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Musculo-squelettique

Une faible différence de longueur du membre inférieur joue sur la mobilité du rachis

Rédigé par le Mardi 9 Octobre 2018



Jusqu'à présent, le diagnostic et le traitement d’une différence de longueur du membre inférieur étaient effectués dans des conditions statiques.

La raster-stéréographie est une technique optique non invasive qui utilise le principe de la triangulation pour mesurer la posture de la colonne vertébrale et la position du bassin.

Cette technique offre la possibilité de détecter et de traiter une différence de longueur du membre inférieur et ses effets dans des conditions dynamiques. Elle semble valide, comparée à une analyse quantifiée du mouvement de type Vicon [1].

Le but de l’étude [2] est de rechercher si cet examen peut détecter une différence de longueur du membre inférieur simulée dans des conditions dynamiques et déterminer s’il existe des différences entre les observations statiques et dynamiques.

Méthodes

30 sujets ont été mesurés. Ils étaient jeunes, non obèses, non lombalgiques, et sans différence de longueur des membres inférieurs remarquable.

Toutes les mesures ont été faites avec un dispositif de topographie de surface (Formetric 4D motion, Diers Il).

Une différence de longueur du membre inférieur de 1 à 4 cm a été simulée à l'aide d'une sandale construite sur mesure et de semelles de différentes épaisseurs.
L'obliquité pelvienne, la rotation et l’inclinaison latérale de la colonne vertébrale ont été mises en évidence sur un tapis roulant dans des conditions statiques et dynamiques (à la vitesse de 3 km/h).

Résultats

Dans des conditions statiques et dynamiques, une différence de longueur du membre inférieur entraîne une augmentation significative de tous les paramètres mesurés.

L'obliquité pelvienne très marquée en statique pour une différence de longueur des membres inférieurs expérimentale de 1 cm  (p <0,0001) l’est aussi en dynamique pour une différence de 1 à 2 cm, selon que la «talonnette» soit glissée sous le membre inférieur G ou D (p = 0,0001–0,042).

De même, en statique, une déviation latérale du rachis apparaît, de façon plus ou moins ample selon que la «talonnette» soit glissée à D ou à G.

Cependant, pour tous les paramètres examinés, les amplitudes des paramètres dans des conditions dynamiques sont plus petites que dans des conditions statiques.

Conclusion

L'étude a montré qu’une différence de longueur du membre inférieur simulée a également un effet significatif sur le bassin et la colonne vertébrale humains dans des conditions dynamiques, mais avec une amplitude inférieure à celle observée dans des conditions statiques.

Commentaire ActuKiné

Superbe appareil, sûrement au dessus de mes moyens, donc on va rester à l’estimation du sujet en statique. Ce qui tombe bien c’est que cette étude démontre qu’elle semble plus sensible que l’estimation dynamique !

Références bibliographiques

[1] Betsch M, Wild M, Johnstone B, Jungbluth P, Hakimi M, Kühlmann B, et al. (2013) Evaluation of a Novel Spine and Surface Topography System for Dynamic Spinal Curvature Analysis during Gait. PLoS ONE 8(7): e70581. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0070581

Article disponible en ligne

[2] Aylin Beeck et al. Dynamic evaluation of simulated leg length inequalities and their effects on the musculoskeletal apparatus. Gait & Posture. January 2019. Volume 67, Pages 71–76

Résumé disponible en ligne

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