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Musculo-squelettique

Centralisation et préférence directionnelle : mise à jour de May… en septembre !

Rédigé par le Jeudi 20 Septembre 2018



© momius - Fotolia.com
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Nouvelle revue systématique (1) de Stephen May étudiant centralisation et préférence directionnelle chères aux McKenzistes ; il reprend donc la méthode de sa revue précédente (2) avec l’objectif de l’actualiser (couverture de 2012 à décembre 2017). La nouvelle mouture inclue 43 articles : 14 essais contrôlés randomisés/contrôlés /analyses secondaires, 15 études longitudinales, 10 études de cas et 4 études transversales. 7 articles concernent des cervicalgies, le restant des lombalgies (majoritairement non spécifiques).


Piqure de rappel avant de commencer :
- La centralisation (C) est définie comme l’abolition d’une douleur distale et vertébrale en réponse à des mouvements répétés ou des postures maintenues (3)
- La préférence directionnelle (PD) est définie comme le mouvement répété qui produit la centralisation ou une abolition/diminution des symptômes ou une augmentation de l’amplitude de mouvement limitée (3)


Prévalence de ces phénomènes : la revue précédente (36 études, N=7113) et la nouvelle (21 études, N= 5135) retrouvent une prévalence de la centralisation d’environ 40%. En revanche, la direction préférentielle aux alentours de 70% dans la revue de 2012 (5 études) chute à 26% dans revue de 2018 qui semble plus robuste (13 études). Il y a absence de C et de PD chez environ 1/3 des patients.


C et PD comme facteurs de pronostic : la revue récente confirme les résultats de celle de 2012 et montre que C et PD sont des indicateurs de pronostics favorables (8 études sur 9) mais seulement à court et moyen termes. Les preuves sont plus limitées dans le cadre des cervicalgies.


Fiabilité du processus d’évaluation de type McKenzie : une seule étude mais de haute qualité montre que la reproductibilité inter-examinateur n’est pas satisfaisante (4).


C et PD en tant que modificateurs des effets de traitement : pour les auteurs, il n’est pas possible de se prononcer vu les designs des études. Sur 10 ECR récents, la moitié ne montre pas de résultats supérieurs en faveur d’un management de type McKenzie comparativement à un groupe contrôle.


Conclusion des auteurs : en l’état actuel des connaissances, la reconnaissance clinique de la centralisation et de la PD au début de la prise en soin sont de bons indicateurs de résultats quelles que soient les stratégies de traitements employés.




Références

(1) May, S., Runge, N., Aina, A., Centralization and directional preference: An updated systematic review with synthesis of previous evidence, Musculoskeletal Science and Practice (2018), doi: https://doi.org/10.1016/j.msksp.2018.09.006.

(2) May S, Aina A. Centralization and directional preference: a systematic review. Man Ther. 2012 Dec;17(6):497-506. doi: 10.1016/j.math.2012.05.003. Epub 2012 Jun 12.

(3) McKenzie R, May S. The Lumbar Spine Mechanical Diagnosis and Therapy. Spinal Publications, New Zealand, 2003.

(4) Werneke MW, Deutscher D, Hart DL, Stratford P, Ladin J, Weinberg J, Herbowy S, Resnik L. McKenzie lumbar classification: inter-rater agreement by physical therapists with different levels of formal McKenzie postgraduate training. Spine 2014;39:E182-E190.

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1.Posté par Jacky OTERO le 23/09/2018 22:14 | Alerter
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Merci pour cette info = j'ai hâte de lire cette revue de littérature.

Ce qui me surprends le plus =
Comment peut-ont avoir 26 % de Préférences Directionnelles
Et
40 % de centralisation ?

Il y a un bug puisque la centralisation est une réponse symptomatique que l'on retrouve chez une partie des personnes ayant une Préférence Directionnelle !

On ne peut avoir moins de personnes avec une PD que de Centralisateur !

A moins que l'on ait déduit les 40 % au sous groupe ''Préférence Directionnelle ?

Ce qui ferait que l' on aurait bien au final 40 + 26% = 86 % de Dérangements (comme retrouve dans l'étude sur le sujet.en France (otero & bonnet janvier 2014 et janvier 2016, kiné la revue). Donc 86 % de PD ?

Donc 86 % des personnes qui peuvent s'ameliorer en utilisant des mouvements répétés ou des postures dans une fin d'amplitude de spécifique = Préférence Directionnelle

Bref il y a un bug quelque part.


Pour le manque de preuve à long terme = manque d'études ?

2.Posté par Jacky OTERO le 24/09/2018 05:24 | Alerter
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Pardon, erreur de ma part 😞 :
40 + 26 % = 66% de syndrome de ''dérangements '', donc de patients répondant à une Préférence Directionnelle.

Les résultats variant entre 40% (chronique et Radiculopathie) et 90 % (aigus ou au bout de plusieurs séances).

Reste le problème qu'il ne peut y avoir moins de Préférence Directionnelles que de Centralisateur.

3.Posté par yannick barde le 24/09/2018 10:33 | Alerter
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Salut Jacky. Merci pour le point soulevé. Si il y a un bug il est énorme car les chiffres sont confirmés tout au long de l'article y compris dans les calculs sur le tableau 2 de l'article. Je comprends ta remarque et pense que cela pourrait venir de l'utilisation d'une définition restrictive de la PD par May (il faut que je lise l'article de 2003 en détails). J'ai l'impression que la PD correspondrait à un seul mouvement (LE mouvement - d'ailleurs dans le texte "the repeated movement" est en italique) alors que la centralisation renverrait aux mouvements... du coup en comptabilisant, si ton patient répète plusieurs types de mouvement qui centralisent il serait compté en C et pas en PD... mais étant au milieu de mes consultations du matin et n'étant pas mckenziste je dis peut être des sottises ;) Tu as l'article ?

4.Posté par Jacky OTERO le 24/09/2018 10:59 | Alerter
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J'ai contacté MAY ce matin = il est absent donc je n'ai pas de réponse.

Ton. Hypothese est probable mais alors c'est une déformation de la façon de définir une PD.

J'attends que l'on me transmette l'article pour regarder ce qui cloche.

Si tu l'as je veux bien !

Merci

5.Posté par Jacky OTERO le 24/09/2018 11:07 | Alerter
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Finalement il vient de me répondre =
En vacance en France (Avignon)!
'' Yes we realize, I have tried to get a change from the editor''

J' attends donc des précisions et pouvoir lire l'article.

Je reviens vers vous dès que j'en sais plus.

6.Posté par yannick barde le 24/09/2018 12:28 | Alerter
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Merci de l'info - tu nous en dis plus dès que possible ;)

7.Posté par Jacky OTERO le 24/09/2018 20:10 | Alerter
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Me revoilà !

Bingo = ils distinguent 3 groupes (Centralisateurs, préférences Directionnelles et ni l'un ni l'autre + 70 personnes non classable si j'ai bien compris).

Du coup les Centralisateurs étant un sous groupe de ceux présentant une PD, le total est bien de 66 % de PD.

33 % ne présente aucune de ses caractéristiques (à l'évaluation initiale).

Par contre il est clairement démontré que les nouvelles études incluses concernent surtout des chroniques. D'où les résultats en dessous de la Revue de littérature précédente (plus d'aiguës que de chroniques).

Lors de l'analyse secondaire de l'étude Afmck 2012, en france (non publiée à ce jour), nous avons retrouver une différence significative entre chroniques et les autres, sur les 2 critères dans les même proportions.

Quand au manque de reproductibilité = une seule nouvelle étude, que nous avons déjà évoquée sur ce site (werneke 2014), à été rajoutée aux précédentes. Elle concerne uniquement des formés de niveau A à D. Aucun certifié MDT ce qui explique ce manque de reproductibilité.

Voilà pour un point rapide sur les premiers éléments posant question sur cette nouvelle revue de littérature.

Sans compter que certain articles inclus n'utilisent pas les mouvements répétés comme traitement....

8.Posté par yannick barde le 24/09/2018 21:58 | Alerter
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Salut Jacky, merci des infos. Concernant le fait que les C sont un sous groupe des PD, tu pourrais me dire où c'est explicitement dit dans le texte ? Merci. Bye !

9.Posté par Jacky OTERO le 24/09/2018 23:14 | Alerter
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Je ne suis pas certain que ce soit '' explicitement'' écrit sur cette revue mais = je vais relire.

Par contre =

- c'est comme ça que c'est utilisé dans les études incluses dans cette revue et surtout dans la précédente (voir tableau annexe) = En regardant les résultats des études sur la C et la PD ont voit le bug

- les définitions opérationnelles distinguent les sous groupes en fonction des réponses symptômatiques. (cf 4 premières ligne de l' article). La centralisation, la diminution, l'abolition des symptomes ajouté à l'amélioration des amplitudes en utilisant une direction de mouvement répétés ou des postures de fin d'amplitude sont les caractéristiques du syndrome de dérangement (un groupe homogène de patients répondant à une PD).

- la centralisation est une réponse symptomatique spécifique à l'utilisation d'une PD = c'est un sous groupe du sous groupe '' dérangements''. Pas un groupe différent. La douleur change de place chez eux avant de diminuer et abolir

- tu ne peux avoir un % de PD inférieur au % de dérangement puisque les Centralisateur ont une PD.

- la distinction vise juste à séparer ceux ayant une PD avec centralisation et une PD sans centralisation (distinction inutile qui en plus ici crée une confusion si l'on compare avec la précédente revue = PD 70 % et C 40 % donc plus de 100% si se cumule !

- donc leur résultat distinguent =
* ceux qui ont une PD sans centralisation = 26 %,
* ceux qui ont une centralisation donc une PD pour l'obtenir = 40 %
* les autres = 33 %

La réponse de May à ma question sur le sujet est explicite =
* Ma question = '' I dont undestand in the resume why you found only 26 % DP = Centralization is a part of DP so it is not possible to have more Centralizer than DP, no ?''
* sa réponse = '' Yes we realize, I have tried to get a change from the editor.''

Impossible que ce soit autrement = ils ont utilisé une définition restrictive de la PD en excluant les Centralisateurs.

10.Posté par yannick barde le 25/09/2018 00:02 | Alerter
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PD avec ou sans C : si c'est cela c'est plus clair ;) mais ils vont avoir du boulot pour corriger ça dans le texte !

11.Posté par Jacky OTERO le 25/09/2018 07:38 | Alerter
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C'est sur !
A mon avis il va y avoir des commentaires / avis des lecteurs et une réponse des auteurs expliquant l'erreur.

Franchement c'est pas du bon boulot...
Et le pire c'est que ça va laisser des traces très longtemps.

26 au lieu de 66 c'est énorme. Et beaucoup vont prendre ça pour argent comptant 😞

12.Posté par Marie le 25/09/2018 13:24 | Alerter
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Bonjour Jacky,

effectivement je n'ai pas compris non plus pourquoi May concluait que la fiabilité était faible quelque soit le niveau de formation alors que l'étude ne porte que sur A+B vs C vs D. Tout ce qu'on peut conclure de cette étude c'est qu'avant la certification, quelque soit le niveau de formation, la fiabilité est faible. Werneke a d'ailleurs conclut son étude en disant qu'il fallait refaire la même sur les certifiés et diplômés... si May a une réponse à t'apporter sur la formulation je suis preneuse.

D'ailleurs il y a d'autres choses qui m'ont personnellement choquée dans cette revue de littérature. Si tu es en contact avec lui je suis curieuse de savoir
- pourquoi ne pas pondérer les résultats en fonction de la qualité de l'étude ? beaucoup de revues systématiques utilisent ce système et c'est vraiment plus clair pour la compréhension que dêmee p donner le moids à touêtes les études. Surtout qu'ils ont évalué la qualité des études...
- pourquoi ne pas avoir détaillé, dans la section efficacité des exercices basés sur la cen/PD
* que l'étude de Bonnet a un follow-up a 1 semaine
* que celle de Hosseinifar ne décrit pas s'ils ont sélectionné uniquement des patients ayant une PD ou non, ni s'ils se sont basés sur cette PD pour les exercices (ils parlent "d'exercices mckenzie", ce qui peut aussi vouloir dire des exercices en fin d'amplitude, sans être forcément basé sur cette méthode)
* que celle de Hagovska montre en fait une différence significative pour la diminution du tonus musculaire, pour la douleur à 1 et 3 mois, et pour la fonction à 1 mois (non maintenu à 3 mois) --> on est loin de l'absence d'effet cité dans l'article
* que celle de Loper-Diaz a évalué un groupe controle de traitement usuel = microwave thermotherapy + analgseic electotherapy + US+ étirements vs groupe expérimental = uniquement des mob en procubitus, toutes les mêmes pour tous les patients. La conclusion est que le groupe mob a démontré davantage de centralisation que l'autre groupe = ils ne se sont pas basés sur la centralisation ni la PD pour déterminer les mob
* et enfin pour celle de Moncelon, les kinés n'étaient formés que A et B (et on a vu avec l'étude de Werneke que la classification à ce stade n'est pas fiable, donc on n'est pas sûrs qu'ils aient été correctement classifiés à la base) et conclut qu'ils n'ont pu inclure que 14 patients, et qu'il en manquait 50 pour avoir une puissance suffisante, augmentant le risque de conclure à une absence d'effet quand il y en a un...

Si tu arrives à avoir une réponse sur ces points et peut me la transmettre ici ça serait sympa :)

13.Posté par Jacky OTERO le 25/09/2018 15:13 | Alerter
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Merci Marie pour tous ces détails.


franchement mon anglais est bien moins bon que le tien donc la probabilité que je puisse lui poser toutes ces question dans sa langue est ... très nulle.

De toute façon tout l'article serait à reprendre (et je me demande comment il a pu passer le comité de lecture.

Sans critiquer le travail de Bonnet et Moncelot (puisque ce sont des études faites dans le cadre de leur mémoire de fin d'année, que j'ai eu la joie de superviser et qui ont été récompensé en étant publiés), ils ne devrait pas être inclus dans cette revue de littérature.

Bref peut-être qu'il y a un moment où il faut savoir "prendre sa retraite" et laisser à d'autres le soins de prendre le suite ! Où demander un avis extérieur avant de soumettre ?

Allez on va pas lui jeter la pierre, il a tellement fait pour nous avant !


Tout ce que tu dis est juste ... mais je crois qu'il a déjà assez de monde sur le dos pour que je ne l'accable pas plus = au cas où un jour j'ai besoin de lui ;-)

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