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Hanche

Le syndrome de glissement antérieur de la tête fémorale I

Rédigé par le Mardi 9 Décembre 2014



Shirley Sahrmann, dans son livre "Diagnosis and Treatment of Movement Impairment Syndromes"  décrit les signes cliniques accompagnant cette souffrance coxale.

La forme la plus commune se fait avec rotation médiale, le syndrome survenant à cause d’un insuffisant glissement postérieur lors de la flexion, la flexion s’accompagnant de rotation médiale.

Sahrmann considère que l’absence de cohésion antérieure par l’ilio-psoas lors de l’extension induit un glissement antérieur sans rotation médiale à l’image du long biceps ne pouvant empêcher le glissement antérieur de la tête humérale.

Symptômes :

- La douleur survient lors de la flexion active, le patient pouvant se retrouver dans l'obligation de se servir de ses mains pour fléchir la hanche.
- La palpation du psoas à la hanche, son étirement sont douloureux.
- Les fibres profondes du psoas s’insérant sur la capsule pour éviter son pincement lors de la flexion ne sont pas efficaces, ce qui se traduit par des douleurs.
- La course sur longues distances, la danse, la station debout habituelle en translation antérieure du bassin (sway back) sont des facteurs favorisants.

Observations cliniques :

En décubitus :

Lors de la flexion de hanche jambe tendue, le grand trochanter garde normalement une position bien stable.
A contrario, dans ce syndrome, en décubitus, lors de la flexion de hanche jambe tendue, la tête fémorale ne glisse pas vers l’arrière et, la plupart du temps, la cuisse se tourne en rotation médiale ce qui peut s’observer à la palpation du grand trochanter ou de la tête fémorale.
Hanche fléchie et en rotation latérale, genou fléchi, la pression antéro-postérieure du kinésithérapeute sur la tête fémorale doit permettre de la postérioriser, ce qui permet ensuite au mouvement précédent d’être plus ample.

En procubitus :

Le même mouvement anormal du grand trochanter indiquant une antéposition avec ou sans rotation médiale de la tête fémorale peut se retrouver en procubitus lors d’une extension active de hanche genou tendu (la raideur d’un TFL, rotateur médial, la dominance des ischio-jambiers par rapport au grand fessier, rotateur latéral, peut expliquer la composante de rotation médiale dans cette altération du mouvement).

En quadrupédie :

Lors d’une assise fessière, la flexion coxo-fémorale est moindre. En fin de mouvement, le bassin est plus élevé de ce côté par compensation pelvienne. Il peut aussi se déplacer en controlatéral pour augmenter l’amplitude de l’assise en plaçant la hanche affectée en abduction et rotation latérale relative.

En position assise :

L’extension active du genou se fait en rotation latérale. Demander de le faire en rotation médiale diminue l’amplitude du mouvement.

Muscles considérés comme responsables du trouble :

Le TFL est raide, le psoas est faible et allongé, les ischio-jambiers sont raides, le grand fessier faible.

Technique de correction passive aidée en quadrupédie :


Exemple d'auto-traitement à la sangle :

Quelles preuves en faveur de ce type de technique ?

Il est possible d’observer une mobilité coxale millimétrique voire infra-millimétrique [1] sur pièces cadavériques, pour des forces à partir de 89 N et proportionnelle à la force employée, même si est bien moindre que le déplacement obtenu lors d’une traction longitudinale. Étudié sur des sujets jeunes et sains, la translation apparait plus importante [2].

Les études, peu nombreuses, ne concluent pas nécessairement à un avantage des techniques de type contrôle moteur dans ce genre d’affection, comme nous vous l’avions relaté par le passé [3]

Références bibliographiques :

[1] Harding L, Barbe M, Shepard K, Marks A, Ajai R, Lardiere J, Sweringa H. Posterior-anterior glide of the femoral head in the acetabulum: a cadaver study. J Orthop Sports Phys Ther. 2003 Mar;33(3):118-25.

Article disponible en ligne

[2] Loubert PV, Zipple JT, Klobucher MJ, Marquardt ED, Opolka MJ. In vivo ultrasound measurement of posterior femoral glide during hip joint mobilization in healthy college students. J Orthop Sports Phys Ther. 2013 Aug;43(8):534-41. doi: 10.2519/jospt.2013.4487.

Article disponible en ligne

[3] Almeida MO, Silva BNG, Andriolo RB, Atallah ÁN, Peccin MS. Conservative interventions for treating exercise-related musculotendinous, ligamentous and osseous groin pain. Cochrane Database of Systematic Reviews 2013, Issue 6. Art. No.: CD009565. DOI: 10.1002/14651858.

Résumé du centre Cochrane français

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1.Posté par Philippe BIDET le 10/12/2014 21:57 | Alerter
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Encore un article intéressant sur la hanche; il y aurait matière à discussion.
Malheureusement, nous n'avons pas les données indiscutables irréfutables pour participer au débat.
Nous retournerons donc vers nos chers patients.
Cordialement.

2.Posté par Jean-Louis ESTRADE le 10/12/2014 22:13 | Alerter
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Touché...;-)
Mais tout dans ce texte est discutable donc réfutable !

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Info Éric Arnaud.