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Incontinence et Santé de la femme

Électro-stimulation du nerf tibial postérieur et instabilité vésicale

Rédigé par le Jeudi 10 Janvier 2019



Photo de Hilary Halliwell sur Pexels.com
Photo de Hilary Halliwell sur Pexels.com
Définie par la International Continence Society (ICS) en 2002, l'hyperactivité vésicale est caractérisée par l'association de symptômes urinaires irritatifs complexes, une urgence urinaire généralement accompagnée par une fréquence des mictions et une nycturie, avec ou sans incontinence urgente, en l'absence d'infection des voies urinaires inférieures. ou d'autres maladies connexes.

Le diagnostic est posé par l'évaluation des symptômes, la présence d'une urgence urinaire, la plainte d'une envie soudaine d'uriner et la difficulté à retenir l'urine. L'examen urodynamique montre des contractions involontaires du détrusor au cours du stade de remplissage de la vessie.

Pour Amarenco, l'électrostimulation du nerf tibial postérieur donne de bons résultats pour réduire les épisodes d'incontinence et améliorer la qualité de vie des patients atteints de vessie hyperactive, mais son avis, à partir d’une étude non contrôlée non randomisée, à la population hétérogène (Parkinson, paraplégie, SEP instabilité vésicale idiopathique) n’est qu’un voeu pieux. Ce sont les modifications observées lors de l’examen urodynamique qui ont poussé d’autres auteurs à aller plus loin.

Mécanismes ?

Le mécanisme de cette stimulation par TENS n’est pas encore totalement compris.

Le nerf tibial postérieur est un nerf mixte avec des fibres motrices et sensorielles émergeant de L5 – S3, d'où proviennent certaines fibres du système nerveux parasympathique, responsables de l'innervation de la vessie.

Il provient de la région médullaire sacrée où est situé le centre neurologique de la miction.

Il active les réflexes inhibiteurs de l'afférent des nerfs pudendaux, à travers la projection de la moelle épinière, au même endroit que les projections de la vessie.

Les explications sont technico-complexes et comme toujours on s’y perd....

Il est avancé «que l'inhibition des contractions involontaires du détrusor se produit par l'activation des fibres sympathiques dans les ganglions pelvien»,

Que «l’activité électrolytique de la vessie pourrait être inhibée par la dépolarisation somatique des fibres afférentes sacrée et lombaire»,

Que «la neuromodulation se produit par une convergence de signaux, où se produit un long réflexe médullaire et la réorganisation des synapses nerveuses, qui sont activés par une voie réflexe des neurones sympathiques inhibiteurs (par l'activation de la hypogastrique) et par l’inhibition des neurones parasympathiques excitateurs (par le nerf pelvien)».

Vous avez compris ? Moi non. Toujours cette sempiternelle justification anatomo-clinique...

Procédure

La stimulation est réalisée à l'aide de deux électrodes de surface auto-adhésives. Elles  ont été placées avec le gel sur la peau de la cheville, l'électrode négative derrière la malléole médiale et l'électrode positive à 10 cm. au-dessus de l'électrode négative. La position correcte de l'électrode négative est déterminée par l’observation de l’activité rythmique du fléchisseur des orteils lors d'une stimulation délivrée à 1 hz.
Le niveau d'intensité est choisi comme étant l'intensité immédiatement inférieure au seuil déterminant la contraction motrice.
La stimulation doit être indolore et vécue comme confortable pour le patient.
La fréquence de stimulation est à 10 Hz, avec une largeur d'impulsion de 200 millisecondes en mode continu.

Posologie

Peters et al proposent 12 semaines de traitement [Peters 2010].

Validité

Cette revue de la littérature a trouvé 16 articles, dont un seul ne répondait pas aux critères d'inclusion. Elle considère que cette électro-stimulation est utile, moins invasive que d'autres traitements, bien toléré par les patients et dont l'efficacité a été démontrée dans le traitement de la vessie hyperactive.
Noter cependant que seulement un quart des études incluses ont un score PEDro supérieur à 5.

Commentaires AK

Chez les patients masculins, les enfants, les patientes en difficulté avec le traitement urogynécologique, ce peut être un plus. Le traitement peut ou doit être bilatéral ?

Références bibliographiques

Garcia MBS, Pereira JS. Electrostimulation of the posterior tibial nerve in individuals with overactive bladder: a literature review. J Phys Ther Sci. 2018 Oct;30(10):1333-1340. doi: 10.1589/jpts.30.1333.

Articles en rapport avec le sujet

Peters KM, Carrico DJ, Perez-Marrero RA, et al. : Randomized trial of percutaneous tibial nerve stimulation versus Sham efficacy in the treatment of overactive bladder syndrome: results from the SUmiT trial. J Urol, 2010, 183: 1438–1443.

Amarenco G, Ismael SS, Even-Schneider A, et al. : Urodynamic effect of acute transcutaneous posterior tibial nerve stimulation in overactive bladder. J Urol, 2003, 169: 2210–2215.

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