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Evidence Based Practice

Les points-gâchettes du trapèze supérieur objectivés à l’IRM

Rédigé par le Jeudi 21 Janvier 2016



Les points-gâchettes du trapèze supérieur objectivés à l’IRM
Yannick Barde-Cabusson a plusieurs cordes à son arc, comme celle de guérir ses patients simplement en les touchant de son doigt magique en des endroits extrêmement précis, notamment au niveau du trapèze supérieur pour les cervicalgiques.

Cette étude vient ici apporter de l’eau à son moulin à bière : les cordons indurés pourraient se retrouver à l’IRM, en fait plus précisément être quantifiés grâce à l’élastographie par résonance magnétique (MRE), qui est une technique IRM permettant de mettre en évidence les changements dans la résistance des tissus à la compression.

La résistance à la compression des «taut bands» serait de l’ordre de deux fois celle des tissus environnants (11.5 vs 5.8 kPa), ces derniers étant d’une résistance équivalente à celle des muscles ne présentant pas d’induration.

L’étude montre que cette technique IRM est d’une fiabilité excellente en intra comme inter-opérateurs, comme le montrent le calcul des kappas. C’est étonnant d’ailleurs d’utiliser des kappas pour des valeurs numériques au départ, mais ils ont du déterminer un seuil à partir duquel le point-gâchette était d’une résistance à la compression «anormale», sûrement, pour classer leurs sujets.

En fait, des kinésithérapeutes de plus de 20 ans d’expérience ont, avant l’étude, sélectionné des sujets présentant des points-gâchettes dans le trapèze supérieur et se sont posé la question : "Si je sens un cordon induré, est-ce qu’il se retrouve à l'imagerie?"

Ils ont ensuite envoyé 65 sujets identifiés par eux comme présentant des indurations localisées dans le trapèze supérieur. Eh ben, il s’avère que 41 d’entre eux, soit 63.1% IC [50.2%–74.7%] voyaient cette induration confirmée à l’élastographie par IRM.

C'est bien ? c'est pas bien ? Mais plus de la moitié, c’est pas rien, quand même, non ? On se demande pourquoi les auteurs n'ont pas  calculé le kappa ?

On pourrait s’étonner que ces valeurs ne soient pas plus importantes, mais les auteurs indiquent dans la discussion : «Alternatively, it may be that there are taut bands identifiable by the clinicians that lie below the level of our ability to detect them on MRE». Peut être penser dorénavant à remplacer les IRM par des kinés aux doigts magiques ?

Du coup, le fait que l’opérateur IRM ne soit pas en aveugle des constatations des cliniciens, puisqu’il s’agissait d’évaluer des points-gâchettes avérés, quand on sait ce qu’on sait... Mais les auteurs avancent quand même :

1°- qu’ils avaient déjà fait des observations dans une étude préliminaire montrant que si un muscle n'a pas été identifié cliniquement comme présentant une induration, l’imagerie n’aurait rien montré (comme ils en sont sûrs, ils ont quand même fait une autre étude beaucoup plus chère pour le rechercher)
2°- et puis ça coûte déjà assez cher comme ça plus de 140 élastographies par IRM (argument absolument convaincant).

Je vous laisse vous faire votre opinion vous même, mais il est vraisemblable que la haute voltige en trapèze puisse se faire ailleurs qu’au cirque Bouglione. A force de pousser à la publication des études négatives, il va falloir lire entre les lignes systématiquement.

Référence bibliographique :

Chen Q et al. Quantification of Myofascial Taut Bands. Archives of Physical Medicine and Rehabilitation. Volume 97, Issue 1, Pages 67-73 (January 2016)  

Accès gratuit à l’article en 2016

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