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Douleur

No pain no gain ? Faut-il que les patients souffrent lors de leurs exercices ?

Rédigé par le Vendredi 21 Juillet 2017



Une nouvelle forme de thérapie basée sur des exercices qui aggrave temporairement la douleur d'un patient a été proposée. L'objet de cette revue était de comparer l'effet des exercices où la douleur est autorisée / encouragée par rapport à des exercices non douloureux sur l’évolution de la douleur, de la fonction ou des déficits chez des patients souffrant de douleurs musculo-squelettiques chroniques dans des essais contrôlés randomisés.

Méthodes :

Deux auteurs ont choisi indépendamment des études et évalué le risque de biais. La qualité méthodologique a été évaluée à l'aide de l'outil Cochrane de risque de partialité, et le système d'évaluation du classement des recommandations a été utilisé pour évaluer la qualité de la preuve.

Résultats :

La recherche documentaire a identifié 9081 études potentiellement éligibles. Neuf articles (sept essais) avec 385 participants ont satisfait aux critères d'inclusion.

Il y avait une différence significative à court terme dans la douleur, avec des preuves de qualité modérée pour une petite taille d'effet de -0,27 (-0,54 à -0,05) en faveur d'exercices douloureux.
Pour la douleur à moyen et à long terme, et la fonction et le handicap à court, moyen et long terme, il n'y avait pas de différence significative.

Conclusion :

Les protocoles utilisant des exercices douloureux offrent un avantage faible mais significatif sur les exercices sans douleur à court terme, avec une qualité de preuve modérée. À moyen et long terme, il n'y a pas d‘avantage supérieur d'un traitement par rapport à l'autre. La douleur pendant l'exercice thérapeutique pour la douleur musculo-squelettique chronique ne doit donc pas être un obstacle aux résultats.

Références bibliographiques :

Smith BE et al. Should exercises be painful in the management of chronic musculoskeletal pain? A systematic review and meta-analysis. Br J Sports Med. 2017 Jun 8. pii: bjsports-2016-097383. doi: 10.1136/bjsports-2016-097383. Article sous presse

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1.Posté par Jacky OTERO le 21/07/2017 07:31 | Alerter
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En voilà une nouvelle qui est bonne !

C'est pas parce que '' ça fait mal que ça fait DU mal ''? Ça faut plus se 10 ans que je répète cette phrase à mes patients et en congrès !

Pour autant c'est toujours la même chose = cela dépend du sous groupe de personnes dont on parle.

Entre ceux qui ont une préférence directionnelle, dont la douleur va centraliser et augmenter,

Ceux qui en ont une qui ne va pas centraliser mais diminuer.

Ceux qui n'ont pas de préférence directionnelle, car pas de Syndromes de dérangement, mais un Syndromes de Dysfonction (articulaire ou musculaire) qui vont produire une douleur qui ne restera pas à la fin des exercices (si pas trop fort).

Ceux qui ont un Syndrome Postural avec une douleur uniquement en fin d'amplitude prolongée et qui disparaît dès qu'il la quitte.

Et les autres (Syndromes inflammatoire, Mécaniquement Non Concluant, Radiculopathies Mécaniquement Non Répondantes... Qui s'aggravent lorsque l'on insistent sur des exercices douloureux !

Sans oublier le Syndromes Douloureux Chroniques (d'origine centrale ou périphérique)

Il va enfin savoir faire la différence entre BONNE et MAUVAISE douleur... Pour améliorer la différence significative de ces études.

Car si on regarde bien, elle disent toujours la même chose... Quoi qu'on leur fasse on en améliore un certain nombre... Mais pas de différence entre les moyens utilisés = à chaque fois c'est soit aucune différence soit à la limite du cliniquement utile !

Les différencier pour savoir à qui il faut faire à chaque sous groupe = pour qui on peut faire mal et pour qui il ne faut pas !

On va pas passer du '' aucune douleur provoquée '' à '' faut faire mal à tout le monde'', tout de même !

2.Posté par Jean-Louis ESTRADE le 21/07/2017 09:14 | Alerter
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L'inquiétude du patient est le maître-mot de ta classification, selon que le cerveau prenne la main et provoque des souffrances multidirectionnelles, périphérise en sensibilisant les capteurs et en augmentant leur nombre lors de la réalisation du mouvement initialement traumatisant et gardé en mémoire dans la cartographie centrale, centralise lorsqu'il est rassuré... Autant de nuances que de patients, mais a on besoin de coller à l'anatomie et à la biomécanique à ce point ?

3.Posté par Laurent ROUSSEAU le 21/07/2017 09:35 | Alerter
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LaurentR
Il serait peut être intéressant d'expliquer aux Professionnels de santé deux trois trucs sur la douleur au préalable. Il est affolant de voir comment sont traités les patients douloureux.

La douleur est un paramètre éminemment important et la décrypter est essentiel. Je reviens sur la classification de Jacky qui a le mérite de bien structurer les choses, et a pour effet de rassurer tant le PS que le patient.

Indirectement il peut se mettre en place une alliance thérapeutique solide basée sur une confiance réciproque, socle indispensable au bon déroulé d'un traitement quel qu'il soit.

Expliquer la douleur reste un préalable à toute intervention en santé.

4.Posté par Jacky OTERO le 21/07/2017 12:21 | Alerter
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C'est exactement çà = savoir les classer en fonction de critères qui indiquent comment les aider à faire face à cette douleur pour =
- se rassurer sur l'interprétation de ces douleurs et ce qu'il faut en faire
- rassurée le patient sur comment les interpréter pour progresser
- pouvoir améliorer leur fonction sans craindre une dégradation.

Bref savoir faire les bons choix pour rester actif et s'améliorer

5.Posté par Fibromyalgies.fr@gmail.com le 23/07/2017 23:17 | Alerter
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Bonjour.

Oui éventuellement.

A condition de savoir ce que l'on fait.

Et je pense particulièrement mais ce n'est. Pas. Le seul a un syndrome d'elher danlos non diagnostiqué.

Le remède en ce cas n'est il pas pire que le mal ?

Cordialement

6.Posté par Jacky OTERO le 24/07/2017 07:24 | Alerter
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Dans certains cas bouger est la pire des solutions, bien sûr...

Mais la prévalence du SED est vraiment très faible, qui plus est pour certains sous groupes.

S'adapter au patient et à la réponse à nos interventions reste le pilier de notre prise en charge.

Si la douleur ne s'aggrave pas, la mobilité s'améliore dans des proportion normale (en car de SED hypermobile par exemple) et la fonction progresse = alors produire une douleur qui ne persiste pas ne doit pas poser une problème, non ?

Si au contraire elle est augmentée, persiste (au cas où elle était intermittente), voire se met à limiter les activités, alors le choix n'est pas le bon.

De même si la douleur nocturne s'installe ou s'intensifie.

7.Posté par Jacky OTERO le 25/07/2017 07:28 | Alerter
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Pour en savoir plus sur SED = www.jim.fr/medecin/fmc/mise_au_point/21_rhumato/e-docs/syndromes_dehlers_danlos_entre_risques_de_sur_et_sous_diagnostic_166562/document_mise_point.phtml

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