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Lombales

Posterior Shear Test

Rédigé par le Vendredi 29 Mai 2015

Thruster ou renforcer ?



Posterior Shear Test
Un vieil article (Fritz 2005) exhumé par une revue systématique venant de paraître (Ferrari 2015), sur les tests d’instabilité lombaire.

Descriptif du test :

Le patient est en procubitus, bras le long du corps ou pendants, tête tournée de façon confortable. Le kinésithérapeute est debout latéralement à lui. A l’aide d’un appui hypothénarien, juste en dessous du pisiforme, sur le processus épineux, le kinésithérapeute réalise une poussée progressive dorso-ventrale, perpendiculaire à la tangente de l’arc représenté par la lordose lombale, sur chaque vertèbre lombale. La force est appliquée en 1 à 2 secondes, son intensité devant permettre d’épuiser la course d’extension (grade IV de Maitland).

Valeurs obtenues :

Les réponses sont qualitatives : le praticien se prononce sur un étage qu’il juge hypomobile ou non ou bien sur un étage qu’il juge hypermobile ou non.
Une hypomobilité sur au moins un étage lombal classe le rachis comme hypomobile. Une hypermobilité sur au moins un étage lombal classe le rachis comme hypermobile.
Lorsque les amplitudes sont mesurées à l’IRM, l’extension retrouvée apparaît similaire à chaque étage mobilisé, soir de l’ordre de 3,5° ± 1,5° (Landel 2008).

Fiabilité inter-examinateurs :

Des praticiens exercés sont compétents pour estimer sur un dispositif expérimental une raideur de grandeur compatible avec la raideur d'une colonne vertébrale (Maher 1995)

La fiabilité est bonne entre 2 physiothérapeutes expérimentés auprès de 39 sujets lombalgiques pour identifier le moins mobile des segments (agrément=82.8%, kappa=0.7, mais faible pour discerner le segment le plus mobile  (kappa=0,3). (Landel 2008).

Le cumul des différentes études (avec des estimations autres que binaires) induit cependant une faible fiabilité (k = 0.27) (Ferrari 2015).

Validité comparativement à l’IRM :

Lors de la même étude (Landel 2008), il s’est avéré que les estimations des thérapeutes présentaient une concordance pauvre avec les mesures IRM (kappa quasi-nul pour le moins et le plus mobile des segments). En résumé, deux praticiens tombent volontiers d’accord sur le segment le moins mobile, difficilement d’accord sur le segment le plus mobile, mais ces estimations ne concordent pas avec les amplitudes mesurées à l’IRM.

Sensibilité et spécificité apparaissent faibles à modérées (Ferrari 2015)

Valeur prédictive du test dans un groupe de patients lombalgiques :

131 patients lombalgiques depuis une moyenne de 27 jours (avec une étendue d’un jour à plusieurs années...) ont été traités (Fritz 2005) durant un mois aléatoirement par manipulation vertébrale ou stabilisation rachidienne (renforcement musculaire).
71% ont été classés comme hypomobiles et 11,5%  comme hypermobiles. Tous ont été suivis à l’aide d’un Oswestry Disability Questionnaire.

Lorsque l’hypomobilité était présente, de meilleurs résultats, dans la proportion de 23.7% IC95% [5.1%-42.4%], s’observaient dans le traitement par manipulation vertébrale.
Il fallait traiter 2 patients hypomobiles par manipulation vertébrale pour observer une amélioration  chez l’un d’entre eux (NNT=2.1; 95% CI, 1.6-3.5).

Lorsque l’hypermobilité était présente, de meilleurs résultats, dans la proportion de 36.4% IC95% [10.3%-69.3%] s’observaient dans le traitement par stabilisation rachidienne.
Il fallait traiter un peu moins de 2 patients hypermobiles par stabilisation rachidienne pour observer une amélioration chez l’un d’entre eux (NNT=1.6; 95% CI, 1.2-10.2).

Conclusion :

La présence d’une raideur rachidienne segmentaire peut être un indicateur important dans la décision de manipuler. Son absence doit inciter le praticien à faire du renforcement musculaire chez le patient lombalgique.

Références bibliographiques :

Maher C. Adams R. A psychophysical evaluation of manual stiffness discrimination. Australian physiotherapy. Vol 41 n°3 1995. 161-7

Landel R, Kulig K, Fredericson M, Li B, Powers CM. Intertester reliability and validity of motion assessments during lumbar spine accessory motion testing. Phys Ther. 2008 Jan;88(1):43-9.

Fritz JM, Whitman JM, Childs JD. Lumbar spine segmental mobility assessment: an examination of validity for determining intervention strategies in patients with low back pain. Arch Phys Med Rehabil. 2005;86(9):1745–52. doi: 10.1016/j.apmr.2005.03.028.

Ferrari S et al. A literature review of clinical tests for lumbar instability in low back pain: validity and applicability in clinical practice. Chiropr Man Therap. 2015 Apr 8;23:14. doi: 10.1186/s12998-015-0058-7.


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