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France

Un tiers d'actes inutiles ?

Rédigé par le Jeudi 18 Septembre 2014



Un article du Monde «Prescriptions : à la limite de l’overdose» se fait l’écho d’une tendance bien répandue dans le monde occidental, celle des prescriptions abusives, examens de diagnostic et de dépistage inutiles, interventions chirurgicales et traitements médicamenteux injustifiés.

Une gabegie estimée à 25 milliards de dollars par an aux USA et pointée du doigt à la HAS, qui s’intéresse à l’ampleur du phénomène en France.

Tout les praticiens le savent, tous ont en mémoire des dépistages discutables (cancers du sein ou de la prostate), dosages de la vitamine D sans intérêt démontré, échographies abdominales prescrites  sans examen clinique, IRM inutiles, opérations du canal carpien, appendicectomies, ablations de la thyroïde, chirurgie de l’obésité, opérations de hernies discales, traitement des taux élevés de cholestérol dans le sang, prescriptions abusives d’antibiotiques ou de benzodiazépines, voire des maladies créées de toutes pièces, comme les troubles sexuels des sujets âgés.
En bref, jusqu’à 30 % d’actes inutiles (l’article ne mentionne pas les séances de kinésithérapie inutiles, mais cela signifie que nous ne sommes pas concernés ?).

Un colloque anglais « Preventing Overdiagnosis »   est relayé par une équipe de médecins français le groupe Princeps,  qui, depuis trois ans, organise un colloque annuel sur la surmédicalisation à la faculté de médecine de Bobigny, dont vous pourrez prendre connaissance de leurs conclusions à l'aide du lien.

A voir les images du dernier colloque (que nous avons emprunté pour illustrer cet article), les intentions louables de ce groupe ne déplacent malheureusement pas les foules.

Pourtant, des économies de 5 à 10 milliards d’euros par an pourraient être faites selon les organisateurs, sans parler de l’amélioration du bien être et de la santé, voire du nombre de patients vivants...

La HAS était présente lors du dernier colloque, ce qui peut laisser espérer une prise en compte adulte de ces problèmes, mais les intérêts économiques sont tellement forts...

Comme toujours, les anglo-saxons ont pris conscience de l’ampleur du problème, comme la revue américaine du  JAMA créant une rubrique  « Less is more » (« En faire moins est mieux ») et  celle britannique du BMJ avec une série « Too much medicine » (« Trop de médecine »).

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1.Posté par Yannick Barde-Cabusson le 14/10/2014 22:27 | Alerter
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Décidément bien dans l'air du temps avec en plus une statistique similaire pour les chirurgies prothétiques du genou aux USA ...

Riddle DL, Jiranek WA, Hayes CW. Use of a validated algorithm to judge the appropriateness of total knee arthroplasty in the United States: a multicenter longitudinal cohort study. Arthritis Rheumatol. 2014 Aug;66(8):2134-43. doi: 10.1002/art.38685.
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24974958

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