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Evidence Based Practice

Mobilisation en glissement postérieur de la tête humérale en décubitus

Rédigé par le Vendredi 18 Janvier 2019



Mobilisation en glissement postérieur de la tête humérale en décubitus
Objectifs

Ostéopathiquement, il est raconté qu’une tête humérale décentrée vers l’avant, avec une impression d’antéposition de la tête humérale, une résistance douloureuse à la mobilisation passive en glissement postérieur de la tête humérale, souvent conséquence d’une chute, peut s’accompagner d’une perte de flexion.
La mobilisation passive douce, sous traction dans le sens de la rétroposition de la tête humérale, privilégiant l’infra-douloureux pour obtenir le relâchement, en y consacrant la séance, doit permettre d’améliorer la flexion en fin de séance.

Procédure

Le kinésithérapeute se place dans le triangle brachio-thoracique, soutenant le poignet d'une main et contactant la face antérieure gléno-humérale avec les éminences. Il s'enroule sur lui-même, réalisant une traction du membre supérieur par le poignet. En fin de traction, il réalise une poussée ventro-dorsale répétitive sur la tête humérale.

Variante Maitland

Dans la même position, le bras à 90° et le membre supérieure en rotation médiale, le kinésithérapeute réalise une mobilisation passive Otéro-postérieure rythmique de grade III. La poussée est verticale, à la fréquence de 2 Hz, pendant une dizaine de minutes.

Validité

Je n’ai pas retrouvé de validation du concept ostéopathique de «malposition antérieure». Comme à l’acoutumée, ce sont les physiothérapeutes qui cherchent à évaluer les techniques.

Il avait été avancé [Simon 1997] que cette technique sur sujets jeunes et sains et comparativement à une technique placebo ou à l’absence de technique, provoquait une sudation plus importante de la main, attribué à un effet parasympathique (ce pourrait être simplement lié à l’appréhension du sujet ?).

Cette étude [Lluch 2018] porte sur 31 athlètes souffrant de douleurs chroniques à l'épaule.
Les effets d'une mobilisation de l'articulation scapulo-humérale durant 9 minutes ont été comparés avec des interventions avec simple contact manuel ou sans contact.

L’EVA, le seuil de douleur à la pression (PPT), la force musculaire et les déficits ont été mesurés immédiatement avant et après chaque intervention.

Aucune différence cliniquement significative n'a été trouvée entre les groupes dans aucune des variables étudiées, mais :
  • Une diminution moyenne beaucoup plus importante de l’EVA a été observée à la suite de la mobilisation passive postéro-antérieure [0.63 (0.12, 1.14); p = 0,01].
  • Le PPT au niveau de l'épaule affectée a augmenté significativement après la mobilisation passive postéro-antérieure [0.23 (-0.43, 0.02); p = 0,02] et le simple contact manuel [0,28 (-0,51, 0,04); p = 0,01].
  • La mobilisation a également augmenté le PPT au niveau d'un site distal non douloureux [0,42 (-0,85, 0,01); p = 0,04].
Aucun changement n'a été observé dans les amplitudes de l'épaule ni dans la force musculaire.

Les auteurs concluent que cette mobilisation passive Otéro-postérieure de l’épaule n’apporte cependant globalement aucun aucun effet thérapeutique supérieur à une manoeuvre simulée ou à l’absence de contact physique, tout juste une certaine capacité à moduler la douleur à l'épaule et la sensibilité à la douleur locale ou à distance, sur le court-terme.

Commentaire

Pas la technique du siècle apparemment. Prise isolément elle est sans intérêt thérapeutique, mais avec le bon discours, chez le bon patient, avec un praticien convaincu... Qui sait ?

Références bibliographiques

Lluch L, Pecos-Martín D, Domenech-García V, Herrero P, Gallego-Izquierdo T. Effects of an anteroposterior mobilization of the glenohumeral joint in overhead athletes with chronic shoulder pain: A randomized controlled trial. Musculoskelet Sci Pract. 2018 Dec;38:91-98. doi: 10.1016/j.msksp.2018.09.009.

 Simon, R., Vicenzino, B., Wright, A., 1997. The influence of an anteroposterior accessory glide of the glenohumeral joint on measures of peripheral sympathetic nervous system function in the upper limb. Man. Ther. 2 (1), 18–23.

 

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1.Posté par Jacky Otero le 27/01/2019 09:13 | Alerter
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La poussée est "postero-anterieure"?

Plutôt antero-posterieure, non ?

2.Posté par JL E le 27/01/2019 17:31 | Alerter
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Que serais-je sans toi...! Merci Jacky !

3.Posté par Arnaud Tumoine le 28/01/2019 19:36 | Alerter
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JLE :"Que serais-je sans toi...! Merci Jacky !"

Et avec un tel lapsus : " Otéro-postérieure rythmique de grade III" on se le demande !

4.Posté par Jle le 28/01/2019 23:52 | Alerter
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Le lapsus c'est quand on ne le fait pas exprès :))

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