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Rien de simple – Dix Points pour comprendre les thérapies manuelles et de mouvement pour la douleur.

Rédigé par bernard delalande le Vendredi 8 Avril 2011

Dans les coulisses de SomaSimple, les modérateurs, travaillent en permanence, à régler les problèmes propres à notre profession et décident ensemble comment faire pour avancer dans notre mission de partage d'informations pertinentes et rationnelles sur la théorie et la pratique thérapeutique.

Récemment Luc Rickards a listé dix points qu'il a estimé que nous connaissions, à l'heure actuelle, sur la nature de la sensation douloureuse. Ils ont été depuis modifiés et référencés et vous le verrez dans le document ci-dessous. Nous avons eu une conversation complexe et prolixe sur chaque point, et nous attendons maintenant vos questions et commentaires. La liste suivante a été compilée avec la volonté de vous présenter succinctement les points issus de la recherche contemporaine relative à la douleur afin que vous puissiez mieux comprendre les points de vue des modérateurs et des nombreux «posteurs» réguliers de SomaSimple. La liste suivante est susceptible de changements au fur et à mesure de l'amélioration de notre compréhension.

Signé, les modérateurs (et traducteurs).
http://www.somasimple.com/forums/showthread.php?t=4944
http://www.somasimple.com/forums/showthread.php?t=4952



Rien de simple – Dix Points pour comprendre les thérapies manuelles et de mouvement pour la douleur.
1. La douleur est une expérience complexe et non une unique sensation produite par un seul stimulus.

2. La nociception (ensemble des signaux d'alerte en provenance des tissus corporels) n'est ni nécessaire ni suffisante pour engendrer la douleur. Autrement dit, la douleur peut exister même en l'absence d'atteinte des tissus.

3. Une expérience douloureuse peut aussi bien être induite/amplifiée par un danger réel que par une menace potentielle.

4.Une expérience douloureuse peut impliquer une grande diversité de composantes : sensorielle, motrice, autonome, endocrine, immune, cognitive, affective et comportementale. Son contexte et sa signification sont fondamentaux pour établir au final une éventuelle réponse la mieux adaptée.
5. Le cerveau cartographie les stimuli périphériques et centraux dans chacune de ces composantes et à plusieurs niveaux. Un stimulus thérapeutique à un seul de ces niveaux, peut suffire à résoudre le problème.

6. Les thérapies manuelles et les thérapies basées sur le mouvement peuvent avoir un impact sur les processus centraux et périphériques à différents stades de la nociception :
- Lors de sa transduction au niveau des récepteurs sensoriels périphériques
- Lors de sa transmission à travers le système nerveux périphérique
- Lors de sa transmission à travers le SNC
- Lors de son intégration et de sa modulation dans le cerveau.

7. Les thérapies dont le succès est le plus probable sont celles qui mettent l'accent sur le caractère inutile des idées et des craintes concernant l'origine et la signification de la douleur, celles qui introduisent le mouvement d'une manière non menaçante (physiologiquement et environnementalement), et/ou persuadent le cerveau que la menace a été résolue.

8. Les mécanismes de correction physiologique responsables de la résolution sont innés. Un thérapeute n'a besoin que de mettre en place un environnement approprié à leur expression.

9. La longueur des tissus, leur forme ou leur symétrie sont de mauvais indicateurs de la douleur. Les forces appliquées lors des traitements manuels habituels pour traiter la douleur n'ont généralement pas l'ampleur et la spécificité nécessaires pour générer des changements durables dans la longueur des tissus, leur forme ou leur symétrie. Là où de tels effets mécaniques sont plausibles, le rapport objectif avec la douleur est encore à établir. Les effets prédominants en thérapie manuelle doivent vraisemblablement plus résulter de réponses neurophysiologiques réflexes.

10. Le travail de la condition physique à visée fonctionnelle, analgésique ou pour favoriser la circulation générale peut se concevoir mais les points 6 et 9 demeurent essentiels.

Bibliographie

Livres :
Pain: The Science of Suffering - Patrick Wall
The Challenge of Pain - Patrick Wall, Ronald Melzack
Explain Pain - David Butler, Lorimer Moseley
The Sensitive Nervous System - David Butler
Phantoms in the Brain - V. S. Ramachandran
Topical Issues in Pain Vol's 1-5 - Louis Giffiord (ed)
The Feeling of What Happens - Antonio Damasio
Clinical Neurodynamics - Michael Shacklock
The Science and Practice of Manual Therapy - Eyal Lederman

Articles de recherche:
Melzack R. Pain and the neuromatrix in the brain. J Dental Ed. 2001;65:1378-82.
Craig AD. Pain mechanisms: Labeled lines versus convergence in central processing. Ann Rev Neurosci. 2003;26:130.
Craig AD. How do you feel? Interoception: the sense of the physiological condition of the body. Nature Rev Neurosci. 2002;3:655-66.
Henderson LA, Gandevia SC, Macefield VG. Somatotopic organization of the processing of muscle and cutaneous pain in the left and right insula cortex: A single-trial fMRI study. Pain. 2007;128:20-30.
Olausson H, Lamarre Y, Backlund H, Morin C, Wallin BG, Starck G, Ekholm S, Strigo I, Worsley K, Vallbo AB, Bushnell MC. Unmyelinated tactile afferents signal touch and project to insular cortex. Nature Neurosci. 2002;5:900–904.
Moseley GL. A pain neuromatrix approach to patients with chronic pain. Manual Ther. 2003;8:130-40.
Moseley GL. Unravelling the barriers to reconceptualisation of the problem in chronic pain: The actual and perceived ability of patients and health professionals to understand the neurophysiology. J Pain. 2003;4:184-89.
Moseley GL, Arntz A. The context of a noxious stimulus affects the pain it evokes. Pain. 2007;133(1-3):64-71.
Moseley, GL, Nicholas, MK and Hodges, PW. A randomized controlled trial of intensive neurophysiology education in chronic low back pain. Clin J Pain. 2004;20:324-30.
Crombez G, Vlaeyen JWS, Heuts PH et al. Pain-related fear is more disabling than pain itself. Evidence on the role of pain-related fear in chronic back pain disability. Pain. 1999;80:329-40.
Zusman M. Forebrain-mediated sensitization of central pain pathways: 'non-specific' pain and a new image for manual therapy. Manual Ther. 2002;7:80-88.
Dorko B. The analgesia of movement: Ideomotor activity and manual care. J Osteopathic Med. 2003;6:93-95.
Threlkeld AJ. The effects of manual therapy on connective tissue. Phys Ther. 1992;72:893-902.
Lederman E. The myth of core stability. Retrieved at: http://www.ppaonline.co.uk/
Lederman E. The fall of the postural–structural–biomechanical model in manual and physical therapies: Exemplified by lower back pain (2010)

Article soumis le 07/04/2011 et accepté le 08/04/2011

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1.Posté par Laurent Rousseau le 08/04/2011 20:01 | Alerter
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Bravo et merci Bernard de nous éclairer sur ce point essentiel, qui devrait conditionner et orienter nos pratiques quotidienne. Je n'oublie pas toute l'équipe derrière toi.

2.Posté par raslesp le 10/04/2011 16:47 | Alerter
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Bravo aux Somasimplers .Juste une petite remarque (qui se veut constructive)
"Les effets prédominants en thérapie manuelle doivent vraisemblablement plus résulter de réponses neurophysiologiques réflexes."
Le terme "réflexe" pour moi exclue une partie de ce que vous exprimé au point 6 :si c'est du réflexe on a un action qui ne "va pas" jusqu'au cortex....pourquoi ne pas simplement parler de réponses psychophysiologique" tout court?

3.Posté par raslesp le 10/04/2011 16:48 | Alerter
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oups je voulais écrire "neurophysiologiques"

4.Posté par bernard delalande le 11/04/2011 07:22 | Alerter
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somasimple
Raslesp,
1/ Le point 6 inclue les processus centraux "et" périphériques.
2/ Le point 9 indique que les effets prédominaux sont des processus neurophysiologiques reflexes, c'est à dire, autonomes.

5.Posté par raslesp le 11/04/2011 09:15 | Alerter
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Les effets de la Tm sont aussi bien périphériques que centraux .En ajoutant réflexe,on exclue certains effets qu'a la thérapie manuelle sur la représentation qu'à le patient de son corps,non?C'est juste une question de terminologie.

6.Posté par bernard delalande le 11/04/2011 09:23 | Alerter
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somasimple
Tu parles de la proprioception ?

"En physiologie, la proprioception désigne l'ensemble des récepteurs, voies et centres nerveux impliqués dans la sensibilité profonde, qui est la perception de soi-même, consciente ou non, c’est-à-dire de la position des différents membres et de leur tonus, en relation avec la situation du corps par rapport à l’intensité de l’attraction terrestre."

La proprioception n'est pas toujours affaire de conscience. la partie consciente est la partie visible de l'iceberg (pour l'individu)..

7.Posté par raslesp le 11/04/2011 09:33 | Alerter
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Oui.Il est bien entendu qu'une grande part de la proprio n'est pas consciente.Mais on est en sous cortical et en cérébelleux :ce n'est pas du "réflexe" qui pour moi est "médullaire".La TM a un action bien au delà de la moelle...pour MOI le terme réflexe n'est donc pas approprié.

8.Posté par bernard delalande le 11/04/2011 11:58 | Alerter
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somasimple
Je ne comprends toujours pas ton insistance dans la mesure où une réponse neurophysiologique réflexe n'est en aucun cas synonyme de reflexe medullaire.

9.Posté par raslesp le 11/04/2011 12:34 | Alerter
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Ok alors qu'elle est ta définition d'une réponse réflexe?

10.Posté par bernard delalande le 11/04/2011 15:02 | Alerter
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somasimple
Dans le cadre de ce document, la réponse neurophysiologique prédominante semble être réflexe et doit donc être comprise comme tous les moyens non volontaires et/ou non conscients que peut produire le SNC.
Cela peut être une réponse vasculaire, endocrine, neuro-endocrine, immunitaire, musculaire, neurale...
Il peut y avoir aussi une composante cognitive qui va parfaire cette réponse.

Encore une fois, nous ne parlons pas de reflexes médullaires (ou non) qui entrainent souvent une réponse musculaire.

11.Posté par raslesp le 11/04/2011 15:17 | Alerter
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"la réponse neurophysiologique....doit donc être comprise comme tous les moyens non volontaires et/ou non conscients que peut produire le SNC."
Le terme réflexe sous entend une réponse automatique,stéréotypée,non modulable et non influencable comme par exemple par l'attitude du thérapeute...c'est vraiment cela que vous voulez dire?

12.Posté par bernard delalande le 11/04/2011 15:51 | Alerter
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somasimple
Pas du tout et encore une fois tu me parles de réflexe alors que nous parlons de réponse neurophysiologique en grande partie autonome/réflexe.
Sans vouloir t'offenser ma définition des réflexes (telle que tu me le soumets) a changé :
http://www.c-e-p.eu/images/Reflex_medullaires.pdf
Lire la conclusion !
Et de plus, il est facile de mettre en défaut ce genre de restriction linguistique :

Un quidam claque les mains devant tes yeux :
1/ Quel est le segment médullaire en jeu ?
2/ Le SNC n'entre-t-il pas en jeu ?

Je faisais du jardinage le mois dernier, en taillant un rosier je me suis piqué à plusieurs reprises :
1/ La première fois, j'ai retiré mon bras et dit "aïe".
2/ La deuxième fois, je n'ai presque pas bougé...

"automatique, stéréotypée, non modulable et non influençable" J'en doute.

13.Posté par raslesp le 11/04/2011 16:52 | Alerter
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Ok ok, les réflexes sont en parties modulables par des influx supra segmentaires...N'empêche lorsque vous parlez de "réponses neurophysiologiques réflexes" il me semble que cela ne peut englober l'action de la Tm sur la représentation du corps que soit au niveau conscient,qu'inconscient... ou l'action du thérapeute sur le versant "cognitivo émotionnel" (par ex le placebo) ou le terme réflexe inclue tout cela?Cela voudrait dire que la définition du terme réflexe a vraiment changé!

14.Posté par bernard delalande le 11/04/2011 17:54 | Alerter
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somasimple
Pourquoi faut-il que tu exclues des phrases les mots qui sont importants ?
Nous avons proposé :
"Les effets prédominants en thérapie manuelle doivent vraisemblablement plus résulter de réponses neurophysiologiques réflexes."

Les réponses neurophysiologiques réflexes sont toujours adaptées au contexte donc modulées... Voir homéostasie.

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