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Musculo-squelettique

Faire une cure thermale intensive est sans intérêt dans une lombalgie

Rédigé par le Lundi 22 Janvier 2018



Les auteurs de cette étude française ont cherché à déterminer si un programme intensif de 5 jours en station thermale et en entraînement physique était plus efficace que les soins habituels pour améliorer le taux de retour au travail à 1 an chez les patients souffrant de lombalgie subaiguë et chronique en arrêt de maladie pour 4 à 24 semaines.

Méthode

Un essai contrôlé randomisé de 12 mois. Les patients lombalgiques ont été assignés à un programme de balnéothérapie de 5 jours (2 heures / jour), d’exercices (30 minutes / jour) et d’éducation thérapeutique (45 minutes / jour) ou aux soins habituels.

Indicateurs

Le résultat principal était le pourcentage de patients retournant au travail un an après la randomisation. Les critères secondaires étaient la douleur, l'invalidité et la qualité de vie liée à la santé à 1 an et le nombre de jours de congé de maladie de 6 à 12 mois.

Résultats

Seulement 88 sur les 700 patients nécessaires pour obtenir la puissance nécessaire (12,6%) ont été inscrits : 45 dans le groupe de thérapie thermale et 43 dans le groupe de soins habituels.

À 1 an, le retour au travail était de 56,3% contre 41,9% pour le groupe témoin. L’hypothèse nulle d’égalité entre les deux pourcentages ne peut pas être rejetée : leur différence est liée aux fluctuations d’échantillonnage. Il n'y avait pas de différence significative non plus pour l'un des résultats secondaires.

Les auteurs évoquent le manque de puissance de l’étude qui empêche de se prononcer de façon plus affirmative.

Commentaire AK

Une session intensive de cure thermale sur 5 jours, nouveau concept pour redonner une image dynamique des cures ?
Pas assez de sous donnés par la Sécu pour faire ce programme sur 21 jours ?
Ça marche mieux quand on fait moins de choses plus longtemps ?

Cette étude est en tout cas un coup de canne béquille dans l’eau.

Référence bibliographique

Nguyen C et al. Intensive spa and exercise therapy program for returning to work for low back pain patients: a randomized controlled trial. Sci Rep. 2017 Dec 20;7(1):17956.

[Accès à l’article]url:http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29263353

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1.Posté par Sarah HOARAU le 23/01/2018 10:32 | Alerter
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Bonjour,

Je crois ne vous avoir jamais remercié pour le travail que vous faites (tous) sur ce site alors j'en profite pour le faire ici : merci !

Concernant cet article, le fait de ne pas pouvoir rejeter l'hypothèse nulle suffit-elle à la valider ? Je n'ai pas encore lu l'étude mais je me demande ce qui vous permet d'affirmer que la différence entre les groupes est liée aux fluctuations d'échantillonnage.

Bonne journée,

2.Posté par JL E le 23/01/2018 12:16 | Alerter
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Merci.
Dans cette étude, le retour au travail était de 56,3% pour le groupe expérimental contre 41,9% pour le groupe témoin.
Ces deux chiffres sont différents.
Sont-ils différents du fait du hasard OU du fait du hasard ET d'un facteur intrinsèque (effet thérapeutique de la cure thermale) ?
C'est le rôle de la biostatistique de répondre à cette question.

Il s'agit toujours de vérifier l'hypothèse nulle d'égalité des deux valeurs, à savoir si ces valeurs, toujours différentes du fait du tirage au sort des échantillons, sont similaires ou non.

Si ces valeurs différentes n'apparaissent pas similaires au test statistique, on peut s'autoriser à rejeter l'hypothèse nulle d'égalité et envisager une hypothèse alternative, soit par exemple énoncer que "56,3% est une valeur supérieure à 41,9 %".
Dans le cas présent, on ne peut pas rejeter cette hypothèse nulle. La cure thermale, à la vue de cette étude, n'a pas d'intérêt thérapeutique.

3.Posté par Sarah HOARAU le 23/01/2018 14:28 | Alerter
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Merci pour votre réponse.
Il me semblait qu'entre ne pas exclure le fait du hasard et affirmer le fait du hasard, il y avait un pas que les statistiques ne nous permettaient pas de franchir. C'est surtout ce qui m'a fait tilter par rapport au titre de votre article : ne pas conclure qu'il y a un effet thérapeutique et conclure qu'il n'y en a pas me semblent être deux choses différentes.

4.Posté par JL E le 23/01/2018 18:37 | Alerter
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Il y a toujours une part de hasard. Ca me fait penser aux débats avec les K1 d'Orléans. En PACES à Tours ils avaient majoritairement compris qu'on ne pouvait pas conclure lorsque l'hypothèse nulle n'était pas rejetée mais par contre conclure à une différence en faveur du traitement expérimental lorsqu'elle l'était...En gros soit le médicament est efficace ou soit il peut l'être :)))

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