ActuKine.com - Actualité de la Kinésithérapie et de la Physiothérapie
              
Exercice professionnel

Reds flags et prévalence de la fracture rachidienne dans la population des personnes âgées présentant des douleurs dorso-lombaires

Rédigé par le Jeudi 3 Mars 2016



Nomogramme de Fagan
Nomogramme de Fagan
les reds flags sont des signes cliniques qui alertent sur la possible présence d'une pathologie grave relevant d'un diagnostic médical. Leur emploi systématique dans la clinique quotidienne permet d'éviter la pratique inadaptée d'une prise en charge rééducative devant une pathologie qui n'en relève pas. Dans le domaine des douleurs lombaires, de nombreux reds flags existent pour écarter, les fractures, les tumeurs, les pathologie rhumatismales... Il existe une liste de signes cliniques à explorer de façon systématique pour garantir que le kinésithérapeute est bien dans son rôle. Ces pratiques sont incontournables pour la reconnaissance d'une consultation directe chez le kinésithérapeute (sujet qui revient régulièrement dans les discussions professionnelles).
L'étude de l'équipe néerlandaise a pour objectif d'identifier la prévalence de la présence des reds flags relatifs à une fracture dans la population âgée lombalgique. Cette étude transversale porte sur 669 individus de plus de 55 ans (moyenne 66 ans) présentant une douleur dorso-lombaire. Les reds flags principaux étudiés sont :
- l'âge
- le sexe
- un traumatisme précédent l'apparition de la douleur
- ostéoporose diagnostiquée
- l'utilisation régulière de corticoïdes dans l'année précédente
- la diminution brutale de la taille
- l'apparition d'une douleur aigüe
Au final, les valeurs diagnostiques de la présence dune fracture se répartissent de la façon suivante :
Un âge supérieur à 75 ans présente une spécificité de 0,85 IC[0,82-0,88], Un ratio de vraisemblance + de 3,1
L'utilisation prolongée de corticoÏdes une spécificité de 0,93 IC[0,91-0,95], un RV+ de 2,5
La diminution brutale de la taille : spécificité de 0,97 IC[0,95-0,98], un RV+ de 2,9
mais c'est la présence du traumatisme qui est le plus parlant avec une spécificité de 0,97 IC[0,95-0,98] et surtout un RV+ de 6,2 IC[2,8-13,5]
Le nombre de personnes avec une fracture diagnostiquée à la radio était de 33, a savoir 5% de la population totale.

Armé de ces chiffres et d'un nomogramme de Fagan, il vous sera possible d'établir avec précision la probabilité de présence d'une fracture chez les personnes de plus de 55 ans lorsqu'elle se présentera à vous avec une douleur lombaire.
Le résumé est ici :
Prevalence and “Red Flags” Regarding Specified Causes of Back Pain in Older Adults Presenting in General Practice

Notez
Cette information a été ouverte par un clic sur son titre 1893 fois


1.Posté par patrice le 09/03/2016 10:12 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Puisque personne ne pose la question, je suppose que tout le monde sait utiliser le nomogramme de Fagan et les ratios de vraisemblance.
Cependant, afin d'aider les novices en matière d'utilisation de ce graphique, voici un mode d'emploi rapide :

Vous recevez une femme de 72 ans qui vient vous voir en première intention pour que vous "remettez son dos" qui lui fait mal depuis 1 semaine
"je croyais que ça allait passer mais ça ne passe pas.
A gauche, c'est la probabilité initiale pré-test. Nous partirons ici de 5% qui est la prévalence. Votre patient avant même de l'interroger présente donc une probabilité de fracture de 5%.
Vous posez la première question : "la douleur s'est déclenchée comment ?"
"un truc bête, je suis tombé de ma chaise, je me suis accroché le pied en me levant et boum, je me suis cabanée sur le derrière, et un sacré coup"
Il s'agit donc d'un traumatisme, le test est positif, le RV+ est e 6,2
A l'aide de l'outil technologique avancé : une règle (de chez apple bien sûre) , vous tracer une ligne qui part de 5 sur la ligne de gauche et passe par 6,2 sur la ligne du milieu. Vous pouvez alors lire sur la ligne de droite que la probabilité de présenter une fracture est alors d' un peu plus de 30%. Aie !
Vous posez la deuxième question :
"Vous êtes sous traitement de corticoIdes "
"ah oui, depuis trois ans, j'ai l'estomac complètement détraqué, j'ai la maladie de trucmuche, ça me soulage bien"
le test est positif, le RV+ est de 2,5
partant de 30 sur la ligne de gauche (c'est la probabilité après le premier test), vous tracez une ligne passant par 2,5. La probabilité à droite passe alors à près de 60%, re aie !
troisième question :
"c'était comment la douleur au moment ou vous êtes tombée ?"
"c'était tellement fort que ça m'a coupé la respiration, je suis sure que je me suis démi quelque chose, et j'ai mal à un point dans le dos, c'est horrible, vous allez me remettre ça hein !"
Le test est positif, le RV+ est de 1,1 (c'est dans le texte plein)
Vous savez maintenant tracer le trait fatidique de 60 en passant par 1,1 = presque 70%

A ce stade, vous allez le choix entre continuer à interroger sur les reds flags ou prendre votre téléphone pour appeler le médecin traitant, nous vous recommandons la deuxième option.

2.Posté par Francois GAUME le 10/03/2016 15:07 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Et bien voila une façon claire et limpide d'expliquer les probabilités ! ;)

3.Posté par Francois le 11/03/2016 12:53 (depuis mobile) | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Merci pour l''explication, c''est parfait !

4.Posté par perot le 20/03/2016 18:24 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Super, ca donne envie de lire l article complet .... mais i m not an american PT ... comment y acceder autrement ?

5.Posté par Adrien Pallot le 11/05/2016 15:37 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Bonjour Patrice,

Ca fait quelques temps que je me pose des questions sur l'utilisation des RV. Connaissant votre appétence pour, entre autres, la clinimétrie, j'aimerais savoir quel est le moyen d'établir l'ordre de questionnement et/ou de réalisation des tests. En effet, si je reprends votre exemple mais inverse la première question (présence d'un traumatisme) avec la deuxième (prise de corticoïdes), on obtient une probabilité post-test de 48% (au lieu des presque 70%). Ecart assez important.

J'entends bien qu'il peut y avoir parfois un ordre établi naturellement (logique de passation des questions/tests), mais au-delà de ce cas, comment savoir quel chemin parcourir pour tomber sur une probabilité post-test la plus juste en fonction des données de précisions diagnostiques des études ?

Je suis preneur de tout éclaircissement !

6.Posté par Jean-Louis ESTRADE le 11/05/2016 23:47 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
On peut garder en mémoire qu'ils servent à donner une note à la validité d'un test, intrinsèque puisque non liée à la prévalence ? Ça vous va comme considération ?

Nouveau commentaire :

Merci d'apporter des commentaires constructifs et adaptés et de ne pas porter de propos diffamatoires ou portant atteinte à l'honneur à la profession

Exercice professionnel | Musculo-squelettique | Cardio-respiratoire | Neurologie & Neurosciences | Douleur | Posture et Equilibre | Evidence Based Practice | Domaines Spécifiques | A propos | Vidéos | Technologie de base




Inscription à la newsletter

Derniers commentaires