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Musculo-squelettique

Parfois, différer la kinésithérapie s’accompagne d’une mortalité plus élevée

Rédigé par le Mercredi 8 Août 2018

Retarder de quelques jours la kinésithérapie en post-opératoire de chirurgie de hanche majore le risque létal



Parfois, différer la kinésithérapie s’accompagne d’une mortalité plus élevée
La physiothérapie post-opératoire à la suite d'une fracture de la hanche vise à améliorer l'équilibre, la démarche et la force musculaire.

Cette étude a évalué s’il y avait une majoration du risque à différer le début de la kinésithérapie, immédiatement et dans les 3 premiers mois qui suivent la sortie.

Matériaux et méthodes

L’étude était rétrospective. Elle portait sur des patients âgés de 65 ans et plus, opérés pour une fracture de hanche entre 2011 et 2016, dans les 48 heures après leur admission à l’hôpital. Elle comparait une prise en charge en kinésithérapie à J1 postop à une prise en charge plus tardive soit de J2 à J5.

Les patients ont été opérés dès que possible sur le plan médical, en fonction des disponibilités.  

Toutes les interventions chirurgicales ont été effectuées en dehors des heures de travail, l’après-midi ou le week-end (?).

L'allocation des patients dans un groupe ou l’autre a été établie en fonction du jour de la chirurgie, car les services de kinésithérapie ne sont pas disponibles pendant les week-ends et les jours fériés alors que les interventions chirurgicales sont effectuées quotidiennement.

Les principaux indicateurs étaient la mortalité à l'hôpital ou dans l'année suivant la chirurgie.
Les indicateurs secondaires étaient les complications à l'hôpital, les hospitalisations récurrentes et les complications orthopédiques dans les trois mois.

Résultats

747 patients ont été inclus dans l'étude. 525 patients ont bénéficié d’une prise en charge à J1 et 222 d’une prise en charge différée.

Les caractéristiques démographiques des patients, leur mode de vie, leur indice de comorbidité ajusté selon l'âge, leur mobilité, leur taux d'hémoglobine et leur type d'implant étaient comparables.

La mortalité à l'hôpital était significativement plus élevée pour le groupe à kinésithérapie retardée, soit 6,8 contre 3,2% (OR 2,2, IC à 95% 1,06-4,42, valeur de p 0,034).

La mortalité sur un an, les complications à l'hôpital et le nombre moyen d'hospitalisations récurrentes à 3 mois ne différaient pas entre les groupes.

Une tendance pour plus de complications orthopédiques a été notée dans le groupe à kinésithérapie retardée (p = 0,099), et les patients de ce groupe ont été réadmis plus souvent pour des raisons liées à la chirurgie orthopédique (p = 0,031).

Conclusion

Une kinésithérapie après chirurgie de la fracture de la hanche retardée est lié à un risque accru de mortalité à l'hôpital.

Commentaire ActuKiné

Note établie à partir du seul résumé. Si vous avez accès au texte intégral, merci de me faire part de toute inexactitude ou renseignement complémentaire.

Référence bibliographique

Frenkel Rutenberg T, Vitenberg M, Haviv B, Velkes S. Timing of physiotherapy following fragility hip fracture: delays cost lives. Arch Orthop Trauma Surg. 2018 Jul 27. doi: 10.1007/s00402-018-3010-1. Article en pré-publication.

Résumé disponible en ligne

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1.Posté par Jacky OTERO le 08/08/2018 07:04 | Alerter
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