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Musculo-squelettique

Quand allons-nous faire convenablement notre métier ?

Rédigé par le Dimanche 20 Août 2017



Les sujets qui souffrent de lombalgie chronique et considèrent cette affection comme le signe d’une sérieuse pathologie deviennent plus craintifs et évitent toute activité physique, sensée aggraver leur problème.

Ils identifient «la peur de blesser un corps fragile» comme le point le plus important d’autant qu’il est majoré par des expériences douloureuses antérieures.

Des influences sociales fortes, en particulier celles des professionnels de la santé jouent sur la genèse des croyances positive et négative concernant la lombalgie.

Certains sujets pensent qu'une activité douloureuse a des conséquences dommageables pour l'intégrité structurelle du rachis, d'autres pensent qu'une activité douloureuse augmente la souffrance et / ou entraîne une perte fonctionnelle conséquence. Les deux pensées néfastes peuvent se cumuler.

Cet article décrit les expériences de 36 personnes (69% de femmes) avec une moyenne d’âge de 42 ans. La durée moyenne de leur lombalgie chronique  était de 7 ans et le score moyen sur le TSK (Tampa Scale of Kinesiophobia) était de 47/68 (une forte peur liée à la douleur a été identifiée par des scores ≥ 40 sur le TSK à 17 éléments).

Le thème principal était que le patient ne comprenait pas pour quelle raison il avait une lombalgie. Pour tous, la lombalgie apparaît comme imprévisible, incontrôlable et / ou intensément douloureuse.

Cinq thèmes sont évoqués par les auteurs :

Thème 1 : l’impossibilité de prédire, de contrôler la douleur et son intensité :

Les sujets décrivent la douleur intense comme un signal d'alerte évolutif qui impose l’arrêt de l’activité pour éviter d'endommager ou (re)-blesser leur colonne vertébrale, une détresse associée à une douleur intense.
Ils ont décrit des difficultés à prédire ce qui déclencherait leur trouble, combien de temps cela durerait et à quel point ils sont incapables de le contrôler.

«Il n'y a pas de condition définie pour que cela se produise. Je peux faire des choses aujourd'hui qui ne le déclencheront pas, demain je fais exactement les mêmes choses et cela va le déclencher».

«Parce que c’est imprévisible, c’est hors de contrôle ...»


Thème 2 : le caractère néfaste des expériences passées :

Pour trouver du sens, le sujet se remémore les expériences antérieures, ce qui n’est pas toujours sans conséquences négatives...

«Je pense que c'est de là d’où vient mon hésitation et mon anxiété ...  je ne veux pas abîmer un autre disque ... alors je suis juste prudent.»

«Je ne veux pas revivre ça»


Thème 3 : l’influence des croyances sociales :

Il y a toujours un ami, un parent, prêt à évoquer ses expériences douloureuses. Les membres de la famille, les amis et les collègues sont des sources d'information prises au sérieux par le sujet. Cela renforce la «peur du dommage» et leur incertitude quant à la façon de l'aborder:

«Je suppose que nous avons tous cette peur de la colonne vertébrale ... si je me fais mal à la colonne vertébrale, je ne vais pas être en mesure de marcher, je ne pourrai pas me mobiliser et si je suis invalide, je ne pourrait rien faire.

«Dans ma famille, j’ai grandi en entendant des histoires d'horreur sur les chirurgies du dos et comment cela rend les choses dix fois pires»


Thème 4 : l’effet délétère du corps médical :

De nombreux participants ayant consulté un professionnel de santé (PS) n'ont pas reçu de diagnostic et le manque d'explications les a laissés interrogatifs.

«Ce pourrait être mes disques, mais ils disent non, donc c'est un gros problème pour moi, je ne sais pas ce que c'est»

«Quand ils disent que ça ne se voit pas à la radio, comment pouvez-vous traiter le problème ? Comment peut-on le traiter lorsque les tests sont négatifs?»


D'autres participants ont reçu le diagnostic d'une pathologie sous-jacente.
Une mauvaise compréhension du jargon de diagnostic utilisé par les PS a conduit à l’interprétation d’une pathologie sous-jacente sérieuse. Par exemple, lorsque le PS parle de phénomènes dégénératifs, comment ne pas interpréter la «dégénérescence» comme un processus de détérioration de la colonne vertébrale ?

«Ils m'ont dit que j'avais une dégénérescence ... donc c'est une question lentement progressive qui ne fera que s'aggraver avec le temps»

Le «diagnostic» d'une pathologie sous-jacente a conduit à une confusion lorsque les participants ont constaté qu'il n'y avait aucune option pour «réparer» la pathologie sous-jacente.

Ce participant, informé que sa douleur était causée par une «dégénérescence» et qu'il n'était pas candidat à la chirurgie, a déclaré :

«Ce sont les os qui sont touchés. Vous savez qu'ils peuvent remplacer des hanches et ils ne pourraient rien faire pour la colonne vertébrale?»

De même, un sujet informé que sa lombalgie était due à des «problèmes de ligament» a déclaré:

«Pourquoi est-ce que vous entendez des histoires de footballeurs qui reprennent le sport en six mois après une entorse grave du genou et qu’on ne peut pas faire pareil sur mon dos ?»

Thème 5 : l’échec des stratégies de contrôle de la douleur :

Les sujets décrivent des consultations de PS en quête de stratégies pour contrôler leur douleur. Toutefois, ces stratégies ont une efficacité limitée:

«Il dit que je devrais faire de l’exercice en salle de gym, mais vendredi, j'ai essayé et dimanche j’étais coincé. Je n'ai pas le temps d'être en arrêt. Je dois travailler».

Référence bibliographique :

Bunzli S, Smith A, Schütze R, et al. Beliefs underlying pain-related fear and how they evolve: a qualitative investigation in people with chronic back pain and high pain-related fear. BMJ Open 2015;5:e008847. doi:10.1136/bmjopen-2015- 008847

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1.Posté par Songeons Sylvie le 23/08/2017 09:56 | Alerter
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Notre problème de kinésithérapeute est de trouver notre place informationnelle sans poser de diagnostic médical puisque nous ne y avons pas droit.
En revanche, en ce qui concerne les lombalgies chroniques ou non,étirez les psous iliaque et vous ferez des miracles.

2.Posté par Jean-Louis ESTRADE le 23/08/2017 14:37 | Alerter
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Le dernier qui faisait des miracles a été crucifié.
Cela explique pourquoi plus personne ne s'y risque de nos jours : l'assurance d'une vue imprenable sur Jérusalem n'est pas un argument suffisant.

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