6.Posté par Jean-Marc Chennevelle le 29/09/2016 06:59 (depuis mobile) | Alerter
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Excellente nouvelle cette étude, nous servons donc à quelque chose et sommes rentable. J''espère que nos dirigeants, sociétés savantes et conseil de l''ordre MK prendront en compte cette info.
Petit bémol il n''y a pas d''étude française sur le thème!

7.Posté par JL E le 29/09/2016 08:25 | Alerter
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Des études sont réalisées, comme celle-ci**, montrant que dans les Pays de Loire, il est préférable d’envoyer au kinésithérapeute libéral qu’en centre de rééducation les lombalgies chroniques.

Elles ne sont pas nécessairement prises en compte par la CNAM, pour laquelle les kinésithérapeutes ne sont que des exécutants mal élevés et non des interlocuteurs fiables.
Ses véritables interlocuteurs sont les médecins, y compris ceux dits «de rééducation» qui continuent leur lobbying et proposent un «aménagement pluridisciplinaire» coûteux et inutile.

Voir le dernier rapport en date de la CNAMTS sur le sujet

Référence bibliographique :

**Cougot B et al. Chronic low back pain among French healthcare workers and prognostic factors of return to work (RTW): a non-randomized controlled trial. J Occup Med Toxicol. 2015 Oct 29;10:40.

Accès gratuit à l’article

8.Posté par Ph. Fleuriau le 30/09/2016 17:25 | Alerter
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Bonjour,

Il serait aussi intéressant de confronter et comparer cette étude à celle publiée ce mois de septembre dans :
J Occup Rehabil du 17/09/2016 :
Association Between the Type of First Healthcare Provider and the Duration of Financial Compensation for Occupational Back Pain.

Certes , ce n'est pas une étude française, mais elle reste très pertinente !

Bonne lecture

9.Posté par Nicolas Savouroux le 30/09/2016 22:34 | Alerter
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Bonjour,
merci pour votre référence, que j'ai lu en diagonale.

Les physios mettent en avant des études positives sur la physio et les chiros mettent en avant des études sur la chiros :-))

Mais permettez moi de vous questionnez sur 2 ou 3 points sur l'étude que vous citez car la connaissant mieux que moi vous pourrez éclairer ma lanterne:

J'ai l'impression qu'il s'agit d'une étude exclusivement sur analyse "économique", ne concernant que la compensation financière. Je veux dire par là que n'est pas évoqué la santé des patients avec par exemple des données sur la qualité de vie ou la fonction et d'éventuelles corrélation avec la compensation financière.

Je suis surpris par le nombre des différents praticiens impliqués: médecin (n = 4710), chiro (n = 627), et physio (n = 174) c'est à dire un peu plus de 2% sur les plus de 5000 patients analysés. Mais les statistiques sont imbitables pour mon niveau, donc difficile de juger de mon côté si cela est contrôlé.

Je n'ai peut être pas bien regardé mais les données de départ ne sont pas clairement explicitées (voir pas du tout). Où sont les tableaux comparant les patients des différents praticiens (au moins pour le niveau d'incapacité, le type de travail des gens etc...) ? Les différences sont elles non-significatives ? Ça peut tout changer.

Les auteurs ne le disent pas clairement mais il semble que les résultants n'aillent pas dans le sens des autres études sur le sujet, qui n'ont pas pu départager les différents praticiens sur le plan de la douleur/fonction et sur le terrain économique. Il citent plusieurs références notamment de 28 à 38.

Dans les limitations, les auteurs parlent d'une puissance faible pour une partie de l'analyse des données. D'ailleurs, mais surement rien à voir, les IC95% pour la chiro sont hyper petit. Exemple: the median number of days of the first episode of any wage compensation were 8.0 (95 % CI 6.6–9.4), 10.0 (95 % CI 9.5–10.0) and 25.0 (95 % CI 20.3–29.7) for the workers who first consulted chiropractors, physiciens and physiotherapists.

Et enfin, je me permets de copier-coller le dernier paragraphes avant la conclusion:
"Since a relatively small percentage of workers who first saw a physiotherapist (3.2 %) was included 1 year after the policy change, it is possible that our analysis captured early adopter of the new policy and that the association between first consulting a physiotherapist and the compensation duration now differ from the ones assessed in 2005. Generalizations of our findings to other jurisdictions should be performed with caution since it was hypothesized that the compensation policy might have a greater influence than the type of care sought."

C'est la fin de semaine, je suis en totale roue libre, les stats sont imbitables mais la pertinence de l'étude que vous citez semble relative.

Merci d'avance pour votre réponse.

10.Posté par Fleuriau le 04/10/2016 10:31 | Alerter
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Bonjour,

Je réponds tardivement à vos commentaires .
Étant quelque peu "taquin" de nature , je vous dirais qu'une publication scientifique ne se lit pas en diagonale mais bien de haut en bas et de gauche à droite ...

1) C'est une étude économique faite par des épidémiologistes de renoms ( et non par des PT ou DC ...donc très factuels) ,

2) Vous avez raison selon votre mode de lecture dite en diagonale . Par contre si vous prenez le temps de le lire vous constaterez que l'objectif de cet étude est bien de comparer la durée d'une compensation financière , avec l’occurrence d'1 2nd épisode ( récidive ). Il n'y a donc pas d'étude sur l'effet direct de ces prises en charge. En revanche, si la durée de compensation est courte et s'il n'y a pas de 2nd épisode de compensation, on peut tout à fait en déduire que la prise en charge a bien été efficace ( arrêt de la douleur et/ou diminution des symptômes ) et que le traitement a bien évité la récidive ( ce qui n'est pas anodin me semble t il !) ! .

3) Les patients sont randomisés , donc une bonne façon de recruter afin d'éviter les biais ( mais je peux me tromper , tout comme ces épidémiologistes intervenants dans de prestigieuses universités ...). Les Stats sont , ici, adaptées à l'échantillon et aux analyses étudiées .

4) Effectivement , et c'est un point essentiel . L'analyse a été faite et synthétisée dans le 1er § des résultats . Les tableaux et autres sont dans la ref 1! ( qui est la thèse d'un des auteurs me semble t il .).

5) Les études 28 à 38 ont pris en compte le « MAIN HEATHCARE PROVIDER» alors que celle-ci prend en compte « THE FIRST HEALTHCARE PROVIDER ». Il s'avère que dans 50% des cas le "MAIN HEALTHCARE" est différent du "FIRST HEALTHECARE PROVIDER" comme expliqué. Les choix faits sont expliqués et solidement référencés .

6) Plus un "IC" est petit , plus nous sommes proche de la valeur trouvée . L'échantillon est donc de taille suffisante et valable . I

7) Toutes études sur une population ne sont pas de facto généralisable à d'autres population, surtout dans des pays différents .
Cette étude est faite en Ontario. Nous pourrions porter l'hypothèse que les populations proches de cet état , pourraient avoir des réponses similaires .
La France est un pays que nous pourrions décrire comme similaire au Canada . Une extrapolation est tout à fait possible , ici, et c'est souvent réalisé dans bien des études !.
Vous aurez remarqué que l'étude mentionne le fait que la législation a changé ( En ce qui concerne les PT ) durant cette étude et que cela peut expliquer le faible taux de personnes consultant le PT ! I

8) Ce n'est pas parce que vous trouvez les chiffres "imbitables " que cela implique des biais et et que cette étude soit de mauvaise qualité ...
Vous êtes en présence d'une étude de très belle qualité (faites par des épidémiologistes de renoms), avec une très bonne méthodologie ( et je conviens qu'il n'est pas aisé de tout bien cerner lorsque nous ne sommes pas de la partie ) , et les résultats peuvent tout à fait être pris en compte .Toute étude comporte des biais ( c'est un fait établit chez les chercheurs!) . Le but principal des chercheurs étant de les limiter au maximum , et c'est bien le cas ici .

Il me semble, pour résumer , que vous avez confondu efficacité et rapport coût /efficacité , qui sont bien deux choses différentes .

Voila , j'ai essayé de répondre au mieux à vos légitimes interrogations et espère ne pas avoir été trop "imbitable" . Pour être très honnête, il me semble que vous devriez interroger directement les auteurs , ceux- ci devraient être beaucoup plus précis que je n'ai pu l'être dans notre échange .

Bien à vous .

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