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Incontinence et Santé de la femme

Modifications IRM & cliniques des muscles pelviens après gymnastique abdominale hypopressive de type Caufriez

Rédigé par le Samedi 14 Juillet 2018



Le renforcement des muscles du périnée peut être réalisé avec une électrode de sonde vaginale / anale permettant un biofeedback ou des stimulations électriques, des cônes vaginaux ou d'autres dispositifs de résistance.

Elle peut également être réalisée sans instrumentation, en utilisant des contractions volontaires directes (exercices de Kegel), ou des contractions indirectes avec l'activation du muscle transverse par des exercices hypopressifs.

Ce renforcement serait plus efficace sans stimulation électrique ou biofeedback qu’avec mais c’est controversé.

Une étude belge a évalué l'impact d'une période de 3 semaines d'entraînement intensif des muscles du plancher pelvien, avec ou sans instrumentation, sur les changements cliniques et observés à l’IRM des muscles pubo-rectaux et ilio-coccygiens.

Population-cible

Jeunes femmes nullipares asymptomatiques.

Méthodes

24 jeunes femmes en bonne santé ont été inscrites à l'étude et 17 ont réalisé les 9 séances d'exercices d'entraînement de 30 minutes et ont effectué toutes les évaluations.

Les participantes ont été assignées au hasard dans deux groupes d'entraînement: des contractions volontaires combinées avec des exercices hypopressifs ou des exercices de biofeedback combinés avec des stimulations électriques transvaginales.

Des évaluations IRM cliniques et pondérées en T2 ont été réalisées avant et après la prise en charge.

Indicateurs

L’évaluation clinique a été faite en position gynécologique par un kinésithérapeute expérimenté, en aveugle du groupe de la patiente, avant et après renforcement.

Plusieurs méthodes ont été utilisées :

Le périnéomètre mesurant le déplacement crânial d’une sonde vaginale lors de la contraction du périnée
Le testing du releveur (Modified Oxford Grading System)
La palpation du tonus de repos des muscles périnéaux
La qualité de l’aspiration diaphragmatique (selon Caufriez)
L’IRM (6 heures de mesures de distances périnéales diverses à chaque évaluation...)

Procédure concernant la gymnastique hypopressive

Des exercices abdominaux hypopressifs ont été enseignés aux participantes par 2 kinésithérapeutes et réalisés individuellement sous leur contrôle, en respectant la séquence de base proposée par Caufriez :

1- Une respiration lente et profonde
2- Une expiration complète
3- Une aspiration diaphragmatique (3 séries de 8 à 12 répétitions). Elle était obtenue en ouvrant les côtes, en expirant au maximum en rétractant le ventre et en libérant complètement l'air contenu dans les poumons, et en aspirant le diaphragme en agissant comme si l'on voulait «aspirer son ventre sous les côtes» et maintenir cette position en apnée pendant 20 s.
Le choix de la position debout, quadrupèdique ou allongée lors des mouvements actifs était laissé à la discrétion du kinésithérapeute.
4- Après l’aspiration diaphragmatique, une contraction périnéale volontaire était réalisée et maintenue tout au long des mouvements actifs.

Posologie

Une séance complète durait 30 min.

Validité

Comparativement à une électrostimulation intra-vaginale (Myomed 632, Enraf Nonius) de 15 minutes suivie de 15 minutes d’entrainement en biofeedback le Modified Oxford Grading System, bien qu’amélioré dans les deux groupes, semble être significativement en faveur de la méthode hypopressive.

Les volumes des muscles testés diminuent significativement à l’IRM dans les deux méthodes.

Conclusion

Une courte période intensive de renforcement des muscles du plancher pelvien induit des changements cliniques et morphologiques observables au repos suggérant une diminution du volume des ilio-coccygiens et du contenu adipeux des releveurs.

Commentaire ActuKiné

Rien n’indique qu’au moins sur sujet sain le passage par l’électrothérapie et/ou le biofeedback soit obligatoire.

Comme toujours, il manque un troisième groupe de sujets laissées sans prise en charge thérapeutique d’aucune sorte et nous sommes piégés par la multiplication des indicateurs qui font que, pour le muscle pubo-rectal droit, dans un groupe, le petit p fait un petit pet de plus, et donc, ...

Personnellement, je tire mon chapeau à ces auteurs et au temps passé pour réaliser une telle étude, qui ne se fait pas sur un coin de table.
Dont acte Mr Caufriez !

Références bibliographiques

Dierick F, Galtsova E, Lauer C, Buisseret F, Bouché AF, Martin L. Clinical and MRI changes of puborectalis and iliococcygeus after a short period of intensive pelvic floor muscles training with or without instrumentation : A prospective randomized controlled trial. Eur J Appl Physiol. 2018 Jun 13. doi: 10.1007/s00421-018-3899-7. Article sous presse

Résumé disponible en ligne

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