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Musculo-squelettique

Activité physique & rhumatologie : les 10 recommandations de l’EULAR

Rédigé par le Lundi 20 Août 2018



Activité physique & rhumatologie : les 10 recommandations de l’EULAR
L'activité physique régulière (AP) est de plus en plus encouragée pour les personnes atteintes de maladies rhumatismales et musculo-squelettiques, ainsi que pour la population générale.

Un groupe de travail (comprenant des rhumatologues, d'autres spécialistes médicaux et des professionnels de la santé, des représentants de patients, des méthodologistes) de 16 pays à réalisé une revue systématique afin d’élaborer des recommandations, au sein de l'EULAR.

Recommandation 1 : L’activité physique comme partie intégrante des soins habituels

Compte tenu des preuves d'efficacité, de faisabilité et de sécurité, l'AP devrait faire partie intégrante des soins standard pour les personnes atteintes de PR, PSR, coxarthrose et gonarthrose.

16 études contrôlées randomisées (ECR) ont montré que les exercices cardiovasculaires ont un effet bénéfique modéré sur la santé cardiovasculaire (évalué en VO2 max) dans les trois types de pathologies.

25 ECR ont montré que les exercices de force musculaire ont un effet bénéfique modéré sur la force musculaire chez les personnes atteintes de PR et d’arthrose des membres.

Sept ECR ont montré que les exercices combinés (exercices aérobiques ou de musculation et assouplissement) n'avaient aucun effet sur la souplesse chez les personnes atteintes de PSR ou d’arthrose des membres.

Il n'y a pas d'étude comparant l'effet des exercices d’assouplissement isolés et l'absence d'exercice.

Dans une ECR, l’effet d’un programme d’exercices neuromoteurs sur la performance neuromotrice montre un effet positif sur la PR.

Onze ECR recommandent la promotion d’une AP quotidienne.

Six ECR utilisant des livrets de conseil ont montré un faible effet bénéfique.

Les recommandations peuvent être considérées comme sûres. Aucun effet néfaste n'a été signalé, des effets plutôt bénéfiques sur l'activité de la maladie et les symptômes de l'AI.

Quarante-quatre pour cent de tous les essais cliniques randomisés inclus ont rapporté des effets indésirables (EI), parmi ceux-ci 62% n'ont décrit aucun EI et 38% ont décrit des EI mineurs tels que des douleurs articulaires ou musculaires transitoire liées à un exercice.

Recommandation 2: Responsabilité pour la promotion de l’AP

Tous les professionnels de la santé devraient être responsables de cette promotion et collaborer étroitement pour gérer efficacement les pathologies. Actuellement, elle est assurée à 75% que par les kinésithérapeutes.

Recommandation 3: Prescription de l’AP

Elle doit être effectuée par des professionnels de santé compétents en rhumatologie.

Recommandation 4: Évaluation de l'AP

Le niveau de sédentarité du patient (actif ou non actif) et le domaine de l'exercice (cardiorespiratoire, force musculaire, souplesse et neuromoteur) doivent être systématiquement évalués.

Trois ECR ont décrit le dépistage de base pour faire la distinction entre les personnes actives et les personnes non actives avant de commencer l'intervention basée sur une AP personnalisée.

Recommandation 5: Contre-indications générales et spécifiques d’une maladie

Les directives générales ou nationales disponibles définissant les C/I absolues ou relatives doivent être suivies en priorité.

Recommandation 6: Objectifs et évaluation personnalisés

Les interventions devraient être basées sur des objectifs individuels, qui devraient être régulièrement évalués.

Recommandation 7: Obstacles généraux et spécifiques à la maladie et facilitateurs

Les obstacles généraux et spécifiques à la maladie (qui ne sont pas des C/I en soi) et les facilitateurs doivent être abordés comme décrit dans 11 études.

Parmi les obstacles spécifiques à la maladie, citons le manque de connaissances sur la maladie, le manque de connaissances sur les exercices et sur les symptômes tels que la douleur, la fatigue, la raideur, la mobilité réduite, la peur des poussées ou de dommages corporels.

Les facilitateurs spécifiques aux maladies comprenaient l'impact positif de l'exercice sur les symptômes ou le contrôle de la maladie, des informations sur la maladie et l'exercice correct, l'utilisation de médicaments contre la douleur avant l'exercice, des techniques d'autorégulation.

Recommandation 8: Adaptations individuelles à l'AP après évaluation individualisée

Les adaptations à l'AP doivent être effectuées sur une évaluation individuelle complète.
Cependant, aucune preuve de la nécessité d'adaptations générales chez les personnes atteintes de PR, PSR et arthoses des membres n'a été trouvée.

Dans certaines études sur la PR, la «règle des 24 heures» a été appliquée, c’est-à-dire que l’intensité de l’exercice était réduite lorsque l’augmentation de la douleur persistait pendant plus de 24 heures.

L’adaptation recommandée est classique, par exemple ne pas tester les patients en cas d’inflammation aiguë, ne pas réaliser d’AP intenses lors d’une inflammation active.

Recommandation 9: Techniques de changement de comportement

Les thérapies comportementales devraient faire partie intégrante des interventions sur les AP, mais la meilleure reste à trouver.

Une méta-analyse de six ECR examinant les effets d'une intervention de promotion de l'AP selon les recommandations générales de l'AP et basée sur des interventions de conseil impliquant des thérapies comportemtales a montré un petit effet bénéfique sur le niveau d'AP.

Recommandation 10: types d’intervention

Aucune preuve n’est en faveur d’un mode par rapport à un autre. La balnéothérapie vaut les prestations «à sec», les exercices réalisés de façon supervisée ou individualisée sont de même portée.

Les suivis téléphoniques, les appareils (podomètre, portable), les visites à domicile, le journal de bord, les instructions sur le Web, les documents écrits et la vidéo ont été signalés.

Référence bibliographique

Rausch Osthoff AK et al. 2018 EULAR recommendations for physical activity in people with inflammatory arthritis and osteoarthritis. Ann Rheum Dis. 2018 Jul 11. pii: annrheumdis-2018-213585. doi: 10.1136/annrheumdis-2018-213585. Article en pré-publication.

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