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Exercice professionnel

Syndrome de conflit sous acromial : exercices supervisés ou programme à domicile : même résultat.

Rédigé par le Jeudi 1 Octobre 2015



Voila un article qui devrait faire plaisir à la court des comptes, une étude à été menée pour étudier la différences des effets d'un même traitement pratiqué dans un cabinet sous la directive d'un kinésithérapeute pour un groupe et planifié dans des exercices à faire à la maison pour le second groupe.
Au préalable chaque individu de chaque groupe a reçu une information éducative sur son syndrome, l'épaule, la douleur, et le traitement à venir.

Le traitement identique fait à base d'exercices été supervisé sur 10 séances pour le premier groupe et planifié sur également sur 10 séances pour le second, à charge de chaque individu de respecter le protocole chez lui. Si la totalité du groupe supervisé a suivi ses séances (et on les comprend puisqu'ils avaient des rendez vous), dans le groupe "maison", deux ont lâché au bout de deux séances, trois autres entre 4 et 6 séances et 18 ont été au bout, ce sont ceux là qui ont été évalués.
Dans les deux groupes, les résultats sont très positifs après 6 semaines, il y a un nette amélioration de la douleur et des capacités fonctionnelles, mesurées par le SPADI (Pain and Disability Index). le score (de 0 à 100) évolue de 15 et 17 points en moins, la douleur régresse dans les deux groupes d'environ deux points au bout de six semaines.
Dans les critères de jugement secondaires, aucune différence non plus dans les activités physique, le travail ou les amplitudes articulaires. Le seul critère favorable aux exercices supervisés est dans les tests cliniques d'épaule, qui sont moins positifs que dans le groupe "maison". Ce n'est peut être que le reflet de l'attachement des patients à leur kiné et leur envie de leur faire plaisir (ce n'est pas dit par les auteurs, mais ils expriment toute leur réticence quand à traduire cette différence comme un avantage clinique aux séances supervisées).
La faiblesse de cette étude réside dans l'absence de groupe témoin, qui aurait eu l'avantage d'avoir un repère sur l'évolution naturelle de la maladie qui est peut être également positive.
Le texte est accessible pleinement :
http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1836955315000533
ou encore ici :
http://www.journalofphysiotherapy.com/article/S1836-9553(15)00053-3/abstract
Au dela de l'étude, il semble que bien que dans la volonté d'économie de la santé, la recherche de qualité de soins et la prise en compte sur le terrain des études cliniques soient un bien meilleur cheval de bataille que la recherche de solutions uniquement comptables prônées par la cours des comptes, qui ne semblent pas maîtriser tous les tenant et aboutissant du problème. La disparition des séances chaleur, électro, massage comme traitement pour toute pathologie aurait sans aucun doute des effets considérables d'assainissement des deniers publiques.

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1.Posté par Jerome RIERA le 01/10/2015 17:53 | Alerter
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Toutefois le protocole d'exercices n'est pas parfaitement décrit mais certain aspects me font penser que ce n'est pas le traitement optimal recommandé pour cette de pathologie dont l’existence même est par ailleurs remis en cause. Donc réserve.

2.Posté par Patrice Piette le 01/10/2015 18:24 | Alerter
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C'est là qui manque le troisième groupe.

3.Posté par Jean-Luc NEPHTALI le 02/10/2015 00:43 | Alerter
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Si seulement on le connaissait le traitement optimal !

Le protocole est, je trouve, assez bien décrit dans la section "interventions" et repose entre autre, sur la synthèse de Kuhn en 2009.

Il semble être adapté à chaque cas, ce qui n'est pas idiot, mais qui ne doit pas être simple à décrire pour tout le monde sinon il y faudrait 50 pages. Sont précisés, les moyens (résistances élastiques), la nature des exercices (stabilisateurs scapulaires, coiffe, auto-mobilisations indolores), le nombre d'exercices par session (4 à 6), le nombre de séries par exercices (3) et le nombre de répétitions par série (30), la fréquence des sessions (2 par jour, 7/7), la durée des étirements (30 secondes) si ces derniers s'avèrent nécessaires, et enfin la durée du traitement (6 semaines). Je ne vois pas trop ce qu'il y aurait à ajouter...

Quant à l'existence anatomique d'un conflit sous acromial, même si elle est en effet débattue, les auteurs s'appuient avant tout sur les signes cliniques largement recommandés (douleur et/ou faiblesse à la rotation externe résistée coude au corps, Hawkins-Kennedy positif, arc douloureux entre 60 et 120° d'élévation active).
En l'absence de certitude sur la réalité d'une compression mécanique ("impingement"), Lori Michener aux JFK proposait d'utiliser le terme "Subacromial Pain Syndrome".

Enfin, en ce qui concerne l'absence d'un groupe témoin qui ne ferait rien, il me semble que ce n'est pas la question de l'étude qui est "comparer deux types de prise en charge sur douleur et fonction", et pas "vérifier l'efficacité de la physio sur douleur et fonction". Les auteurs le justifient dans la discussion par le fait que des études précédentes ont déjà montré la supériorité d'une intervention thérapeutique (physio, chirurgie) par rapport à un placebo dans ce type de pathologie.

Au total, une étude intéressante et un article bien fait, même s'il ne nous caresse pas dans le sens du poil, merci Patrice !

4.Posté par Jerome RIERA le 02/10/2015 11:19 | Alerter
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Merci Jean Luc pour votre commentaire,
Cependant il semble que le type d'intervention pour ce type de problème soit de vraiment cibler le contrôle moteur de la scapula tandis que les exercices de la coiffe ne semblent pas montrer de résultat intéressant. Ensuite par rapport à l'existence de cette pathologie je trouve la démarche de Jeremy Lewis de modification des symptômes intéressante mais le traitement est individualisé en fonction des éléments trouvés donc difficile de produire un protocole type

5.Posté par JLN le 02/10/2015 14:38 | Alerter
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il semble que le type d'intervention pour ce type de problème soit de vraiment cibler le contrôle moteur de la scapula


On n'en sait rien Jérôme, si c'est suffisant. Peut-être... sans doute... mais certainement pas que. Par ailleurs, solliciter et "renforcer" les muscles scapulaires doit peut-être participer au contrôle moteur de la scapula, non ? On ne demande pas à un joueur de foot ou de tennis de se préoccuper de son contrôle moteur des membres inférieurs ou supérieurs, et pourtant...

tandis que les exercices de la coiffe ne semblent pas montrer de résultat intéressant.

Ah, oui ? Comment le sait on ? Pourtant, la présente étude et bien d'autres ont montré le contraire de ce que tu prétends. Je t'invite à faire une recherche avec les auteurs, Kuhn, Holmgren, Hanratty, Marinko, Bennell, Litchfield, ... et de croiser avec les mots clés qui vont bien, j'ai pas le temps de le faire pour toi, là.

Enfin, en ce qui concerne Jeremy Lewis, la démarche du SSMP est en effet intéressante, bien pensée et séduisante... mais pour l'instant, c'est de la clinique, de la pratique. Je le laisse te répondre ligne 403 de cet article sous presse du JOSPT en accès libre :
The reliability, validity, and prognostic value of procedures such as those used with the SSMP need to be determined


On garde un oeil avisé dessus, on l'expérimente au cabinet, on s'y intéresse, on suit... comme on pourrait le faire pour l'approche "hands off" dans la douleur chronique dont nous parle souvent Yannick ici... mais ça n'a actuellement pas valeur de "preuve" au sens de l'EBP.

Bonne journée

6.Posté par Jerome RIERA le 02/10/2015 15:54 | Alerter
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Oui JLN je suis d'accord avec vous" surement pas que", il y' a beaucoup de techniques autres que le CM scapula à inclure dans le traitement, l'on peut évoquer la coiffe, mais aussi la posture en connaissance de l'influence de celle ci sur l'activité musculaire des stabilisateurs de la scapula, le fonctionnement de toute la chaîne cinétique... je possède bon nombre d'études, dont certaine des auteurs que vous citez, et il me semblait que les preuves en faveur du CM scapula étaient plus forte ou en tout cas d'inclure cette composante dans le traitement. Mes mots sont effectivement inappropriés sur l'efficacité des exos de la coiffe. Pour ce qui est du SSMP tout à fait, phase de test au cabinet :-) . L'article du JOSPT est déjà sur mon disque dur mais, je l'avoue, pas encore lu, j'ai juste vu Lewis le décrire et justifier son utilisation en conférence.
Bien Cordialement.

7.Posté par Jerome RIERA le 02/10/2015 15:58 | Alerter
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POur le SSMP evidemment aussi dans l'article de Lewis" Rotator cuff tendinopathy/subacromial impingement syndrome: is it time for a new method of assessment?." du BJSM ou il l'explique en détail.

8.Posté par Jerome RIERA le 02/10/2015 17:25 | Alerter
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Autre point JLN, toujours sur les exercices, les paramètres utilisés dans cet RCT sont justement loin d’être optimaux que ce soit sur le nombre de séries et répétitions, sur la fréquence des sessions et la progression n'est pas décrite (dsl je vous passe la revue de littérature sur la physiologie de l'exercice je n'ai pas cela sur l'ordinateur avec lequel j'écris ces mots).
Bon ok je pinaille... mais je pense que c'est tout cet ensemble de détails et l'individualisation, peut être plus compliqué à mettre en place dans le cadre d'une étude, qui font que peut être nous pouvons être plus efficace qu'un programme à domicile uniquement, mais bien sûr c'est mon avis et cela n'a pas de valeur scientifique dans la démarche EBP que nous souhaitons ;-)

9.Posté par Johann LAVALLEE le 28/10/2015 10:08 | Alerter
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Bonjour,
Je cherche des infos sur la mise en œuvre pratique du SSMP, cette démarche m'interesse beaucoup et j'aimerai la tester au cabinet !!!
Je n'ai pas trouvé d'article décrivant la technique (du moins en open access) !! Quelqu'un pourrait m'aider ?
Merci d'avance

10.Posté par Jerome RIERA le 28/10/2015 11:48 | Alerter
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http://scottsevinsky.com/pt/reference/shoulder/bjsm_rotator_cuff_tendinopathy_subacromial_impingement.pdf

11.Posté par Johann LAVALLEE le 28/10/2015 15:58 | Alerter
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Ah super !!! Merci Jérôme !! j'ai désormais ma petite lecture de ce soir !!!
Merci encore !!!

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