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Enseignement

Pierres d'achoppement

Rédigé par JL E le Dimanche 5 Juin 2011



© Jeffrey Collingwood - Fotolia.com
© Jeffrey Collingwood - Fotolia.com
Il me souvient de mon premier cours d’anatomie : l’enseignante nous indiquait que celle-ci s’adressait aux éléments droits. Il m’a fallu quelques secondes d’hésitation pour comprendre que les os non rectilignes faisaient aussi partie du programme.

Je revois encore l’enseignant évoquant le fait qu’il existe toujours un grand et un petit psoas et levant les yeux au ciel quand je lui ai demandé de quel côté se situait le petit, habituellement…

Et j’en ai d’autres…

J’ai de ce fait toujours une sympathie pour les élèves se risquant aux questions idiotes devant leurs pairs, témoignant d’une perturbation de la logique et/ou de la compréhension. Ils sont les seuls à les évoquer, sûrement pas les seuls à être confrontés au problème.

En technologie « de base », les enseignants peuvent recenser des pierres d’achoppement , un peu toujours les mêmes, qui permettent de ranger l’étudiant dans la case des "comprenants" ou dans celle des "compléments d'information indispensables", voire celle des "perdus pour la cause".

Il est possible que ces défauts ne soient que partiellement corrigeables parce que faisant partie des capacités propres de l’individu (connaître sa droite de sa gauche, pouvoir prévoir 3 coups aux échecs, calculer mentalement, valser à l’envers, marcher en mâchant du chewing-gum**, avoir une bonne orthographe, le sens de l’orientation …).

Certains sont capables d’apprendre par cœur lorsque la compréhension fait définitivement défaut.

Quelques exemples :

- Savoir placer la résistance lors d’un travail excentrique
- Savoir le sens de glissement d’une articulation concave sur convexe
- Pouvoir commander un travail actif lombaire en inclinaison gauche et rotation droite sur un sujet en latéro-cubitus droit
- Pouvoir faire réaliser un travail excentrique dans une diagonale de Kabat
- Comprendre comment placer le pèse-personne lors de l’évaluation de la force statique du quadriceps, du psoas, des stabilisateurs latéraux de hanche, du deltoïde
- Comprendre qu’il existe une adduction de hanche et d’épaule dans le plan frontal strict
- Comprendre que l'on peut faire une abduction active d'épaule assis accoudé à la table
- Savoir placer les ischio-jambiers en insuffisance musculaire active
- Définir les positions maximales d’étirement et de relâchement du nerf fémoral
- Faire un hanché-résisté sujet debout à l’aide de 2 résistances manuelles
- Placer une résistance manuelle pour un travail bilatéral des dentelés antérieurs
- Sujet pied sur un tabouret, savoir commander un travail des rotateurs latéraux de hanche en excentrique - contre résistance manuelle en course interne
- …

Vous en avez sûrement d’autres, et vous savez bien qu'il s'agit toujours des mêmes.

Il pourrait être utile que nous en fassions un catalogue permettant de juger avec pertinence les qualités praticiennes de ces étudiants. Je suis preneur.
A vos plumes donc dans les commentaires.

La réponse aux questions sera réservée aux abonnés ActuKiné**

** Mais non Henri L., encore une fois, ce sont des blagounettes.

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1.Posté par Mathieu le 05/06/2011 17:39 | Alerter
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Ou comment savoir faire de la vrai kine respi sur des nourissons..alle 30% des kines savent le faire et tout le monde le fait..

2.Posté par Jean-Louis ESTRADE le 05/06/2011 19:27 | Alerter
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Je n'évoquais pas l'expertise, mais l'apprentissage. Dans le domaine que vous évoquez, il est dit par exemple qu'il faut faire cracher les patients parce que sinon, les glaires retombent dans les poumons. Il y a quelques mamans qui mettent du temps à comprendre qu'une fois dans la bouche, leur rejeton les avalent par un autre tuyau que celui de la trachée.

3.Posté par Jean MOUGEL le 06/06/2011 10:34 | Alerter
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Kineplanete
Je reste fasciné par le mouvements diadocaux.
Impossible de trouver une définition en français sur le web d'un mouvement diadocal est pourtant il existe en biomécanique française aussi.
Le théorème est pourtant clair, rappelez vous: "Deux mouvements sur deux axes respectifs entraîne automatiquement un troisième mouvement sur un troisième axe."
Je suis toujours étonné de constater que 90° de flexion + 90° d'abduction de glénohumérale la fait pivoter de la même valeur angulaire vers l'extérieur.
C'est grave doc'?

4.Posté par Jean MOUGEL le 07/06/2011 08:39 | Alerter
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Kineplanete
Il y a aussi ce gros caillou:
"Savoir évaluer les capacités sensitives d'un patient avant de démarrer toute autre étape d'un bilan en neurologie (nécessitant un contact cutané ou un recrutement proprioceptif)"
Celle-ci, on pourrait l'appeler "La pierre de Salins" (hommage à Maître Gedda, époque cancoillotte et Macvin )

5.Posté par Alain LEROY le 07/06/2011 09:52 | Alerter
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En règle générale, ces "insuffisances" d'étudiants ne sont pas rédhibitoires.
Mais, elles renseignent le formateur sur le degré de compréhension de l'étudiant. Il y a des "passages" obligés qui ont valeur de test. Le formateur doit repérer l'étudiant en "difficulté" pour ne pas le laisser partir dans une mauvaise direction. Si cela est "compensé" par l'étudiant par un apprentissage par coeur de ce qui devrait être acquis, il peut y avoir une confusion qui perdure jusque dans l'esprit du professionnel. Le rôle des formateurs est de "trier" les restitutions des étudiants pour tenter d'en repérer les incompréhension (qui ne sont d'ailleurs pas toujours chez les "mauvais" étudiants) pour les recadrer si cela est possible. A minima, le formateur peut mettre l'accent sur la difficulté rencontrée par l'étudiant et le laisser trouver par lui-même la solution. C'est encore mieux.

6.Posté par Jean MOUGEL le 07/06/2011 10:40 | Alerter
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Kineplanete
Elles sont sûrement inévitables et nécessaires à un apprentissage relié à la compréhension.
Ce sont des souvenirs inoubliables pour un étudiant car reliés à des émotions fortes (honte passagère, fou rire, étonnement...)
Excellent souvenir de l'enseignement de biochimie de la faculté de Besançon: un spectacle désopilant traitant de mitochondries, de cycle de Kreps, de protéines navettes, d'ATP et ADP...
Nous étions nombreux à ne pas avoir grand chose à réviser avant le concours sur cette partie du programme de bioch' (contre-productif dans l'objectif de sélection des "meilleurs apprenants" ???)

7.Posté par Chimel Fudour le 08/06/2011 09:55 | Alerter
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Aspects intéressants, JLE ! Tant sur le plan de la pratique que sur le plan théorique. Pour le premier, essaie, bras tendu et main fixe (par ex. pouce au zénith) de faire pivoter ton coude en prono-supination : c’est facile en chaîne fermée et difficile en chaîne ouverte (mais possible, contrairement à ce que j’ai entendu dire par un enseignant). Pour le second, il s’agit parfois d’une mauvaise source ou d’une mauvaise formulation de la part de l’enseignant : la soi-disante loi d’Euler qui dirait qu’on os supporte mieux les courbures s’il a des courbures (pourquoi le les colonnes ne sont-elles pas sinusoïdales ?), alors qu’il s’agit, en fait, seulement des contraintes dynamiques (comparer une tringle rectiligne à un ressort à boudin)… Quant aux mouvements diadochodaux (de diadokhos = qui succède, in dictionnaire de kinésithérapie et réadaptation) la formulation est fausse : faite une flexion d’épaule, puis une rotation latérale, ça ne donnera jamais une abduction ! Il faut que cela concerne les 2 plans verticaux de l’espace (sagittal et frontal) ce qui donne quelque chose qui n’est pas si paradoxal : on est obligé de passer par le plan transversal, celui des rotations (CQFD).
Il est souvent utile de faire passer l’étudiant par ces chausse-trappes, c’est amusant et ça excite le savoir, sans parler des mythes ou affirmations fausses (style : on doit commencer un massage par un effleurage, il ne faut jamais mettre le malade en échec, etc).

8.Posté par Lanain RELOY le 08/06/2011 12:15 | Alerter
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Il serait sans doute intéressant de mettre en commun nos expériences : les petits trucs que nous avons découvert au fil du temps qui nous ont permis de faire progresser nos étudiants vers une meilleure compréhension, une meilleure analyse et une "maîtrise" plus approfondie de leur futur métier et donc un plaisir accru de l'exercice de leur profession.
Il faut s'y mettre avant de lâcher la rampe...

9.Posté par Chimel Fudour le 08/06/2011 12:56 | Alerter
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Banco ! J'avais lancé l'idée il y a pas mal d'année : pratiquement pas de réponses ou bien "c'est mon cours à moi, c'est perso"… Mais peut-être maintenant ? Chiche

10.Posté par Lanain RELOY le 08/06/2011 14:12 | Alerter
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On se fait un restau et on en discute ou bien on élargit le débat et on se fait une conférence des doyens..... d'âges ?

11.Posté par Naej-Siuol Edartse le 08/06/2011 16:00 | Alerter
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Ce n'est pas parce que Chimel Fudour évoque une capacité à faire travailler le coude en chaîne ouverte qu'il soit raisonnable pour Lanain Reloy de lâcher la rampe. Ce qui est recommandé aux seniors, c'est plutôt de s'y cramponner.

12.Posté par Chimel Fudour le 08/06/2011 18:11 | Alerter
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OK pour un restau, histoire de proner puis lever le coude (ça fait 2 plans), est-ce que diadochodialise la déglutition ?

13.Posté par Jean MOUGEL le 08/06/2011 21:23 | Alerter
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Kineplanete
Ah oui exact, j'ai encore bien achoppé sur ce coup là. (pourtant j'étais prévenu!)
C'est Mc Connail qui en parle de ces mouvements diadochodaux.
" http://books.google.fr/books?id=cjoTinpI958C&pg=PA47&lpg=PA47&dq=diadochodal&source=bl&ots=kFi12QHthb&sig=otXvHkmAx1-xubN3bPiBmpqVHYQ&hl=fr&ei=hcnvTfzZEsnJhAeo9K3ICQ&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=1&ved=0CBkQ6AEwAA#v=onepage&q=diadochodal&f=false "
Trop de chopes... t'achoppes.

14.Posté par Fred S le 11/06/2011 00:59 | Alerter
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Pour comprendre le déplacement de la ligne de gravité suivant les mouvements effectués, placer une étudiant talons et fesses collés contre un mur. Placer un billet de 50 euros à ses pieds. S'il réussit à l'attraper, en se penchant en avant et en gardant ses talons collés au mur, il gagne le billet.
La ligne de gravité devant passer par le polygone de sustentation pour que le sujet soit en équilibre et l'étudiant étant obligé de reculer le bassin en faisant une extension de cheville, normalement l'enseignant doit pouvoir sauver son bifton...sauf s'il tourne le dos

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