Comme les tendons des patients touchés par un tennis elbow rebelle ont tous un gros soucis isolé et bien mécanique et que celui-ci est responsable à lui seul de tous leurs maux, des thérapeutes ont eu l’idée géniale (mais un peu désuète quand même) d’injecter dans le méchant tendon affaibli (et qui refuse catégoriquement de collaborer à sa cicatrisation) du sang autologue façon “uranium enrichi”. En fait, un vieux traitement des hémorragies remis au gout du jour…

La composition du PRP (Platelet Rich Plasma)/PRGF (Plasma Rich in Growth factors) est diversifié : facteurs de croissance, fibrinogène, plaquettes, leucocytes, granulocytes, etc. L’idée derrière cet énième traitement biomédical est de faire cicatriser le tendon qui fait mal car il ne cicatrise pas…

En plus d’être erroné, ce raisonnement simpliste conduit à un traitement qui ne fonctionne pas comme en atteste une récente revue systématique*. En tout cas et pour être sympathique, pas sur les épicondylites chroniques.

Que des études expérimentales puissent montrer des tendons qui cicatrisent “Citius, Altius, Fortius” avec cette technique est une chose, encore faudrait-il convertir cette amélioration cliniquement ; aussi faudra-t-il se creuser encore un peu les méninges pour comprendre qu’elles existent également… chez nos patients!

Références

De Vos RJ, Windt J, Weir A. Strong evidence against platelet-rich plasma injections for chronic lateral epicondylar tendinopathy: a systematic review.Br J Sports Med. 2014 Jun;48(12):952-6. doi: 10.1136/bjsports-2013-093281. Epub 2014 Feb 21.
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