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Musculo-squelettique

Si ça ne fait pas de bien, au moins, ça occupe

Rédigé par JL E le Jeudi 16 Septembre 2010



  • Il y a des preuves contradictoires quant à l’efficacité de l’arthromoteur dans l’augmentation des amplitudes du genou.
  • Il est prouvé que cet arthromoteur n’a pas d’intérêt sur le long terme pour récupérer les amplitudes et la fonction du genou.
  • Il n’y a actuellement pas de preuve quant au dosage optimal de cet adjuvant.

Maintenant, son usage reste répandu dans tous les CRF... Conformisme de la pensée ? Empathie des patients ? Confort des praticiens ?

Ma grand’mère disait, si cà ne fait pas de bien, au moins, çà ne fait pas de mal. En cerise sur le gâteau d'une rééducation bien conduite, sûrement. A la place de cette rééducation ?
Une revue systématique du New Zealand Journal of Physiotherapy

Effect of continuous passive motion following total knee arthroplasty on knee range of motion and function: A systematic review. NZ Journal of Physiotherapy. 2010 March - Vol 38 No 1

Article disponible en ligne .pdf

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1.Posté par sebastien C. le 21/09/2010 20:47 | Alerter
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Appelé dans notre pays par nos patients et une partie des professionnels médicaux "kinetec" ( Marque déposée et répandue allègrement dans nos CRF...) et non arthromoteur de genou, cet outil thérapeutique peut être intéressant sur certains points que l'on se place du côté patientèle ou paramédicale, sans en abuser pour autant (...par certains kinés !!!)
Voici à mon goût une liste non exhaustive d'avantages et d'inconvénients qui permettra d'élargir nos points de vues relatifs sur le sujet et de lancer pourquoi pas un débat ou une critique.
Avantages:
-main libre pour le kiné
-reproduction parfaite du geste (amplitudes,vitesse...)
-utilisation illimitée dans le temps
-prise en charge du patient de sa douleur et de ses possibilités psychologiques et physiques...
-...
Inconvénients:
-Possibilité d'une mauvaise position de membre, de compensations lors du mouvement...
-Lecture des amplitudes faussée sur la machine (aberrant que l'on retrouve encore dans certains courriers de kiné une amplitude de genou lue sur arthromoteur et annotée !!!Professionnalisme de certains kinés ????)
-Existence d 'échauffements de douleurs ou d 'épanchements de synovie suite à une mauvaise utilsation ou excessive???La main du kiné pourrait dans certains cas "sentir" la survenue de certains problèmes
-Facilité déconcertante d'utilisation et de son exploitation dans certains établissements pour avoir les mains libres..de quoi faire???
-Le patient préfère t'il la relation patient/machine ou patient/kiné????

L'arthromoteur dont celui de genou (le plus utilisé par les professionnels ) est un excellent outil thérapeutique si il est utilisé à bon escient et de façon consciencieuse par les kinés.
A mon avis, on doit plutôt le considérer comme une aide et non comme un moyen de remplacement de nos mains.Un arthromoteur ne comprendra jamais pourquoi un genou d'un patient lambda est bloqué à une amplitude faible!Un kiné oui:grâce à ses mains, à son professionnalisme et à la recherche de l'étiologie du blocage articulaire ( oedème, brides cicatricielles contractures réflexes...)
Essayons de montrer plutôt notre sérieux, nos choix thérapeutiques dans la rééducation de genou que d'utiliser bêtement un outil (intéressant) sans réflexion kinésithérapeutique afin de libérer nos mains pour autre chose sans rapport dès fois à la kiné (!!!) et d'efficacité à ce jour peu prouvée scientifiquement.
Sebastien C.

2.Posté par Fred S le 24/09/2010 00:28 | Alerter
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Extrait des recommandations HAS sur la rééducation après arthroplastie du genou :

Efficacité de la MPC
La méta-analyse de la Cochrane Library (149) portant sur la littérature de 1966 à 2002 a
identifié 30 articles étudiant l’effet de la mobilisation passive continue (MPC). Les auteurs ont
exclu 16 études pour des problèmes de méthodologie, dont 3 que nous avions retenues
suite à notre analyse bibliographique (41,42,52). Les auteurs ont retenu 14 études (Chen
2000, Chiarello 1997, Colwell 1992, Harms 1991, Johnson 1990, Kumar 1996, Mac Donald
2000, May 1999, McInnes 1992, Montgomery 1996, Nielsen 1988, Pope 1997, Vince 1987,
Walker 1991). Neuf de ces études comparaient une kinésithérapie classique (KC) à
l’utilisation associée de MPC pendant 2 semaines (n = 286). Le groupe MPC avait une
amplitude de flexion statistiquement plus importante que le groupe témoin (+ 4,30°). De
même, les auteurs ont noté dans 6 études (n = 382) une diminution de la longueur de séjour
de 0,69 jours. Les auteurs ont conclu que la MPC associée à une KC offrait des résultats
plus bénéfiques que la KC seule à court terme. Les auteurs cependant s’interrogaient sur la
valeur clinique d’une augmentation de 4° de flexion du genou.
La méta-analyse de Lenssen et al. (151) a identifié 23 études suite à une analyse
bibliographique entre 1966 et 2002. Ils ont retenu 15 études (Chen 2000, Chiarello 1997,
Colwell 1992, Beaupré 2001, Harms et Engstrom 1991, Johnson 1990, Kumar 1996, May
1999, McInnes 1992, Montgomery 1996, Nielsen 1988, Pope 1997, Vince 1987, Walker
1991, Worland 1998). Par rapport à la précédente méta-analyse, les auteurs n’ont pas
retenu l’étude de Mac Donald, mais ont intégré 2 études rejetées par la précédente, Beaupré
et al. (42) et Worland et al. (52). Les auteurs ont confirmé les conclusions sur l’effet à court
terme de la mobilisation passive continue sur la mobilité de flexion du genou (n = 317), le
gain étant supérieur (+ 8,27°). Par contre, à long terme, 2 études (Pope 1997, Colwell 1992)
montraient un effet de la MPC sur la mobilité de flexion du genou, alors que 2 autres études
(Beaupré (42), Walker 1991) ne montraient pas d’effet de la MPC sur la mobilité de flexion
du genou avec 3 mois et 6 mois de recul. Beaupré et al. (42) ont également étudié l’évolution
du score de WOMAC et du SF-36 : il n’y avait aucune différence statistiquement significative
entre les 2 populations (n = 40 vs n = 40). Deux études (Montgomery 1996, Worland (52))
ont comparé l’effet de la MPC appliquée seule vs une kinésithérapie classique. Ils ne
trouvaient aucune différence statistiquement significative sur la mobilité de flexion du genou
avec un recul de 2 semaines, 3 mois et 6 mois.

Davies et al. (152) ont étudié un groupe témoin (n = 40) versus un groupe ayant une MPC
(n = 40) avec un recul de 6 mois. Il n’y avait pas de différence statistiquement significative en
matière de mobilité. Par contre, les auteurs ont noté un coût plus important pour le groupe
MPC.
Lenssen et al. (108) ont comparé un groupe de 20 patients ayant une MPC pendant 4
heures associée à une KC à un groupe témoin n’ayant que de la KC. Ils ont noté à J4 une
augmentation de la mobilité de la flexion du genou dans le groupe MPC (6°, différence
statistiquement non significative). Ils ont noté également une augmentation du score HSS
(MPC à 56,5 versus témoin à 44,5), une augmentation de la force (MPC à 48,2 versus
témoin à 24,2) et une diminution de la douleur à J4 (MPC à 2,6 versus témoin à 4,7). À J17,
il y avait encore une diminution statistiquement significative de la douleur (MPC à 2,3 versus
témoin à 4,5) ; il n’y avait plus de différence statistiquement significative de la force du
patient.
Huang et al. (44) ont comparé un groupe témoin de 21 patients ayant bénéficié d’une
kinésithérapie classique à une population de 23 patients avec MPC. L’étude a montré qu’il y
avait une différence statistiquement significative de la flexion du genou à court terme (J7,
J10, J14) et à long terme (3e mois, 6e mois et 1 an). Il est intéressant de noter la moyenne
basse des amplitudes de flexion en préopératoire (90°).
Lenssen et al. (153) ont comparé un groupe de patients ayant une MPC associée à une KC
pendant 17 jours à un groupe témoin n’ayant que de la KC. Ils ont proposé d’évaluer la
mobilité, le score IKS, WOMAC et la douleur du patient avec un recul de 6 et de 12
semaines postopératoires. Les résultats de cette étude permettraient d’avoir un recul à long
terme de l’effet potentiel de la MPC.
Denis et al. (39) ont comparé un groupe témoin ayant uniquement de la kinésithérapie
classique (n = 27), à un groupe ayant en plus une MPC pendant 35 minutes par jour (n = 26)
et un groupe ayant en plus une MPC pendant 2 heures par jour (n = 27). Ils ont étudié à la
sortie (J8) l’évolution du WOMAC, du TUG, de la DMS et de la mobilité de flexion. Il n’y avait
aucune différence statistiquement significative de ces paramètres avant et après quel que
soit le groupe.
Dans une élaboration de recommandation sur l’utilisation de la MPC, Thoumie et al. (154)
ont conclu à l’absence de preuve suffisante pour substituer la mobilisation passive continue
aux autres techniques de rééducation à visée mobilisatrice, mais ont reconnu qu’elle pouvait
constituer un bon adjuvant pour accélerer la récupération à court terme.

+ Modalités de la MPC
Croce et Petitdant (129) ont analysé les différents critères des procédures mises en oeuvre
pour la mobilisation passive continue du genou après arthroplastie. La MPC répond à
plusieurs questions :
* Quand débuter la MPC ? 13 auteurs sur 20 débutaient la MPC en salle de réveil, 4/20
entre J1 et J3, 2/20 à J2 et un seul article proposait de démarrer la MPC après le 3e jour
postopératoire. Les auteurs ont montré qu’une MPC trop précoce pouvait augmenter le
risque infectieux (3 auteurs sur 20) ou être à l’origine d’un retard de cicatrisation (3
auteurs sur 20).
* À quelle amplitude débuter la MPC ? La littérature a montré une hétérogénéité qui allait
de l’absence de valeur (4/20) à des amplitudes supérieures à 90°. La moyenne
semblerait se situer entre 0 et 40°.
* Quelle est la durée quotidienne de la MPC ? Elle doit allier confort et efficacité. La
moyenne semblerait se situer entre 2 et 4 heures par jour qui peuvent être scindées en
deux fois.
Une progression de 10° par jour semblerait possible (129), le kinésithérapeute pouvant la
moduler en fonction de la tolérance du patient et des consignes chirurgicales.
La MPC est souvent arrêtée lorsqu’une flexion active de 90° est atteinte.

3.Posté par kurzawa chantal le 24/09/2010 17:14 | Alerter
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la MPC peut etre un moyen d'échauffement du travail du genou qui contribue à la mise en confiance du patient car le rythme ,la vitesse sont établis en collaboration avec lui et par ce biais le resitue acteur de son traitement. Mais elle ne dispense en aucun cas de la rééducation active guidée par le kiné.L'évaluation de l'amplitude est de toute façon active sinon sans interèt

4.Posté par perle le 05/02/2015 11:03 (depuis mobile) | Alerter
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Ma mére c''est fait operé du genou, malgré des seances de kiné repeter le genoux ne plie pas plus de 90°. Le chirurgien lui laisse un mois avant de l''endormir et lui plier avec l''arthromoteur. A quoi doit elle s''attendre au reveille et apres? Merci

5.Posté par dengeo le 23/04/2016 10:17 | Alerter
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Son genou aura doublé de volume... Mais par contre la kiné sera plus efficace et son genou gagnera en amplitude.

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