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Musculo-squelettique

Vraiment/toujours nécessaire de soulever une charge avec le dos bien droit ?

Rédigé par Christophe Demoulin le Mardi 13 Juin 2017

Certains affirment qu'il faut absolument garder le dos droit lorsqu'on soulève une charge....mais tout le monde n'est pas d'accord avec cela.... Et vous qu'en pensez-vous?



Que pensez-vous de cet exercice:

Voir la 12ème video du site

= Zhou Jun (58kg, China) doing Rounded Back Deadlifts


Selon vous, il s'agit d'un très mauvais exercice pour le dos qu'il faut absolument éviter ou, au contraire, il ne vous pose aucun problème et vous ne voyez pas d'inconvénient à ce que ce type d'exercice (mais p-e avec des charges un peu plus légères) soit proposé à des patients lombalgiques chroniques.

Je me réjouis de connaitre votre réponse.

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1.Posté par JL E le 14/06/2017 14:44 | Alerter
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McGill dans son bouquin Low Back Disorders (2° ed. pages 103-105) décrit une radioscopie lombaire lors de ce mouvement chez un haltérophile, qui s'est plutôt mal passée (brusque flexion observée sur un étage lombaire, contemporaine de vives douleurs) et qu'il attribue à l'absence de contrôle moteur dans cette position.

2.Posté par fabien Bonnefoy le 14/06/2017 22:15 | Alerter
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Bonjour

Cette jeune fille est une championne asiatique d'haltérophilie. Elle soulève ici environ 65Kg.
Son record à l'épaulé jeté est de 135Kg environ. IL faut donc relativiser la charge pour elle.
Cet exercice me semble effectivement intéressant pour renforcer ses extenseurs et la vitesse lente à laquelle elle travaille semble indiquer qu'elle est en controle (neuro-moteur) sur un travail excentrique léger.

Moi je vote pour si l'exercice est lent, controlé, sans charge puis avec une charge légère....

3.Posté par Bernard DELALANDE le 15/06/2017 07:27 | Alerter
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somasimple
Bonjour,
Ayant discuté avec des "coachs" américains, le mouvement n'est possible qu'avec une parfaite coordination musculaire.
La charge est toujours majoritairement soulevée avec/par les MI. Par contre Il y a un passage où la colonne lombaire passe de la flexion à l'extension : Il est certain que cette transition ne peut PAS se faire avec un quelconque gainage abdominal qui nuirait à la vitesse nécessaire pour transférer la charge. Cette nouvelle n'est pas plaisante aux amateurs de la protection lombaire par gainage.
Quand la charge est soulevée, la colonne lombaire est le plus souvent en extension.

Donc, non.

4.Posté par Alexis le 15/06/2017 10:04 | Alerter
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Ne peux t'on le considérer comme une mécanisation de la partie postérieur des disques. si c'est fait progressivement why not ?

5.Posté par Marc LECOINTE le 15/06/2017 13:29 | Alerter
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https://www.painscience.com/articles/lifting-technique-is-not-important-for-your-back.php?platform=hootsuite

6.Posté par Antho le 20/06/2017 16:12 | Alerter
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Pour moi, exercice non fonctionnel. Je considère que le rachis a "simplement" un rôle de transmission des forces et doit donc uniquement travailler en "verrouillage" de la zone. Donc je ne le donnerai pas à mes patients lombalgiques. Je serais plutôt du genre Vade Retro, Satanas ! lol

7.Posté par CHRISTOPHE CADOT-BURILLET le 20/06/2017 18:12 | Alerter
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soyons clair, e n'est pas un exercice de rééducation adapté à une phase algique
notre athlète est en bonne santé, elle est placée sur un promontoire ce qui augmente la tension postérieure, elle ne plie quasiment pas les genoux et semble travailler ses chaines post en excentrique puis concentrique, à un rythme lent propice à l'optimisation du contrôle moteur rachidien (convergence/divergence)..
ce geste ne recrute pas la force explosive des M inf propre au geste d'haltérophile, quant au travail abdominal, sans électrodes bien difficile de savoir comment il se comporte d'autant que je n'ai pas perçu le rythme respiratoire adopté
je vote POUR

8.Posté par Saint-Rapt le 20/06/2017 20:23 | Alerter
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Modeste avis mais un peu long …en 5 points :

- L’haltérophilie est au soulever de charge courante ce qu’est la conduite d’une formule 1 à la conduite d’une Twingo.
Les pieds doivent encadrer la charge courante pour réduire le bras de levier défavorable. L’haltérophile ne peut pas encadrer sa barre. De cette impossibilité va naître une longue éducation et une performance avec tous ses dangers.

- Il y a mille façons de soulever une charge courante selon le poids de la charge, sa forme, les prises possibles, le morpho-type du souleveur, etc. Ce qui est certain c’est que le dos n’est jamais droit (au sens commun de vertical) car il faut un déséquilibre de G’/ axe trans-coxo-fémoral pour déclencher l’action des « haubans » antérieurs, postérieurs, obliques…

- La jeune haltérophile chinoise ne montre sans doute pas une nouvelle façon de soulever mais s’entraîne apparemment à la plus grande coordination neuro-musculaire possible des chaines musculaires postérieures en excentrique et en concentrique. Cela rappelle les gymnastes suédois qui effectuaient de grandes flexions du tronc et des hanches avant leurs extensions. Mais eux s’exerçaient sans charge.
L’avantage - si l’enroulement du tronc est harmonieusement réparti (ce que le coach apparemment lui rappelle et ce qu’elle obtient assez bien) - c’est que les articulaires postérieures glissent doucement en divergence avec contrôle musculaire excentrique précis et maintien de l’arthroception. Même chose au niveau du contrôle des hanches. Le bras de levier des muscles courts stabilisateurs augmente alors permettant un bon contrôle au retour en convergence et en concentrique, à condition que les extenseurs de hanche aient commencé à ramener progressivement le bassin, tout cela dans une chronologie parfaite.
G’ est contrôlé chez elle par l’ajustement de la flexion des genoux (dans une autre vidéo, on voit un jeune haltérophile qui contrôle lui avec un recurvatum, ce qui annonce quelques ennuis futurs…)

- Cette grande flexion est utilisée depuis longtemps, au moins par certaines écoles d’haltérophilie, pour saisir la charge avant le réajustement en lordose étirée et stabilisée au moment du soulever. Cela pour bénéficier vraisemblablement des mêmes avantages biomécaniques que l’on peut facilement percevoir (mais demande une pratique très encadrée et difficile à enseigner systématiquement au grand public)

- Exercice dangereux par contre pour les lombalgiques ou les individus ayant des étages où divergence et convergence sont perturbées. Si récupération d’abord à ce niveau, exercice sans charge et sous contrôle strict au départ doit suffire (référence gymnastique suédoise)

9.Posté par Christophe DEMOULIN le 23/06/2017 16:26 | Alerter
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Bonjour,

merci à tous pour vos commentaires. Je pense sincèrement qu'il s'agit d'une discussion pertinente dans le cadre de la prise en charge de nos patients lombalgiques.

Deux éléments complémentaires pour alimenter cette discussion:
- la vidéo présentée illustre effectivement une haltérophile professionnelle...ce qui peut sembler une situation fort éloignée des patients qu'on pourrait prendre en charge. Néanmoins, ce type d'exercices (mais avec une charge moins élevée évidemment) est également proposé par des thérapeutes pour Mr et Mme tout le monde comme l'illustre la vidéo proposée par Luke R. Davies sur sa page facebook (voir la seconde moitié de la vidéo de gauche de son post du 15 juin): https://www.facebook.com/lukerdavieshealth/?pnref=story
Et donc, POUR ou CONTRE ce type d'exercice chez ce patient ??

- une étude récente a conclu: "The current in vivo biomechanical study does not provide evidence that spinal loads differ substantially between stoop and squat lifting." (https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26603872) ce qui va un peu à l'encontre de l'idée fréquente que les contraintes spinales sont accentuées si le port de la charge se fait avec une flexion lombaire.

Encore merci pour cette discussion passionnante.

Christophe

10.Posté par Saint-Rapt le 24/06/2017 17:42 | Alerter
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Bonjour,

A la réponse pour ou contre : en tout cas sans charge, en fin de réadaptation, avec un contrôle strict des libertés coxo-fémorales et sacro-iliaques et de l'harmonie d'enroulement et sans standardisation des consignes ( prise en compte des types morpho-statiques).

Une étude « Analysis of squat and stoop dynamic liftings : muscle forces and internal spinal loads » Babak Bazrgari, Aboulfazl Shirazi-Adl and Navid Arjmand Eur Spine J 2007 ; 16(5) : 687-699 conclut sur la plus grande sécurité du squat. A comparer avec l’ étude de Dreischarf M. Mais, sauf erreur de ma part, nous sommes encore dans l’haltérophilie.

Il faudrait d’abord définir ce qu’on entend par squat et stoop…Là encore, l’haltérophilie est le domaine de référence. Encore une fois, les charges manipulées couramment par des lombalgiques ou non sont bien différentes (caisses, cartons, enfant, etc.).

De plus, quand on soulève une caisse, c’est pour la déplacer. Il y a donc anticipation de ce déplacement, de cette trajectoire. Celle-ci est rarement verticale (sauf dans les pays où l’on porte sur la tête ou quand on porte un enfant sur ses épaules )

Il faudrait différencier davantage 2 types de squat car la définition anglo-saxonne (knee bent and back straight) est très imprécise, à tel point qu’on trouve de plus en plus souvent les nuances « semi squat » ou « mini squat ».

Squat lift (renvoie au français soulever en position accroupie avec les pieds à plat au sol - ou si difficulté avec cale sous les talons pour améliorer l’équilibre – Le squat n’est pas favorable au maintien de la lordose lombaire - plus généralement à la stabilisation du rachis - à cause de l’hyperflexion des hanches. Encore une fois, on ne peut pas placer la charge entre les pieds mais devant soi avec un bras de levier qui croit avec les dimensions de la charge . Peu de possibilités d’ajustement du tronc dans le plan antéro-postérieur(G’). Pas d’efficacité des quadriceps au départ du mouvement. 4 conditions très défavorables… Conclusion : pas étonnant que, dans l’étude, les contraintes lombaires en position squat soient plus importantes.

Le stoop lift (knee straight and back bent) est aussi imprécis car, selon les types morpho-statiques, l’enroulement va se répartir plus ou moins harmonieusement sur le rachis et la rotation du bassin et avec des déplacements de G’ différents. Au cours d’une évaluation en milieu de travail, je me souviens d’un peintre qui soulevait 2 gros pots de peinture placés de chaque côté de ses pieds en plongeant avec une grand rotation de bassin sans modifier les courbures de son rachis et en amenant progressivement G’ en arrière. Un type morpho-statique, une efficacité des extenseurs des hanches mais bien sûr des contraintes importantes à ce niveau articulaire (les lombalgiques ont bien souvent quelques soucis à ce niveau)

Le « semi-squat » ou « mini-squat » (position d’abaissement maintenant grossièrement la flexion du genou entre 30 et 90° de flexion) permet d’encadrer la charge donc de réduire son bras de levier, une efficacité quadricipitale et une meilleure possibilité d’adaptation de G’ (par décalage éventuel des pieds et ajustement du tronc) en fonction des types morpho-statiques et de caractéristiques personnelles. Laissant ainsi à chacun ses propres ajustements et les meilleures conditions pour que s’installe naturellement une « lordose étirée stable » (terminologie conseil scientifique Kiné France Prévention) - voir explication réponse précédente - qui met en tension la musculature abdominale.
Il me semble que, pour ces raisons et en oubliant la recherche haltérophilique, il faut se ranger de ce côté pour nos lombalqiques en période de réadaptation et pour les usagers que nous éduquons en prévention.

Pour ceux que cela intéresse, une petite étude d’un « niveau d’évidence » très bas mais cliniquement « validée » : « Pourquoi, fondamentalement, deux façons de soulever et transporter une charge ? » Saint-Rapt M(de) ; Bidet P. Kinésithérapie Scientifique n°407, p.15 à 20, 2001,SPEK.

Bon week-end

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