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Cervicales

Auto-prise en charge de la cervicalgie attribuée à un fléau cervical

Rédigé par le Mercredi 22 Mars 2017

Un livret d'exercices et de conseils



Deux études récentes [1, 2] publiées dans le Lancet apportent d’importantes informations sur la prise en charge de la cervicalgie attribuée à un fléau cervical, lorsque ce trouble devient chronique (au delà de 3 mois, en deçà de 5 ans).

La dernière en date [2] conclut qu’une prise en charge conséquente n’est pas plus efficace qu’une seule séance complétée par un support téléphonique chez ces patients.

Les deux groupes disposaient du guide produit par G. Jull et M. Sterling, que vous pouvez consulter en cliquant sur sa couverture ci-joint.

La prise en charge intensive comprenait 20 séances d’une heure réparties sur douze semaines et basées sur des exercices moteurs de rééducation spécifiques, progressifs, et une approche cognitivo-comportementale ; l’approche thérapeutique correspond a ce qui doit se pratiquer aujourd’hui compte tenu des connaissances sur le sujet. Les deux premières séances pouvaient comporter de la thérapie manuelle (sans manipulation vertébrale) si le praticien les jugeait nécessaire.

L'approche minimaliste comporte la lecture du livret, une séance d'explication de 30 minutes par un physiothérapeute, la démonstration des exercices.

172 patients ont été répartis dans les deux groupes. L’étude est de qualité, avec peu de risques de biais.

Résultats :

Les différences sont quasi nulles à 14 semaines, 6 et 12 mois.

Explications avancées par Nijs [3] :

Les résultats de ces recherches peuvent s’expliquer par plusieurs facteurs.

L’un est de faible importance clinique : les perturbations du contrôle neuro-musculaire cervical se retrouvent chez ces patients simplement parce qu’un sujet se comporte différemment lorsqu’il a mal.
Il ne faut donc juste pas s'agacer sur les contractures, limitations, raideurs :  le cerveau n’a pas besoin de nociception pour modifier le contrôle des mouvements corporels ; l’anticipation de la douleur suffit.

Cela peut être traité par la réduction de la peur d’avoir mal à l’aide de l’éducation thérapeutique aux neuro-sciences de la douleur avant même le début des exercices et ceci est un point crucial du traitement parce que bon nombre de patients sont à la recherche d’une cause anatomique, d’un dommage structurel.

L’un des buts principaux de cette information à visée thérapeutique est de changer les croyances de ce patient, notamment quant à la conceptualisation de la douleur, à savoir que celle-ci n’est pas le résultat d’un dommage tissulaire (Butler, dans son ouvrage The Sensitive Nervous System, énonce en boutade que s’il y avait un moyen d’amputer la région lombaire sans risque vital, il y aurait encore des lombalgiques chroniques...)

En présence de signes d’hypersensibilité d’origine centrale, il est donc nécessaire de débuter le traitement par cette éducation, avant d’envisager une éventuelle prise en charge rééducative.

Références bibliographiques :

[1] SE Lamb, S Gates, MA Williams et al. Emergency department treatments and physiotherapy for acute whiplash: a pragmatic, two-step, randomised controlled trial. Lancet, 381 (2013), pp. 546–556

[2] Z Michaleff, CG Maher, C-WC Lin et al. Comprehensive physiotherapy exercise programme or advice for chronic whiplash (PROMISE): a pragmatic randomised controlled trial. Lancet (2014) published online April 4. http://dx.doi.org/10.1016/S0140-6736(14)60457-8

Article disponible en ligne

[3] Nijs J, Ickmans K Chronic whiplash-associated disorders: to exercise or not? Lancet. 2014 Apr 3. pii: S0140-6736(14)60130-6. doi: 10.1016/S0140-6736(14)60130-6. Article sous presse.

Article disponible en ligne

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L'interview de Chris Maher retranscrite (merci Nolwenn !)

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1.Posté par Nolwenn Poquet le 04/05/2014 01:25 | Alerter
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Cet article a eu un important impact médiatique en Australie. Vous pouvez retrouver une interview de Chris Maher sur la radio d'information ABC via ce lien : http://www.abc.net.au/radionational/programs/healthreport/whiplash-treatment-study/5415086#transcript (disponible en audio et écrit).

2.Posté par Jacky OTERO le 06/05/2014 12:22 (depuis mobile) | Alerter
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Merci pour ce petit livret très riche et qui mériterait une traduction en français.

3.Posté par Laurent ROUSSEAU le 14/05/2014 12:18 | Alerter
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LaurentR
Pas de traduction Jacky, tu sais bien que tous les kinés parlent anglais couramment...

4.Posté par Jacky OTERO le 22/05/2014 06:52 (depuis mobile) | Alerter
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La traduction est en lancée, à l'initiative d'un de nos jeunes confrère : je n'en dis pas plus !

5.Posté par Poumarat Lucile le 23/02/2016 12:01 | Alerter
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Tous les kinés ne parlent pas l'anglais et surtout ne le traduisent que fort mal ceci dit, je crois à la rééducation à la condition qu'elle soit pratiquée tous les jours, donc nécessité, de débuter le traitement ré-éducatif par une éducation, avant d’envisager une éventuelle prise en charge rééducative.
LP

6.Posté par Greivmeuh le 23/03/2017 07:48 | Alerter
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Tous les kinés ne parlent pas l'anglais


Mais se réclament du niveau ingénieur...

Formidable ce petit livret ! Cette étude souligne une chose qu'on sait déjà : il faut faire bouger les fléaux cervicaux ! A ce jour, je vois ces patients 4 à 5 fois, dont 2 parce que je culpabilise encore à les lâcher avant.

Par contre, elle ne nous dit pas quand on peut leur faire du laser ou de la Tcare... :P

7.Posté par Christophe DEMOULIN le 29/03/2017 20:58 | Alerter
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Bonjour Laurent ROUSSEAU,

ce livret mériterait en effet une traduction en français...

C'est pour cette raison que j'ai pris contact avec G. Jull il y a quelques mois et qu'elle m'a autorisé à lancer la traduction du livret en français. Celle-ci est donc en cours...

Bonne soirée.

Christophe Demoulin
Université de Liège, Belgique


8.Posté par Jacky OTERO le 30/03/2017 07:11 | Alerter
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Avec un collègue nous avons déjà totalement traduit ce livret... Et mis en page.

Par contre lorsque nous avons demandé l'autorisation de le diffuser, les auteurs nous ont demandé de le refaire traduire en anglais par un anglophone de naissance !

Du coup comme nous n'avions pas ça sous le coude... On a pas diffusé, faute d'accord final de leur part.

Est ce utile de tout recommencer ?

Je devrais le retrouver facilement !

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