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Musculo-squelettique

French chiropractors versus Ernst

Rédigé par le Dimanche 23 Septembre 2012



French chiropractors versus Ernst
La manipulation vertébrale cervicale est utilisée par environ 80% des chiropraticiens (ou chiropracteurs ?) australiens.
La chiropractique y est une profession de santé reconnue, puisque de l’ordre de 30% des habitants adultes de Perth y ont recours au moins une fois dans leur vie (aux USA et au Canada, plus d’un habitant sur 10 consulte chaque année et au moins une manipulation vertébrale est réalisée dans 80% des traitements).

Il est reconnu que des accidents vasculaires cérébraux, habituellement impliquant une dissection artérielle vertébrale et de façon moins fréquente, une dissection de l’artère carotide interne, puissent survenir rapidement après manipulation vertébrale cervicale.

Il semble y avoir un consensus sur le fait que cette thérapie ou d’autres mouvements du cou puisse, de façon exceptionnelle, déclencher des AVC chez des patients pré-disposés, mais le niveau d’implication de la manipulation vertébrale dans la survenue de cette pathologie reste inconnu et controversé.

Les prodromes de ces dissections vertébrales, survenant dans 80% des cas, sont non spécifiques, à type de céphalées et cervicalgies.

En conséquence, les patients installant leur dissection artérielle peuvent consulter leur chiropraticien, dont le traitement manipulatif est susceptible de ne pas améliorer le tableau clinique, à l’image d’autres mouvements ou positions de la vie quotidienne présentant une rotation et/ou une extension cervicale.

Cette revue de la littérature estime qu’il y a une absence de preuves en faveur d’une forte corrélation entre manipulation vertébrale cervicale et dissection artérielle, mais qu’il est impossible de formellement éliminer ce risque.

En conséquence, plusieurs recommandations semblent émerger :

  • Ne pas manipuler les cervicales des patients sans leur consentement,
  • Ne pas manipuler les cervicales en rotation qui semble être un mouvement plus vulnérant que la translation, notamment dans les fins d’amplitudes,
  • Faire un examen dopplérographique pré-manipulatif routinier des artères vertébrales, comme l’enseigne l’ Institut Franco-Européen de Chiropratique à ses étudiants.

 
Commentaire ActuKiné :

  • Les chiropraticiens français, récemment admis en France comme praticiens en thérapie manuelle font la preuve de leur attachement à une pratique basée sur les preuves en publiant à l’international et c’est très bien.
  • S’il est impossible de formellement éliminer le risque, il n'y a pas de preuves formelles en faveur de cette thérapie cervicale dans le traitement manuel des cervicalgies. Encore et toujours donc la même question : Pourquoi vouloir faire absolument courir un risque même exceptionnel à un patient avant que cette thérapie fasse la preuve de son efficacité ?
  • Il me semblait que la dopplérographie n’était pas un examen d’une fiabilité (comme d’une validité ?) bien élevée ?
  • Cet article est le témoignage de la vitalité et de l'utilité des relations entre chiropraticiens de différents pays. Un exemple à méditer et/ou à suivre...

 
Référence bibliographique :

M. J. Haynes, K. Vincent, C. Fischhoff, A. P. Bremner, O. Lanlo, G. J. Hankey. Assessing the risk of stroke from neck manipulation: a systematic review. International Journal of Clinical Practice. Volume 66, Issue 10, pages 940–947, October 2012

Article disponible en ligne

Merci à Luc Mesme, chiropracteur, membre du CA de l’AFC, chef de Projet, représentant AFC auprès de l’UNAPL et du FIF-PL, membre de la "Commission Chiropracteur" à l'ARS et lecteur d'ActuKiné..., de nous avoir fait part de la parution de cet article, dont la SOFEC publiera bientôt une traduction...

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1.Posté par G.Houart DC. le 23/09/2012 16:04 | Alerter
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Une étude parue au début de l'année.
On y voit l'intérêt de la manipulation vertébrale cervicale associée à des exercices et conseils donnés aux patients.

http://annals.org/article.aspx?articleid=1033256

2.Posté par Jle le 24/09/2012 07:43 | Alerter
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Ce n'est pas ce que j'y lit. Les praticiens examinent et traitent, avec succès, les cervicales et les thoraciques, indistinctement, en fonction des zones trouvées en raidies. Or, n'importe quel praticien peut rapidement s'apercevoir que les cervicales sont souvent très souples dans les cervicalgies, alors que les thoraciques...

3.Posté par G.Houart DC. le 24/09/2012 09:59 | Alerter
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Peut-être mais cela ne retire en rien le fait que la manipulation cervicale fait partie intégrante du protocole permettant une amélioration supérieur au traitement médicamenteux sur le court et long terme pour les cervicalgies.

De plus, force est de constater que les chiropracteurs de cette étude n'ont pas du tout l'air d'accord avec vous car lorsque l'on regarde les chiffres, sur les 91 sujets formant le groupe "manipulation vertébrale" 90 ont reçu une manipulation au niveau du rachis cervical et seulement 56 une manipulation au niveau du rachis thoracique.
Ici la manipulation du rachis cervical apparaît comme le traitement principale du groupe SMT et non la manipulation du rachis thoracique contrairement à ce qu'aurait pu penser n'importe quel praticien...

4.Posté par JLE le 24/09/2012 19:37 | Alerter
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Ce qui est préoccupant pour les praticiens en thérapie manuelle quelle que soit leur origine, c'est la phrase "No important differences in pain were found between SMT and HEA at any time point."
Je reste comme vous persuadé que la MV a un impact supérieur à des auto-exercices somme toute triviaux dans une cervicalgie et suis plutot déçu de la conclusion.

Si j'étais un assureur privé, je me poserais le question de la pertinence de prise en charge de ces traitements manuels...Quel rapport coût efficience ?
Nous aurions intérêt à nous interroger sur "le meilleur traitement manuel possible". Il est possible que le diable soit dans les détails...

5.Posté par JLN le 24/09/2012 22:45 | Alerter
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Bonjour,

j'ai deux questions d’ignare en manipulations vertébrales à propos de l'étude citée par Monsieur ou Madame Houart.
Je crois comprendre que le groupe SMT a bénéficié, outre des manip', de massages, d'étirements, de mobilisations passives avec oscillations, de packs de chaud et de froid.

- J'admets bien volontiers qu'on ne manipule pas les cervicales d'un patient en lui sautant dessus à pieds joints sans préparation, mais dans ces conditions, comment est il possible d'isoler l'effet de la manipulation (à haute vitesse, je suppose...) de celui, combiné, des autres techniques ?
- Le terme "Spinal Manipulation Therapy" englobe-t-il toutes ces techniques manuelles, ou ne concerne-t-il que la manipulation vertébrale proprement dite (à haute vitesse...) ?

6.Posté par S R le 24/09/2012 23:09 | Alerter
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Premiere remarque: l'étude ne compare pas les manipulations avec exercices mais les manipulations contre exercices à la maison contre médication (soit 3 groupes).

Enfin chaque profession ou spécialité pourra trouver dans chaque étude de l'eau à son moulin, ainsi les thérapeutes McKenzie se serviront de cette meme étude pour vanter les méritent des exercices spécifiques dans la cervicalgie.

Je rejoint egalement Jean-Louis sur la balance cout/bénéfice, quid d'une thérapie manuelle aussi efficace que des exercices à la maison sans médication.
Qu'est ce qui est le plus cher ?...
Se pose aussi la question de l'indépendance du patient envers son thérapeute chéri sans qui il ne pourrait passer l'été ...

Pour finir l'étude, de bonne qualité méthodologique ne met pas en insu les patients quant au traitement qu'ils recoivent ...

7.Posté par Jean-Louis ESTRADE le 25/09/2012 22:56 | Alerter
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"Pour finir l'étude, de bonne qualité méthodologique ne met pas en insu les patients quant au traitement qu'ils recoivent ... "

Là, tu es mauvais joueur...ce n'est pas vraiment la plupart du temps le cas en kiné non plus...
Ils ont été assignés à un traitement par tirage au sort.
Il ne semble pas par contre que l'étude soit en intention de traiter où alors, tous les patients assignés à la chiropractique ou aux exercices étaient en accord avec ces traitements.

8.Posté par stephan le 26/09/2012 10:52 | Alerter
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Oui l'etude est en intention de traiter et à par ce biais la l'etude est par ailleurs d'excellente qualité (si ce n'est la multiplication des criteres de jugements dans le temps non corrigée par une methode stat adequate, quid de la valeur de leur p ...)

Je te rejoint completement la grande majorite des etudes kine aussi ne previennent pas contre le biais de performance (insu des patients) et in fine contre le biais de detection (insu des examinateurs) lorsque l'on a à faire a des auto-evaluations du patient.

Mes propos relevent plus du desarroi de voir des traitements comparés à tout et n'importe quoi (cf manip cervicales vs ktape par ex) alors meme qu'ils n'on pas fait la preuve de leur superiorité face a placebo ...

9.Posté par AO le 26/09/2012 12:14 | Alerter
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C'est bien le problème des études sur les thérapies manuelles, avoir un groupe contrôle shame parfait est souvent impossible. Il est donc plus aisé de comparer 2 techniques qu'une technique et son placebo.

10.Posté par alloapathie le 02/10/2012 12:26 | Alerter
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Bjr,

J'appelle les chiropracteurs à un discours cordial et de réciprocité respectueuse ; je sais que les discussions iront dans ce sens. Je tiens à remercier particulièrement Monsieur Estrade d'avoir publié notre étude, ainsi que pour ses analyses pertinentes afin d'avancer ensemble vers une objective compréhension des mécanismes musculo-squelettiques.

Luc MESME

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