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Musculo-squelettique

Faites vous manipuler régulièrement, c'est bon pour les lombaires

Rédigé par le Vendredi 13 Avril 2018



Les résultats de l'étude, presque trop beaux pour être vrai...
Les résultats de l'étude, presque trop beaux pour être vrai...
Il fut un temps où les médecins avançaient - sans preuve - que se faire manipuler régulièrement était une addiction, créait une dépendance du patient envers le thérapeute,  voire était une pratique dangereuse. Apparemment, ils avaient tort.

Cette étude un peu ancienne trouvée par hasard (merci Fabien !) est parue dans Spine.

Une copie est mise en ligne par les chiropraticiens, grands adeptes de ces pratiques. À propos : Savez-vous combien faut-il de chiropraticiens pour changer une ampoule ? **

Des chercheurs du département de rhumatologie et de réadaptation de la faculté de médecine de l'université Mansoura en Égypte ont mené une étude prospective en simple aveugle contrôlée contre placebo pour évaluer l'efficacité de la thérapie de manipulation rachidienne dans une lombalgie chronique et de déterminer l'efficacité de la pratique manipulative répétée dans le temps sur la réduction à long terme de la douleur et des déficits, après une phase initiale de traitements.

Soixante patients souffrant de lombalgie chronique non spécifique d'une durée d'au moins 6 mois ont été randomisés pour recevoir soit :

- 12 traitements de manipulation vertébrale factice sur une période d'un mois,
- 12 traitements de manipulation vertébrale sur une période d'un mois, mais aucun traitement pour les neuf mois suivants, ou
- 12 traitements sur une période d'un mois, avec une manipulation vertébrale d'entretien toutes les deux semaines pendant les neuf mois suivants.

Les auteurs, pour déterminer toute différence entre les diverses prises en charge thérapies, ont mesuré les scores de douleur et d'incapacité, l'état de santé et la satisfaction du patient au début de l’étude, à 1 mois, 4 mois, 7 mois et 10 mois d'intervalle.

La technique

La technique de manipulation est réalisée avec le patient en décubitus dorsal. Le côté à manipuler en premier sera le côté le plus symptomatique sur la base de la plainte du patient suivie de la manipulation du côté opposé.

Si le patient ne peut pas spécifier un côté plus symptomatique, le thérapeute peut choisir l'un ou l'autre côté pour la manipulation.

Le thérapeute se tient du côté opposé à celui devant être manipulé. Le patient est passivement déplacé en inclinaison latérale vers le côté à manipuler (qui va être impacté). Le patient verrouille les doigts derrière sa tête.

Le thérapeute fait tourner le patient passivement, puis envoie une poussée rapide sur l'épine iliaque antéro-supérieure dans une direction postérieure et inférieure.

Si un bruit articulaire se produit, la manipulation vertébrale est terminée. Si aucun bruit ne se produit, le patient sera repositionné et la manipulation sera à nouveau tentée, d’un côté comme de l’autre (un maximum de deux tentatives par côté est autorisé).

La manipulation vertébrale factice

Il s’agissait de techniques avec des forces d’ampleur réduite, visant délibérément à éviter les zones rachidiennes à traiter et à fournir une probabilité minimale d'effet thérapeutique.

Résultats

Les patients des deuxième et troisième groupes ont présenté des scores de douleur et d'incapacité significativement plus faibles que ceux du premier groupe à la fin de la période d'un mois (p = 0,0027 et 0,0029 respectivement).

Cependant, seul le troisième groupe, qui a reçu des manipulations rachidiennes au cours de la période de suivi a montré une plus grande amélioration des scores de douleur et d'incapacité à l'évaluation de 10 mois.

Dans le groupe manipulation vertébrale sans séances d’entretien cependant, les scores moyens de douleur et d'incapacité se sont rapprochés de leur niveau de prétraitement.

Après 1 mois, les cohortes de patients manipulés, suivis ou non, ont montré une amélioration significative de la flexion et de la flexion rachidiennes et, après 10 mois, la cohorte manipulation vertébrale + suivi a montré des améliorations significatives de la flexion et de l’inclinaison latérale lombaire ainsi que de la satisfaction globale du patient.

CommentaireS AK

1°- C’est l’inénarable technique Chicago, avec le protocole surprenant proposé par Childs en 2004 qui est utilisée !
Au niveau diagnostic comme thérapeutique, vous pouvez encore passer des années et des années à vous former en thérapie manuelle ostéopathique ou orthopédique pour atteindre ce niveau de compétences. Ou pas. En tout cas, vous ne pourrez pas dire qu’ActuKiné ne vous aura pas prévenu.

2°- Si cette étude n’est pas bidonnée (toujours garder à l’esprit que c’est toujours possible, pour toutes les études, mêmes celles publiées dans Spine...) vous pouvez désormais justifier par l’EBP le remplissage de votre carnet de rendez-vous par des lombalgiques chroniques et leur prendre 50 $ tous les 15 jours pendant 9 mois, en traitement d’entretien. Merci qui ? Merci ActuKiné !

3°- Plus sérieusement, rappeler régulièrement au cerveau que la région lombaire peut être brutalisée sans douleur, donc que son appareil locomoteur est solide n’est pas idiot. Tous les enseignants savent que «la répétition fixe la notion»..

Référence bibliographique

Does maintained spinal manipulation therapy for chronic low back pain result in better long-term outcome? Spine 2011 vol 36 n°18 p 1427-1437

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1.Posté par Gonzales-Bandres Matthieu le 13/04/2018 09:36 | Alerter
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Il aurait été intéressant d'avoir un groupe contrôle ayant des exercices de mobilisation lombaire à réaliser car l'étude ne permet pas de conclure sur le véritable effecteur: manipulation passive ou mobilisation lombaire (passive vs active)

2.Posté par JLE le 13/04/2018 10:33 | Alerter
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De mémoire, plutôt un avantage en faveur de la MV versus la MP "de type" Maitland dans les lombalgies (Flynn Spine), comme les cervicalgies (Cleland Physical Therapy). Pas d'avantage décisif sur le long terme entre MV et autres thérapies à base d'exercices (Cochrane).

C'est cependant une thérapie de feignants, le praticien qui manipule rapidement sur un coin de table, le patient qui ne se prend pas en charge et vient régulièrement se faire secouer les lombaires. Aujourd'hui, on ne fait plus rien par nous même ; au lieu de faire de la cuisine on se la fait livrer, au lieu de bouger, on se fait bouger :))

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