Musculo-squelettique

Les hanches dans le swing

Rédigé par jerome riera le Lundi 9 Septembre 2013



Les hanches dans le swing
Le golf compte plus de 60 millions de joueurs à travers le monde, la France a connu une explosion de la pratique de ce sport en passant de 20000 licenciés en 1970 à presque 430000 aujourd’hui (source FFG). Il est donc fort probable que vous croisiez des golfeurs dans vos cabinets.

Le swing de golf est une mécanique complexe mettant en mouvement et en tension bon nombre de structures actives et passives. Les blessures les plus rencontrées chez les golfeurs sont au niveau du dos dont la cause principale, chez les amateurs, est une mauvaise exécution du geste [1].

Les blessures aux hanches sont pour ainsi dire inexistantes et leur action durant le swing a été peu étudiée. En dépit de ce manque de données, aux Etats-Unis, 99% des chirurgiens ne déconseillent pas le retour à la pratique du golf après arthroplastie totale de hanche [2].

Regardons cela d’un peu plus près.

Le swing se décompose en quatre phases [3] :

  1. L’adresse est la position du joueur devant la balle, à ce moment la flexion entre les hanches et le tronc devrait être de 45°.
  2. Le backswing correspond au démarrage du club jusqu’à sa position la plus haute. A son sommet, la rotation des hanches est en moyenne comprise entre 47 et 55 degrés.
  3. Le downswing est la phase décrivant la descente du club jusqu’à son impact avec la balle. Chez un droitier, la hanche droite va ici aller vers la rotation latérale et l’abduction tandis que l’inverse se produit à gauche entrainant le bassin en rotation gauche. Au moment de l’impact, la vitesse angulaire de la hanche (chez les professionnels) et d’environ 498°/s, ce qui est relativement faible par rapport aux épaules par exemple (723°/s).
  4. Le follow-through est la phase de décélération suivant l’impact. La hanche gauche va se retrouver en rotation médiale, le bassin face à l’objectif et la hanche droite sera dans une position relativement neutre.


La participation des hanches à la vitesse linéaire du club est faible (environ 5%).

Foxworth et al. ont cherché à comparer les couples de force se produisant au niveau des hanches et dans les trois plans, lors de l’exécution du swing, entre des sujets jeunes et âgés.
Etonnement il n’est retrouvé que de très faibles différences, la seule notable se situant au niveau des extenseurs de la hanche droite (pour un droitier) plus efficace chez les sujets jeunes. Nous noterons, sur cette jambe, que le couple de force des extenseurs de hanche est deux fois supérieur à celui des extenseurs du genou. Les pics d’activité se produisent dans tous les cas et dans les deux groupes à la fin du downswing ou juste après l’impact.

Quel intérêt ? :

L’étude de Foxworth et al. est la première à se préoccuper de ces mesures. Elle se limite à des sujets sains et d’un bon niveau ce qui limite l’intérêt clinique, mais permettra de donner un point de comparaison à de futures études sur des joueurs se plaignant de lombalgie, de coxalgie ou ayant subi une arthroplastie.

Par ailleurs, le but du golfeur moyen étant d’envoyer la balle le plus loin possible (la bonne trajectoire est facultative…) il est facile d’imaginer comment un défaut de mobilité ou d’élasticité/force musculaire des hanches va entrainer des compensations et une surcharge sur les autres structures sollicitées. Les schémas d’activation musculaire lors du swing sont d’ailleurs très variables sur un même individu, à l’inverse des professionnels, chez les golfeurs amateurs [4].

Conclusion :

Les hanches ne sont pas les articulations les plus sollicitées lors du swing de golf, toutefois elles sont le lien entre le bas et le haut du corps et un swing efficace ne peut se réaliser sans une contribution biomécanique correcte de leur part.
Les problèmes de raideur, articulaire ou musculaire, de force et/ou de contrôle moteur les concernant ne sont donc pas à négliger chez vos patients pratiquant ce sport.

Leur évaluation dans des problèmes de lombalgie, par exemple, liée à la pratique du golf n’est donc sans doute pas dénuée de sens.

Références bibliographiques :

[1] M E Batt ; A survey of golf injuries in amateur golfers ; Br J Sports Med 1992 26: 63-65

[2] Judy L. Foxworth & al. ; Hip Joint Torques During the Golf Swing of Young and Senior Healthy Males ; J Orthop Sports Phys Ther 2013;43(9):660–665. Epub 25 July 2013. doi:10.2519/jospt.2013.4417

[3] Patria A. Hume &al. ; The Role of Biomechanics in Maximising Distance and Accuracy of Golf Shots ; Sports Med 2005; 35 (5): 429-449 REVIEW ARTICLE 0112-1642/05/0005-0429/$34.95/0.

[4] B Abernethy & al. ; EXPERT-NOVICE DIFFERENCES IN MUSCLE ACTIVITY DURING THE GOLF SWING ; Science and Golf (Routledge Revivals):Proceedings of the First World Scientific Congress of Golf

Article soumis le 9 septembre 2013 et accepté le 10 après mise en forme.




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1.Posté par salerno Mireille le 11/09/2013 22:14 | Alerter
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J'ai eu il y a de nombreuses années une patiente porteuse d'une prothèse de hanche,mise en place par voie antéro externe qui a été victime d'une luxation lors d'un swing au golf, elle avait moins de 50ans une bonne récupération gestuelle et musculaire, bien sûr une hirondelle ne fait pas le printemps! cependant depuis je conseille à mes patients de faire attention aux rotations sur pied fixe au sol...

2.Posté par Jerome RIERA le 12/09/2013 08:45 | Alerter
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Il ne faut évidemment jamais dire jamais toutefois vous a t'elle dit à quel moment cela c'est produit, dans la voiturette les jambes croisés? :-). Plus sérieusement, la fameuse association flex/add/re n'est retrouvée, normalement, à aucun moment du swing, il peut être par contre nécessaire d'éduquer le patient sur la manière de ramasser sa balle au sol par exemple... Les contraintes étant relativement faibles sur les hanches je ne pense pas que l'interdiction soit justifiée. Dans leur article, Foxworth & al. évoquent la prise en compte du côté atteint afin de déterminer le délai de reprise de l'activité.

3.Posté par buchaillot le 12/09/2013 10:22 | Alerter
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"Il ne faut évidemment jamais dire jamais toutefois vous a t'elle dit à quel moment cela c'est produit, dans la voiturette les jambes croisés? :-). Plus sérieusement, la fameuse association flex/add/re n'est retrouvée, normalement, à aucun moment du swing, il peut être par contre nécessaire d'éduquer le patient sur la manière de ramasser sa balle au sol par exemple..."
Mireille nous parle d'une prothèse posée par voie antérieure dont le mouvement luxant est plutôt l'extension+rotation latéral.

4.Posté par Jerome RIERA le 12/09/2013 11:08 | Alerter
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Oui, mon commentaire se veut plus généraliste, mais dans tout le cas l'extension rotation latérale n'intervient pas ,non plus, dans le swing.

5.Posté par Jerome RIERA le 12/09/2013 11:14 | Alerter
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Et sur des chirurgie plus récentes mini invasives, je ne suis pas sur que la voie d'abord soit un réel problème. Y'a t-il d'ailleurs des études sur le sujets?

6.Posté par Jerome RIERA le 12/09/2013 11:35 | Alerter
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Il est toutefois possible de retrouver une flex/re chez une personne qui ne va pas assez laisser "filer" son pied arrière mais ce sera associer à une abduction et non une adduction.

7.Posté par Jean-Louis ESTRADE le 12/09/2013 12:07 | Alerter
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Je ne pense pas que la voie d'abord soit le facteur induisant le sens de la luxation. Aujourd'hui, il ne doit plus y avoir de sections musculaires non réparées, la capsule est même aussi suturée pour certains chirs et la voie antérieure ne s'est jamais faite à ma connaissance avec une section musculaire.
Donc l'idée de la RL luxante avec la voie ant, la RM avec la voie post, sauf contraintes traumatiques très importantes ?

Par contre, il mes semble que les 9/10° des luxations se font en flexion, par effet came, notamment dans le 1° mois post-chir. Je n'y connais rien au golf, mais le swing avec une flexion de hanche à 90° ??

8.Posté par Jerome RIERA le 12/09/2013 12:47 | Alerter
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JLE,
C'est pour cela (en tout cas c'est ce que j'ai appris...) que l'on parle plus de l'association FL/ADD/RE quelque soit la voie d'abord. Pour le 90° de flexion, on voit beaucoup de choses étranges sur un practice de golf....Si on cherche bien il est possible de le voir dans un bunker (le sable) par exemple avec une balle positionnée dans une forte pente ou le joueur doit prendre une position incongrue pour exécuter son swing... En tout cas ce n'est pas une condition que l'on pourrait qualifié de fréquente et je ne crois pas qu'il faille se baser sur l'exceptionnel pour interdire une pratique.

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