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Musculo-squelettique

La Fabrique du Lombalgique

Rédigé par JL E le Lundi 14 Mars 2011



La Fabrique du Lombalgique
Après un échauffement sur cycloergomètre, étirements des membres inférieurs et du tronc, 52 sujets sains (23 feminins, 17 masculins; âge moyen 22.4 ans, IMC de 24.3) ont été invités à réaliser des exercices dynamiques d’extension lombale sur machine MedX, illustrée par la photo de l'article, après estimation des amplitudes et de la force isométrique individuelles.

Ils ont été invités à réaliser le plus de répétitions possibles à 80% de cette RM, soit 2 secondes de phase concentrique et 4 secondes de phase excentrique. Les exercices étaient considérés comme terminés (et les muscles considérés comme fatigués) si la force isométrique possible à ce moment était diminuée de moitié par rapport à celle du test (les exercices étaient répétés dans le cas contraire).

Les topographies et chronologies des douleurs induites par l’exercice ont été recueillies à la suite.
30 participants se sont plaint majoritairement de courbatures tardives (delayed onset muscle soreness) après 24 heures, 17 les indiquant après 48 heures.

Les douleurs étaient présentent chez 18 sujets dans les cuisses et le dos. Aucun sujet ne s’est plaint de douleurs en deçà du genou.
Au bout d’une semaine, la douleur est redevenue nulle chez 45 sujets

Cette fabrique expérimentale du lombalgique ne peut certes pas prendre en compte tous les facteurs entrant en compte dans cette affection (notamment patients plus jeunes que le lombalgique moyen), mais :

- Elle mime la topographie et l’intensité des douleurs à point de départ essentiellement musculaire ( ?),

- Elle peut expliquer le manque d’intérêt du travail actif intense dans une lombalgie aiguë comme le temps relativement rapide de guérison après un premier épisode, ...

... Et faire (peut être) s'interroger les tenant de la mécanisation du traitement lombalgique, en flexion en charge particulièrement...

A quand une revue Cochrane sur "lombalgie et isocinétisme" ?

Bishop MD, Horn ME, George SZ, Robinson ME. Self-reported pain and disability outcomes from an endogenous model of muscular back pain. BMC Musculoskelet Disord. 2011 Feb 2;12:35.

Article disponible en ligne

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1.Posté par RD le 15/03/2011 08:28 | Alerter
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Suite à ce type d'exercices quand les patients ont mal aux cuisses on appelle cela des courbatures (mentionnées dans ce texte) , on sait que ce n'est ni grave ni durable, mais si les douleurs se situent dans le bas du dos ils appellent celà une lombalgie et là, ça vaut bien une étude.

Ce protocole n'aurait-il pas tout simplement évalué la durée des courbatures des muscles paralombaires suite à un effort plus important que ceux du quotidien.

Les muscles du dos, eux aussi, ont le droit d'avoir leurs propres courbatures, elles ne durent pas plus longtemps que pour les autres groupes musculaires et ne sont pas plus graves !

Il serait temps de faire la distinction entre de véritables lombalgies mécaniques (d'origine discale ou facettaire selon les orientations) et de simples courbatures !

2.Posté par Jean-Louis Estrade le 15/03/2011 10:54 | Alerter
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Les sources des lombalgies sont multiples (tout tissu innervé) les causes connues sont rares. Le muscle est, avec le DIV et les facettes articulaires, une cause possible de lombalgie. Le point d'interrogation en fin de la phrase en infra avait son importance : il traduit ma méconnaissance du sujet et ma méfiance des certitudes; inspirées de la lecture de Bogduk (Anatomie clinique du rachis lombal et sacré. Elsevier)

- Elle mime la topographie et l’intensité des douleurs à point de départ essentiellement musculaire ( ?),

3.Posté par RD le 15/03/2011 11:01 | Alerter
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Ce que je relevais ici c'est qu'on est capable de mettre en place des procédures pour évaluer les courbatures des muscles paravertebraux alors qu'on n'attache (peut-être à juste titre) que très peu d'importance aux courbatures du quadriceps par exemple ...

mais quand la courbature se rapproche de la colonne devient plus "noble" ... elle se transforme en lombalgie et mérite alors qu'on s'y intéresse ;)

4.Posté par Jean-Louis Estrade le 15/03/2011 11:38 | Alerter
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Il est indiqué que ces courbatures ne dépassent pas le genou ce qui doit différentier la lombagie de la lombo-sciatique. Mais le travail répétitif de la région lombale n'est pas sans incidence sur les muscles des cuisses. Tous les écrits sur le sujet mentionnent la nécessité de travailler les membres inférieurs dans toute lombalgie ; c'est pour cette raison que les rééducations de lombalgiques devraient être côtées en AMS9,5.

5.Posté par RD le 15/03/2011 12:33 | Alerter
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9.5 serait peut-être un peu surcoté pour prendre en charge des courbatures, non ?

d'autant qu'elles n'apparaissent que 24 à 48h après l'effort et qu'elles disparaissent "Au bout d’une semaine, la douleur est redevenue nulle chez 45 sujets".

Quelle technique kiné pourrait prétendre supprimer les douleurs de courbatures en moins de 4 jours ???

Les caisses d'assurance maladie serait-elles prêtes à prendre en charge le traitement des courbatures ... j'en doute un peu ... (mais si on l'appelle lombalgie, oui, ça passe !)

Je pense vraiment que cette étude n'apporte pas grand chose, la nature étant capable d'éliminer la douleur en 3-4 jours.

je pense aussi qu'il est nécessaire de différencier lombalgies et courbatures.
l'une évoluant sur plusieurs semaines, l'autre sur 3-4 jours sans traitement.

6.Posté par Jean-Louis Estrade le 15/03/2011 15:33 | Alerter
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Les caisses d'assurance-maladie prennent en charge, pour quelques milliers d'euro, la rééducation du lombalgique comme l'hébergement arthromotorisé des PTG fraîches, malgré l'absence de références bibliographiques validant ce type de prise en charge comparativement à la prise en charge libérale. Dans ces domaines, les référentiels existent, sont recommandés (HAS pour la PTG), mais non appliqués. Selon que vous soyez puissant ou misérable...

7.Posté par bernard delalande le 17/03/2011 07:52 | Alerter
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somasimple
Bonjour,

Encore une fois je vais certainement déplaire mais la fatigue est-elle musculaire ?

Appl Physiol Nutr Metab. 2011 Feb;36(1):23-35.
Time to move beyond a brainless exercise physiology: the evidence for complex regulation of human exercise performance.

Noakes TD.

UCT-MRC Research Unit for Exercise Science and Sports Medicine, Department of Human Biology, University of Cape Town and Sports Science Institute of South Africa, Boundary Road, Newlands, 7700, South Africa (e-mail: timothy.noakes@uct.ac.za).
Abstract

In 1923, Nobel Laureate A.V. Hill proposed that maximal exercise performance is limited by the development of anaerobiosis in the exercising skeletal muscles. Variants of this theory have dominated teaching in the exercise sciences ever since, but 90 years later there is little biological evidence to support Hill's belief, and much that disproves it. The cardinal weakness of the Hill model is that it allows no role for the brain in the regulation of exercise performance. As a result, it is unable to explain at least 6 common phenomena, including (i) differential pacing strategies for different exercise durations; (ii) the end spurt; (iii) the presence of fatigue even though homeostasis is maintained; (iv) fewer than 100% of the muscle fibers have been recruited in the exercising limbs; (v) the evidence that a range of interventions that act exclusively on the brain can modify exercise performance; and (vi) the finding that the rating of perceived exertion is a function of the relative exercise duration rather than the exercise intensity. Here I argue that the central governor model (CGM) is better able to explain these phenomena. In the CGM, exercise is seen as a behaviour that is regulated by complex systems in the central nervous system specifically to ensure that exercise terminates before there is a catastrophic biological failure. The complexity of this regulation cannot be appreciated if the body is studied as a collection of disconnected components, as is the usual approach in the modern exercise sciences.

PMID: 21326375 [PubMed - in process]

8.Posté par RD le 17/03/2011 07:58 | Alerter
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Mais non tu ne déplais pas ...
Mais tout le monde a déjà eu des courbatures après un exercice différent de ceux du quotidien ...
Est-ce que ca nécessite une étude ? ... peut-être
Est-ce que ça nécessite un traitement ? ... je ne pense pas
Est-ce qu'on doit classer des courbatures dans les lombalgies ? ... je ne crois pas

... après, que le muscle soit fatigué ou pas ... sommes nous dans la pathologie ou dans la physiologie ?

9.Posté par Manu Terrible le 18/03/2011 17:48 | Alerter
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C'est ce qu'on apelle un phénomène de protection physiologique non?

10.Posté par JCE VD le 22/03/2011 15:37 | Alerter
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Fatigue = réduction réversible de la force (phénomène normal)
Fatigabilité = fatigue liée à la charge

La fatigue périphérique peut être testée grâce à une stimulation électrique ou mécanique (dans cette étude) pour obtenir une contraction à un % prédeterminé (50-80) de la FMV, une baisse du temps de contraction = fatigabilité.

La fatigue centrale peut être testée grâce à une stimulation artificielle des nerfs moteurs (stimulation magnétique), si une baisse de force plus importante dans une population donnée est mise en évidence = fatigabilité.

11.Posté par duault le 22/03/2011 18:18 | Alerter
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l'étude est effectuée avec des patients sans lombalgies (quel lien peut il en être déduit avec des patients rentrant dans le tiroir "lombalgique" ? ).
Il n'y a pas assez d'informations sur les douleurs décrites par les patients, ce qui serait, je trouve, le point essentiel.
En gros on constate que les courbatures partent seules après une semaine de repos (ce que tout le monde sait déjà non?), mais quelle est le niveau d'activité des sujets? et que donnerait l'étude si elle était refaite 15 jours plus tard?
Pour l'interrogation sur l'intéret du travail actif en aigue, je vois pas trop quand est ce que çela a été une seule fois indiquée de toute façon.. non?

12.Posté par Jean-Louis Estrade le 22/03/2011 21:00 | Alerter
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Ce n'est que la reproduction expérimentale d'une douleur lombale d'origine musculaire. Ce ne sont pas des lombalgiques, mais des sujets sains. Il reste que des similitudes peuvent être trouvées dans les localisations de douleurs et qu'il peut être légitime de s'interroger sur cette façon de renforcer la musculature lorsqu'on s'adresse à des lombalgiques. Non ?

13.Posté par duault le 23/03/2011 18:05 | Alerter
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tout à fait d'accord sur l'intérêt de qualifier et quantifier les caractéristiques des douleurs lombaires d'origine musculaire, c'etait plutot dans la phrase "Elle peut expliquer le manque d’intérêt du travail actif intense dans une lombalgie aiguë comme le temps relativement rapide de guérison après un premier épisode" que je ne voyais pas trop le but de la démonstration.
En effet, en aigue, qui peut faire du renforcement musculaire? c'est plutot ça qui me gênait, mais j'avais mal centré mon propos..
Et de plus, c'est dommage de ne pas avoir la réalisation de la meme etude sur les memes personnes quelques jours plus tard pour observer l'intérêt de l'impact de ce travail sur les muscles rachidiens?

14.Posté par Jean-Louis Estrade le 23/03/2011 18:41 | Alerter
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Il n'y a pas si longtemps que çà que le traitement actif d'une lombalgie aiguë était proposé.

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